CONTENUS EN CESTE INSTITUTION CHRESTIENNE
Le premier nombre signifie le livre, le second le chapitre.
De la cheule d'Adam, livre 2, chapitre \.
Des Anges. 1. 14.
De l'Ascension de Christ au ciel. 2. 16.
Du Baptesme. 4. 15.
Du Baptesme des pelis enfans. 4. 16.
De la Charité envers le prochain. 2. 8.
Du Célibat des Prestres papistes. 4. 12.
De la Cène de nos! re Seigneur Jésus. 4. 17.
Comment Christ est Médiateur. 2. 12.
De la Divinité de Christ. 2. 14.
Comment la personne de Christ est une
en deux natures. 2. 14.
Pourquoy Christ a esté envoyé. 2. 15.
Christ Prophète, Roy et Sacrificateur.
Que Christ nous a mérité la vie éternelle.
De laDescente de Christ aux enfers. 3.16. Des Conciles et de leur authorité. 4. 9. De la Confession et Satisfaction papale.
De la Confirmation papale. 4. 19.
De la Conscience. 3. 19.
De porter la Croix. 3. 8.
Des Diables. 1.14.
De la cognoissance de Dieu. 1 . 1 et suiv.
Que Dieu est cognu de tous naturellement. 1 . 3.
A quoy tend la cognoissance de Dieu . 1 . 2.
Que la cognoissance de Dieu est estouffée par l'ignorance ou malice des hommes.
De l'essence unique de Dieu, et des trois personnes. 1 . 13.
Comment Dieu use des œuvres des nieschans. 1. 18.
De l'Eglise. 4, 1.
Comparaison entre la vraye et fausse Eglise. 4. 2.
De la jurisdiction de l'Eglise, et de la discipline. 4. Il, 12.
De la puissance de l'Eglise quant à faire des loix. 4. 2.
De la puissance de l'Eglise quant à déterminer des articles de la Foy. 4. 8.
De Testât de l'Eglise ancienne. 4. 4.
De l'Election éternelle. 3. 21.
Que l'Election est confermée par la vocation de Dieu. 3. 24.
De l'authorité de FEscriture saincte. 1 . 6.
Que la doctrine de l'Escriture saincte.
nous est nécessaire. 1.19.
Du sainct Esprit, de ses offices et de son opération secrelte. 3. 1.
Qu'il n'est licite d'attribuer à Dieu aucune Figure visible. 1. 11.
De la Foy. 3. 2.
Du Gouvernement civil. 4. 20.
Des Hérétiques et schismatiques. 4. I.
De la création de l'Homme. 1. 15.
De l'Image de Dieu. 1. 15.
Des Images. 1.11, 12.
De, l'Imposition de mains. 4 19.
Des Indulgences. 3. 5.
Ixvj PRINCIPAUX POINTS DE L'INSTITUTION CHRESTIENNE.
Du nom de Jésus. 2. 45.
Du Jusne. 4. 42.
Des Jugemens et de la Justice temporelle. 4. 20.
Du Jurement. 2. 8.
De la Justification delà foy. 3. 11.
Du commencement de la Justification, et
desesadvancemens continuels. 3. 14.
Les choses qui sont à considérer en la
Justification. 3. 14.
Du Libéral ou franc arbitre. 1 . 1 5 ; 2. 2, 5. De la Liberté cbrestienne. 3. 19.
De la Loy, et de sa fin, office et usage.
L'exposition de la Loy morale. 2. 8. Des Loix civiles. 4. 10.
Du Mariage. 4. 19.
Du Médiateur Jésus-Christ. 2. 12.
Des Mérites des œuvres. 3. 15.
De la Messe papale. 4. 18.
Des Moines et nonnains. 4. 13.
Que le Monde créé de Dieu est par luy
maintenu et gouverné. 1.46.
Du gouvernement du Monde. 1. 16.
Delà Mort de Christ. 2. 4 6.
De l'Onction dernière, sacrement papis-
tique. 4. 49.
D'Oraison. 3. 20.
Des Ordres ecclésiastiques du Pape. 4.19. De l'Ordre et ministère de la vraye
Eglise. 4. 3.
De l'élection et office des Pasteurs et
docteurs de l'Eglise chrestienne. 4. 3.
Du Péché contre le sainct Esprit. 3. 3. Du Péché originel. 2-1.
De la vraje Pénitence. 3. 3.
De la Pénitence papale. 4. 19.
De la Prédestination de Dieu. 3. 21 .
De la Privauté du siège romain et du commencement de la Papauté. 4. 6, 7.
Accord des Promesses de la Loy et de l'Evangile. 3.17.
Delà Providence de Dieu. 1. 16.
Du Purgatoire. 3. 5.
Du Rédempteur Jésus-Christ. 2. 4 6.
De la Régénération. 3. 3.
Du Renoncement de nous-mesmes. 3.7.
Que les Réprouvez font venir sur eux par leur faute la perdition à laquelle ils sont prédestinez. 3. 24.
Delà Résurrection de Jésus-Christ. 2. 4 6.
De la Résurrection dernière. 3. 25.
Des Sacremens. 4. 4 4.
Des Sacremens papistiques, ainsi faussement nommez. 4. 4 9.
De l'Intercession des Saincts. 3. 20.
Par le Salaire promis on ne doit pas arguer que les œuvres justifient. 3. 48.
De la Satisfaction papistique. 3. 4.
Du Scandale. 3. 4 9.
De la convenance qui est entre le vieil et nouveau Testament. 2. 4 0.
Des Traditions humaines. 4. 4 0.
De la Trinité. 4. 4 3.
De la Vie de l'homme chrestien. 3. 6.
De la méditation de la Vie future. 3. 9.
Comme il faut user de la Vie présente. 3. 40.
Que la Vocation de Dieu conferme son élection. 3. 24.
De bien considérer sa Vocation. 3. 7.
Des Vœus. 4. 13.
Toutes ces choses sont traittéesen ceste Institution clairement et pertinemment: et tout ce que les adversaires ameinent au contraire est tellement réfuté que tout fidèle lecteur a de quoy se contenter, sans plus s'arrester aux fariboles etsubtilitez des sophistes.
Des principales matières contenues en ceste Institution de la religion chrestienne, dressé selon l'ordre de V Alphabet.
Des Acolythes.
De ceux qu'on nommoit Acolythes en l'Eglise ancienne, liv. 4, chap. 4, sect. 4, 9. Des Acolythes de l'Eglise papistique : et comment les Papistes badinent, en disant que Jésus-Christ a esté Acolythe, liv. 4, chap. 49, sect. 22, 23.
De la chexde d'Adam.
La Cheule d'Adam n'est pas procédée de friandise, ains d'infidélité : (car mesprisant la Parole de Dieu et sa vérité, il s'est desvoyé aux mensonges de Satan) laquelle a ouvert la porte à ambition et orgueil (ausquels vices ingratitude estoit conjoincte) : ambition a esté mère de rébellion, liv. 2, chap. 4, sect. 4. Comme ainsi soit que par la Cheute d'Adam les autres créatures ayent esté aucunement desfigurées, ce n'est pas de merveille si tout le genre humain en a esté corrompu, c'est-à-dire est décheu de sa première création, et a esté fait sujet à malédiction. C'est ceste corruption que les anciens Docteurs ont nommée Péché originel : lesquels toutesfois n'ont pas déduit ce point de doctrine si clairement qu'il eust esté requis. Ce pendant il est monstre par raisons et tesmoignages de l'Escriture, que Pélagius a grandement erré, disant que le péché estoit descendu du premier homme en toute sa postérité par imitation seulement, et non point par génération, liv. 2, chap. 4, sect. 5, 6.
Que pour entendre ceci, il n'est jà besoin de disputer asçavoir-mon si l'âme d'un enfant procède de la substance de l'âme de son père : veu que la souilleure n'a point son fondement en la substance de la chair ou de l'âme, mais en ce que Dieu avoit ordonné que les dons qu'il faisoit au premier homme, il les eust pour lui et sa postérité; et au^si qu'à ceste doctrine n'est point contraire ce qui est dit, que les enfans des fidèles sont sanctifiez, liv. 2, chap. 4, sect. 7. C'a esté un mot assez commun, mais qui a esté entendu de peu de gens, Que par la Cheute d'Adam les dons naturels ont esté corrompus en l'homme, et les supernaturels ostez, liv. 2, chap. 2, sect. 4, 4 6. L'exposition en est baillée en la section 4 2, asçavoir que l'homme a perdu les dons supernaturels, comme la foy, l'amour envers Dieu et les prochains, et l'affection de suyvre droicture et justice: mais que par Christ il vient à les recouvrer : que les naturels, asçavoir l'entendement et le cœur, ont esté corrompus, veu qu'il n'y est demeuré intégrité ne droicture. Item, que la raison n'a pas esté du tout effacée en l'homme, mais en partie affoiblie, en partie corrompue.
Aussi que la volonté, puis qu'elle est inséparable de la nature de l'homme, n'est pas périe, mais tenue captive sous des cupiditez perverses, liv. 2, chap. 2, sect. 42. Il est démonstré par tesmoignage de sainct Augustin et de l'Escriture, que Dieu n'a pas seulement préveu ou per-
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mis, mais aussi décrété et ordonné la cheute du premier homme, et en icelle la ruine de son lignage, liv. 3, chap. 23, sect. 7, 8.
De V Ame.
Que l'Ame ou l'esprit de l'homme n'est, pas un souffle seulement, mais une essence immortelle, combien qu'elle ait esté créée, liv. 1, chap. 15, sect. 2, 3. Contre ceux qui sous couleur de nature nient la providence et le gouvernement de Dieu, lequel se monstre es facilitez et opérations de l'Ame, qui sont admirables et quasi infinies, liv. 1, chap. 5, sect. 4, 5. Réfutation de l'erreur des Manichéens et de Servet, Que l'Ame de l'homme est un surgeon de la substance de Dieu. Item, de l'erreur d'Osiander, qui ne veut point recognoistre l'image de Dieu en Adam, s'il n'y a eu une justice essentielle infuse en luy, liv. 4, chap. 15, sect. 5. Quasi pas un des Philosophes n'a parlé asseurément de l'immortalité de l'Ame, mais ils ont limité ses facultez à la vie présente, en lieu que l'Escriture luy attribue tellement la conduite quant à ceste vie, qu'elle doit aussi le solliciter à recognoistre Dieu. Item de la division des facultez de l'Ame selon les Philosophes, liv. 4, chap. 15, sect. 6. Autre division plus convenable à la doctrine chrestienne, asçavoir que les parties de l'Ame sont l'entendement et la volonté : et quel est l'office et propriété d'icelles en la première création de l'homme, au mesme, sect. 7, 8. Que mesmes es vices de l'Ame on peut appercevoir encores quelque reste de semence de religion, liv. 1, chap. 15, sect. 6. De l'erreur de ceux qui ont estimé qu'en la mort, les Ames aussi mouroyent pour ressusciter au dernier jour avec les corps, liv. 3, chap. 25, sect. 6. Description que fait sainct Bernard des misères de l'Ame fidèle considérée en elle-mesme et au contraire de l'asseurance et matière de se glorifier qu'elle a en Christ, liv. 3, chap. 2, sect. 25.
Des Anabaptistes.
Est monstre à rencontre des Anabaptistes, que le baptesme, des petis enfans
accorde bien avec l'institution de Christ, et la nature du signe extérieur, liv. 4, chap. 16, sect. 4,2, etc. Que le Baptesme a esté mis au lieu de la Circoncision : quelle convenance ou quelle diversité il y a entre les deux, liv. 4, chap. 16, sect. 3, 4. Veu que le Seigneur fait les petis enfans participais de la chose signifiée au Baptesme, que ce n'est pas raison de les exclurre du Baptesme, liv. 4, chap. 4 6, sect. 5. Il est monstre que le Seigneur régénère aussi de ceux qui sont en tel aage, liv. 4, chap. 4 6, sect. 47, 4 8,4 9. Que puisque nous avons la mesme alliance, laquelle le Seigneur ayant contractée avec Abraham a voulu estre seellée es petis enfans par un Sacrement extérieur : qu'en iceux aussi le Baptesme doit aujourd'huy avoir lieu, liv. 4, chap. 4 6, sect. 6. Que le Baptesme des petis enfans est bien prouvé par ce que Christ a embrassé des petis enfans, et a mis ses mains sur eux, liv. 4, chap. 4 6, sect. 7. Réfutation d'aucuns argumens que font les Anabaptistes contre le Baptesme des petis enfans, liv. 4, chap. 4 6, i-ect. 8, 22, 23, 25, 27, 28, 29. Qu'il revient un grand proufit du Baptesme des petis enfans. tant aux pères fidèles qu'à iceux enfans, liv. 4, chap. 4 9, sect. 9. Duquel bien Satan tasche de nous despouiller par le moyen des Anabaptistes, liv. 4, chap. 4 6, sect. 32- Réfutations des argumens que les adversaires ameinent au contraire : asçavoir, que la signification du Baptesme est autre que de la Circoncision : que nostre alliance est autre que l'ancienne : qu'autres gens sont aujourd'huy nommez Enfans, qu'anciennement, liv. 4, chap.
4 6, sect. 4 0, 11,12, 13, 14, 15. Response à d'autres différences forgées par iceux entre la Circoncision et le Baptesme. au mesme, sect. 16. Item, à ce qu'ils objectent, que le Baptesme est Sacrement de foy et repentance desquelles choses l'aage d'enfance n'est capable, liv. 4, chap. 4 6, sect. 20, 21. En ceux qui ont desjà aage de discrétion, la foy et intelligence doyvent précéder l'administration du Baptesme. mais es enfans des fidèles le Baptesme a lieu avant qu'ils ayenl intelligence, liv. 4, chap. 4 6, sect. 24. Contre ceux qui tienent pour damnez tous les petis
DES PRINCIPALES MATIÈRES
enfans qui n'ont esté baptizez, liv. 4, ctaap. 16, sert. 26. Que c'est pour une bonne raison que Christ n'a esté baptisé qu'au trentième an de sa vie, et que cela ne l'ail rien pour ceux qui ne veulent pas qu'on baptise les petis enfans, liv. 4, chap. 16, sect. 29. Pourquoy c'est qu'on ne doit pas recevoir à la Cène les petis enfans, ne les exclurre du Baptesme, liv. 4, chap. 16, sect. 30. Un grand catalogue des argumens par lesquels ce vïlein Servet a combatu contre le Baptesme des petis enfans : avec la réfutation d'iceux, liv. 4, chap. 16, sect. 31. Du Baptesme des petis enfans, liv. 4, chap. 8, sect. 16.
Des Anges.
Que les Anges sont créatures de Dieu, combien que Moyse ne l'exprime pas en l'histoire de la création, liv. 1, chap. 14, sect. 3. Touchant le temps ou l'ordre auquel ils ont esté créez, il n'est pas expédient de nous en enquérir, veu que l'Escriture n'en dit rien, laquelle nous devons suyvre pour reigle, liv. 1 , chap. 1 4, sect. 4. Pourquoy c'est que les Esprits célestes sont nommez Anges, Armées, Venus, Principaulez, Puissances, Dominations, Thrones, Dieux, liv. 1, chap. 14, sect. 5. Touchant les Anges, l'Escriture nous enseigne ce qui est propre pour nostre consolation et continuation de nosire foy, asçavoir qu'ils sont ministres et dispensateurs de la libéralité de Dieu envers nous : et ce en diverses sortes, liv. 1, chap. 14, sect. 6 et 9. Qu'il n'y a pas un Ange seulement qui ait soin de nous, mais que tous d'un accord veillent pour nostre salut : et que pourtant c'est une question superflue de disputer si chacun a son Ange particulièrement ordonné pour le garder, liv. 1, chap. 14, sect. 7. Que c'est curiosité de s'enquérir du nombre et de l'ordre des Anges, et témérité d'en déterminer : et pourquoy, veu que ce sont esprits l'Escriture sous les noms de Chérubin et Séraphin les peind ayans ailes, liv. 1, chap. 14, sect. 8. Contre les Sadduciens et semblables fantastiques, il est monstre par divers tesmoignages de l'Escriture, que les Anges ne sont point qualitez ou in-
spirations sans substance, ains vrayes natures spirituelles, liv. 1, chap. 14, sect. 9. Qu'il nous faut donner garde de superstition à l'endroit des Anges, ou de leur attribuer ce qui appartient à Dieu seul et à Christ, liv. 1, chap. 14, sect. 10. Que pour éviter ce danger nous avons à considérer que Dieu se sert d'eux, non point par nécessité, comme s'il ne s'en pouvoit passer, mais pour le soulagement de nostre imbécillité, au mesme, sect. 11. Les Anges aussi ont esté créez ta l'image de Dieu, liv. 1 , chap. 1 5, sect. 3.
De l'Ascension de Christ au ciel.
Combien que Christ en ressuscitant ait commencé à magnifier sa gloire et vertu, que toutesfois il a vrayement lors exalté son règne, quand il est monté au ciel, pource qu'il a lors plus largement espandu les grâces de son Esprit, amplifié sa majesté, et déclairé d'avantage sa puissance, tant en aidant les siens, qu'en abatant ses ennemis : et que toutesfois il est tellement absent selon la présence de sa chair, qu'il est tousjours en tous lieux selon la présence de sa majesté, et avec ses fidèles selon sa grâce invisible et incompréhensible, liv. 2, chap. 16, sect. 14. De ce que Christ est assis à la dextre du Père, et du fruit que nostre foy reçoit de cela en diverses sortes, liv. % chap. 16, sect. 15, 16.
Des Archevesques et Patriarches.
Voyez liv. 4, chap. 4, sect. 4, et chap. 7, sect. 15.
Du Baptesme.
La définition du Baptesme, la première fin d'iceluy est, qu'il sert à nostre foy envers Dieu : l'autre, qu'il en est tesmoignage envers les hommes. Nostre foy en reçoit trois fruits. Premièrement, entant que c'est un signe de nostre purgation, et que nos péchez sont effacez, liv. 4, chap, 15, sect. 1, ce qui est prouvé par tesmoignages de l'Escriture : et que ce n'est pas l'eau qui nous nettoyé, mais le
sang de Christ, sect. 2. Que la vertu du Baptesme ne doit point eslre restreinte au temps qu'on l'administre, mais que par iceluy nous sommes une fois lavez pour toute nostre vie : et que néantmoins il ne faut pas prendre de cela licence de pécher à l'advenir, sect. 3, 4. Le second fruit que nostre foy reçoit du Baptesme, c'est qu'il nous monstre nostre mortification et vie nouvelle en Christ, au mesme, sect. S. Le troisième, qu'il nous monstre que nous sommes tellement unis avec Christ, que nous participons à tous ses biens, sect. 6. Que le Baptesme administré par Jehan-Baptiste a esté le mesme que les Apostres ont administré, au mesme, sect. 7, 8. Que tant noslre mortification comme nostre purgation a esté figurée au peuple d'Israël par le passage de la mer, et le raffraischissement de la nuée, sect. 9. Que c'est un point faux, de dire que par le Baptesme nous sommes remis en la mesme justice et pureté de nature qu'Adam avoit premièrement, liv. 4, chap. 15, sect. 10, 11, 12. Comment c'est que le Baptesme sert à rendre confession de nostre foy entre les hommes, sect. 13. Comment il nous convient user du Baptesme, tant pour confermer nostre foy, que pour en rendre tesmoignages envers les hommes; où il est monstre aussi que les grâces de Dieu ne sont pas encloses au Sacrement pour nous estre conférées par la vertu d'iceluy, liv. 4, chap. 15, sect. 14, 15. Que la dignité du Ministre n'apporte rien au Baptesme : aussi que l'indignité d'iceluy n'y dérogue rien, quoy qu'ayent allégué les Donatisles et aujourd'huy les Anabaptistes, liv. 4, chap. 15, sect. 16, 17, 18. Le Baptesme est Sacrement de pénitence pour toute la vie, tellement qu'il n'en faut point d'autre, liv. 4, chap. 19, sect. 17. De l'eau charmée, du cierge, du chresme, du crachat et autres badinages adjoustez à la simple cérémonie du Baptesme de Christ, de laquelle la pure administration est monstrée telle qu'elle doit estre en l'Eglise, liv. 4, chap. 15, sect. 19. Que c'est aux ministres de l'EgH-e d'administrer le Baptesme, et non pas aux particuliers : beaucoup moins aux femmes, liv. 4, chap. 15, sect. 20,
21, 22. Touchant le Baptesme des petis enfans, voyez sous le mot Anabaptistes.
Des Cardinaux.
Quand premièrement a commencé ce nom à estre en usage, et comment c'est qu'en si peu de temps Testai des Cardinaux est monté si haut, liv. 4, chap. 7, sect. 30.
De la Cène du Seigneur.
Des signes de la saincte Cène, qui sont le pain et le vin : où il est monstre parles paroles du Seigneur en la Cène, pourquoy il a voulu que nous usissions de tels signes, liv. 4, chap. 17, sect. 1. De la grande asseurance et consolation que nous donne la Cène, nous rendant tcsmoignage que nous sommes tellement faits un corps avec Christ, que tout ce qu'il a est nostre, au mesme, sect. 2, 3. Que ce n'est pas le principal de ce Sacrement de nous présenter le corps de Christ sans plus haute considération :
mais plustost nous sceller ceste promesse de Christ, que sa chair est vrayemenl noslre viande, au mesme, sect. 4.
Que la Cène ne fait pas que Christ commence à nous estre pain de vie : mais nous fait sentir la vertu de ce pain.
Qu'il nous faut garder de trop attribuer ou trop peu aux signes de la Cène. Item, que manger la chair de Christ n'est pas la foy, mais un effet de la foy, au mesme, sect. 5, 6. Que ceux-là ne patient pas assez avant, qui nous font seulement parlicipans de l'Esprit de Christ, laissans derrière la mémoire de son corps et son sang. Que c'est un si grand mystère, que la langue ne le sçauroit exprimer, non pas mesmes l'esprit comprendre, au mesme, sect. 7- Que Christ qui a esté dés le commencement la parole du Père vivifiante, a fait que sa chair qu'il avoit prinse, nous fust vivifiante, au mesme, sect. 8, 9. Que les fidèles la mangent vrayement, quelque distance de lieux qu'il y ait entre icelle et eux, au mesme, sect. 10. Que la Cène a deux parties, les signes et la vérité spirituelle, qui contient trois choses : la signification, la
DES PRINCIPALES MATIÈRES
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matière, et l'effect, au mesme, sect. 11. De la transsubstantiation du pain et vin au corps et sang de Christ, forgée en la cour de Rome, liv. 4. chap. 47, sect. 42, 4 3 et autres suyvans, et sect. 20. Que les Docteurs anciens ne l'ont point ainsi tenu : aussi que ce ne seroil point Sacrement si la substance des signes ne demeurait, liv. 4, chap. 47, sect. 14.
Que le pain n'est pas Sacrement sinon à ceux ausquels la parole s'addresse, au mesme, sect. 45; où aussi sont réfutez aucuns argumens des Docteurs de la transsubstantiation. De certains autres, qui confessent, bien en un mot, que la substance des signes demeure, et toutesfois tenans que le corps de Christ est au pain et sous le pain, retombent en ceste imagination de présence locale du corps, et mesmes qu'il est en tous lieux, liv. 4, chap. 47, sect. 16, 47, 18, 20. Après sont réfutées les objections de telles gens, au mesme, sect. 21, 22, 23, 24, et autres suyvans. Item est monstre qu'il n'y a passage ny en sainct Augustin, ny en l'Escriture, qui face pour eux en cest endroict, au mesme, sect. 28, 29, 30, 31. Item sont encores réfutées certaines autres de leurs objections : et principalement ce qu'ils disent que quand nous parlons de manger spirituellement le corps de Christ, ce n'est pas le manger vrayement et réalement, où aussi il est monstre qu'en la Cène le corps de Christ est présenté aux infidèles aussi, mais qu'ils ne le reçoyvent pas, au mesme, sect. 33. Et est prouvé par divers passages de sainct Augustin, qu'il n'a pas estimé que les inlidèles le reçussent, sect. 34. En quelle sorte le corps et le sang de Christ nous sont présentez en la Cène, et quelle présence de Christ il nous y faut recognoistre, liv. 4, chap. 47, sect. 18, 49, 32. De l'exposition des paroles de Christ en la Cène, au mesme, sect. 20, 21. Plusieurs passages de l'Escriture, qui monslrent de l'adoration charnelle des Papistes, de la consécration de l'hostie (qu'ils appellent) et de la cérémonie de la porter en procession, liv. 4, chap. 17, sect. 35, 36, 37. Que le corps de Christ n'est pas infini, et qu'il est au ciel jusques au dernier jour, au
mesme, sect. 26, 27. Le Sacrement de la Cène nous doit inciter à action de grâces, nous exercer à réduire en mémoire la mort de Christ, et estre un aiguillon à prouhter en saincleté de vie, et principalement en charité, liv. 4, chap. 47, sect. 37, 38. Qu'en la Papauté la Cène (en lieu que la droicte administration n'en peut pas estre sans la Parole) a esté tournée comme en un jeu sans parler; où aussi est touché de ceux qui gardent le Sacrement pour le porter aux malades, liv. 4, chap. 47, sect. 39. Qu'à ceux qui prenent la Cène sans foy et affection de charité, elle est tournée en poison : et qu'à bon droict ils sont coulpables du corps et du sang de Christ, liv. 4, chap. 47, sect. 40. Que c'est une droicte géhenne des consciences, ce que les Papistes enseignent pour se préparer à dignement recevoir le corps de Christ : et que le diable ne pouvoit pas trouver plus beau moyen pour se despescher de ruiner les povres âmes ; où aussi est baillé le remède pour éviter un tel gouffre : et est monstre que ceux-là s'abusent, qui requièrent que les tidèles apportent à la Cène une foy parfaite, liv. 4, chap. 47, sect. 44, 42 ; qu'il y a plusieurs choses indifférentes quant à la conduite, externe de l'acte de la Cène : et comment c'est qu'on la peut administrer bien honnestement, au mesme, sect. 43. De ce qu'on participe aujourd'huy si peu souvent à la Cène du Seigneur : ce qui est un signe du mesprisd'icelle, et qui a grandement despieu aux Docteurs de l'Eglise ancienne. Item, que c'a esté une droicte invention du diable, que l'ordonnance papale de communiquer une fois l'an, liv. 4, chap. 17, sect. 44, 45, 46. Comme aussi que les laïcs ne participent au signe du sang : ce qui est contre l'Escriture et l'usage de l'Eglise ancienne, mesmes quatre cents ans après la mort de sainct Grégoire, au mesme, sect. 47,48,49,50.
Que c'est profaner la Cène de Christ, si on y reçoit toutes manières de gens indifféremment : et de l'office des ministres à en rejetter ceux qui en sont indignes, liv. 4, chap. 12, sect. 5. Brief sommaire de ce que nous devons tenir quant aux deux Sacremens : et pourquoy la
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Cène se réitère souvent, et non pas le Baptesme, liv. 4, chap. 1 8, sert. 1 9.
Des Cérémonies.
Que les Cérémonies anciennes de la Loy de Moyse ont esté abolies seulement quant à l'usage, non pas quant à la substance (laquelle nous avons bien à clair et avec plene efficace en Jésus-Christ) et que cela ne dérogue rien à la saincteté d'icelle, liv. 2, chap. 7, sect. 4 6. Et qu'à bon droict estans considérées à part et hors de Christ, sainct Paul les nomme Obligations contre nous , au mesme , sect. 17. Les ordonnances touchant les Cérémonies en la Papauté , enjoignent des Cérémonies en partie inutiles, quelquesfois aussi sottes, quoy qu'elles ayent apparence de sagesse : d'avantage , le nombre en est si infini , que les consciences en sont accablées, liv. 4, chap. 1 0, sect. 11, 12, 13. Qu'on ne peut excuser les Cérémonies papales sous couleur de dire qu'elles sont pour l'instruction des simples, comme les Cérémonies de la Loy ont servy de pédagogie aux Juifs, car il y a en ceci évidemment différence entre nous et le peuple ancien, liv. 4, chap. 10, sect. 14. Les Cérémonies de la Papauté sont tenues comme sacrifices pour la satisfaction des péchez, et méritoires de la vie éternelle : mais à la vérité ne contienent rien de doctrine, et sont seulement moyens pour attraper deniers, liv. 4, chap. 10, sect. 15.
Du Chani en l'Eglise.
Que la voix et le Chant ne sert de rien en prières, si l'affection du cœur n'y est, liv. 3, chap. 20, sect, 31, 33. De l'usage de chanter es Eglises, au mesme, sect. 32.
De la Charité envers le prochain.
Charité est amour envers nostre prochain , non pas envers nous-mesmes , quoy que disent les Sorbonisles, liv. 2, chap. 8, sect. 54. Sous le mot de Prochain sont comprins mesmes les plus estranges, voire et nos ennemis, au mesme, sect. 55. Parquoy on voit l'ignorance des Docteurs scholastiques, qui ont dit que de n'appéter point vengence et d'aimer
nos ennemis, c'estoyent conseils, non pas commandemens : en quoy les Anciens ont esté d'autre opinion , voire mesmes sainct Grégoire , au mesme, sect. 55 et 56. Qu'atin que nous ne nous lassions de bien faire à nos prochains , il nous est besoin d'estre patiens , et ne regarder pas ce que méritent plusieurs selon leur ingratitude, ou autres qualitez qui nous pourroyent refroidir : mais nous proposer Dieu qui le nous commande, liv. 3, chap. 7, sect. 6. Pour faire le devoir de Charité , ce n'est pas assez que nous facions envers nostre prochain tout ce qui nous est possible : mais faut encores que cela se face d'une droicte affection d'amour. Et à ceste fin est nécessaire que nous nous proposions celuy qui a besoin de nous, comme si nous estions en sa place, ce qui sera un moyen pour éviter toute arrogance, et autres vices qui desfigurent la Charité, liv. 3, chap. 7, sect. 7. Charité non feinte : est une approbation de vraye piété : et pourtant Christ et les Apostres quelquesfois parlans de la Loy, insistent sur la seconde Table, sans faire mention de la première, liv. 2, chap. 8, sect. 52. Contre les Pharisiens de nostre temps, qui disputent que nous sommes justifiez par Charité, pource que sainct Paul dit que Charité est plus grande que foy et espérance, liv. 3. chap. 18, sect. 8. L'exposition du dixième commandement, par lequel nous sont défendues non-seulement toutes entreprises et délibérations de nuire à nostre prochain (comme es autres commandemens) mais aussi toutes pensées et convoitises contraires à Charité, liv. 2, chap. 8, sect. 49, 58. Qu'à bon droict le Seigneur requiert de nous une si grande droicture et telle ardeur de Charité, au mesme, sect. 50. L'exposition du sixième commandement : par lequel non-seulement meurtres et haines nous sont interdites : mais la conservation de la vie de nostre prochain nous est recommandée, pource qu'il est nostre chair, et image de Dieu, liv. 2, chap. 7, sect. 39, 40.
De Christ.
Probalion de la divinité du Fils de
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Dieu, liv. 1, chap. 13, sect. 7. Contre aucuns mastics, qui desrobenl subtilement au Fils de Dieu son éternité, disans qu'il a commencé à estre lorsque Dieu a parlé pour créer le monde, au mesme, sect. 8. Divers tesmoignages de l'Escriture qui monslrent sa divinité: premièrement du Vieil Testament, au mesme, sect. 9, 10, et puis du Nouveau, sect. 11. Le mesme est prouvé par les œuvres que l'Escriture luy attribue, sect. 12. Item, par les miracles qu'il a faits, sect. 13. Plusieurs tesmoignages de l'Escriture et bien formels, que Christ a prins une vraye substance de chair humaine, et non pas un fantosme ou apparence (comme songeoyent les Marcionites) : ne semblablement un corps céleste, (comme disoyent les Manichéens) liv. 2, chap. 1 3, sect. 1. Exposition des passages de l'Escriture, desquels ces hérétiques et aucuns de leurs disciples aujourd'huy laschent de confermer leur erreur , au mesme, sect. 2, 3, où aussi sont réfutez certains nouveaux Marcionites, lesquels pour prouver que Christ a prins un corps de rien , allèguent que les femmes n'ont point de semence. Réfutation d'autres absurditez alléguées par lesdits, liv. 2, chap. 13, sect. 4.
Des Clercs.
De la signification de ce mot , et quelles gens estoyent ainsi nommez en l'Eglise ancienne, liv. 4, chap. 4, sect. 9.
De la Cogjwissance de Dieu.
Cognoistre Dieu , ce n'est pas seulement concevoir qu'il y a un Dieu, mais entendre ce qui est bon de sçavoir de luy pour sa gloire et nostre salut, liv. 1, chap. 2, sect. 1. La cognoissance de Dieu nous doit servir premièrement, pour nous duire à crainte et révérence envers luy, puis aussi atin que nous apprenions d'attendre tout bien de luy, liv. 1 , chap. 2, sect. 2; chap. 5, sect. 8.' Que les Philosophes n'ont point autre cognoissance de Dieu, que pour estre rendus inexcusables, liv. 2, chap. 2, sect. 18. Que tous hommes ont naturellement ceste maxime imprimée en eux, qu'il y a quelque Dieu, liv. 1, chap. 2, sect. \, et c'est alin que
ceux qui n'auront point servy le vray Dieu, soyent condamnez par leur propre conscience, liv. 1 , chap. 3, sect. 1. Combien que tous sçachent naturellement qu'il y a un Dieu, les uns toutesfois s'esgarent en superstition, les autres de propos délibéré se destournent malicieusement de Dieu, liv. 1, chap, 4, sect. 1. Vous trouverez d'autres choses à ce propos sous ce mot, De la Création du monde.
Des Conciles.
Qu'il faut tenir mesure à porter honneur aux Conciles, alin de ne déroguer à Jésus-Christ. Item, que les Conciles anciens conferment pour la plus part nostre doctrine, liv. 4, chap. 9, sect. 1. Que suyvant les Escritures, les Conciles n'ont authorité aucune, s'ils ne sont assemblez au nom de Christ : et que c'est qu'emporte ce mot, au mesme, sect. 2.
Que les Papistes prenent une maxime fausse, de dire que la vérité n'est point en l'Eglise, si tous les Pasteurs n'en sont d'accord : et qu'il n'y a point d'Eglise, si elle n'est en monstre, et si elle n'apparoist es Conciles généraux, liv. 4, chap. 9, sect. 3, 4, 5, 6, 7. Que c'est qu'il faut considérer, quand il est question de l'authorité de quelque Concile : et que sainct Augustin y prescrit un bon moyen, liv. 4, chap. 9, sect. 8. Qu'il y a des contradictions entre les Conciles , au mesme , sect. 9. Que mesmes en ces premiers Conciles et plus anciens il y a eu des fautes, au mesme, sect. 10, 11.
De la Concupiscence.
La différence entre Concupiscence et Conseil, liv. 2, chap. 8, sect. 49. Que toutes les cupiditez de l'homme sont mauvaises et entachées de péché : non pas en tant qu'elles sont naturelles, mais pource qu'elles sont toutes désordonnées à cause de la corruption de nature. Et que telle a esté l'opinion de sainct Augustin, quand on le regardera de bien près, liv. 3, chap. 3, sect. 12. Ce qui est monstre par plusieurs passages de ses escrits, au mesme. sect. 3.
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De la Confession auriculaire, qu'on appelle.
Du débat qui est touchant la Confession auriculaire entre les Théologiens scholasliques et les canonistes, d'autant que ceux-ci tienent que Dieu ne l'a pas commandée. Réfutation des argumens sur lesquels les autres se fondent. Premièrement, d'autant qu'il est dit en l'Evangile, que le Seigneur ayant nettoyé les lépreux , les renvoya aux Sacrificateurs, duquel fait la vraye raison est rendue, liv. 3, chap. 4, sect. 4. Item, que le Seigneur ayant ressuscité Lazare , commande à ses disciples de le deslier, liv. 3, chap. 4, sect. 5. La vraye exposition de deux autres passages, desquels ils pensent confermer leur Confession :
asçavoir que ceux qui venoyent au Baptesme de sainct Jehan confessoyent leurs péchez : et sainct Jaques veut que nous confessions nos péchez l'un à l'autre, liv. 3, chap. 4, sect. 6. Que l'usage de se confesser à un Prestre, a bien esté une observation ancienne , mais toutesfois libre, comme une discipline politique, et non pas comme une loy faite par Christ ou ses Apostres; et que depuis Nectarius Evesque de Constanlinoble l'abolit, à cause d'un Diacre qui sous couleur de cela avoit violé une femme. Item, que les Eglises n'ont point esté chargées de ceste loy tyrannique avant le temps du Pape Innocence troisième (il y a environ trois cens ans) et es-t aussi monstrée quant et quant la sottise d'icelle ordonnance, et la barbarie des mots ausquels elle est couchée par eux, liv. 3, chap. 4, sect. 7. Les tesmoignages de l'abolissement d'icelle loy prins des livres de Chrysostome Evesque de Constanlinoble, au mesme liv. 3, chap. 4. sect. 8. Exposition de l'ordonnance du Pape Innocence, de confesser tous ses péchez : où sont récitées les diverses opinions des théologiens romanisques, touchant le nombre et l'usage des clefs, et de la puissance de lier et deslier, liv. 3, chap. 4, sect. 4 5. La vilenie de chacun point de ceste loy de Confesse : et principalement quant à celuy de conter tous ses péchez , au mesme, sect. 16. Une description naïfve
des tormens et géhennes dont les povres consciences estoyent là estreintes par divers circuits , comme entre les mains d'un bourreau, au mesme, sect. 47. Est déclairé par similitude comment c'est que la pluspart du monde s'est peu arrester à une telle illusion; que c'est une loy impossible, et qui rend les hommes hypocrites; après est monstrée une reigle infaillible de se bien confesser, prinse sur l'exemple du Péager, liv. 3, chap. 4, sect. 4 8. Réfutation de ce point, Que les péchez ne sont point pardonnez, si on n'a ferme intention de les confesser, et que la porte est fermée, etc., où aussi est réfutée leur objection, Qu'on ne peut juger qu'après cognoissance de cause: c'est-à-dire, donner absolution :
que le dénombrement de tous les péchez ne soit fait, au mesme livre , chapitre et section. Que ce n'est pas de merveille si nous condamnons et abolissons la Confession auriculaire, et que faussement les adversaires luy aitribuent qu'elle humilie le pécheur en l'amenant à honte de son mesfail : veu qu'au contraire elle luy fournit une hardiesse à mal faire, liv. 3, chap. 4, sect. 4 9. Qu'à tort les Prestres de la Papauté mettent en avant la puissance des clefs, veu qu'il ne sont pas successeurs des Apostres, et n'ont le sainct Esprit, considéré que tous les jours ils lient ce que le Seigneur a commandé de deslier: et au contraire, liv 3, chap. 4, sect. 20. Que c'est une chose fausse, de dire que la puissance des clefs peut estre exercée sans science : veu que par ce moyen l'absolution seroit incertaine ; où aussi il est traité tant de l'absolution que de la condamnation que le. ministre de l'Evangile ou l'Eglise prononce, et de la certitude d'icelles, liv. 3, chap. 4, sect. 21. Que l'absolution des Prestres papisliques est incertaine, tant de la part de celuy qui absout, que de celuy qui se confesse; ce qui est autrement en l'absolution de l'Evangile , laquelle ne dépend d'autre condition que ceste-ci : si le pécheur cherche satisfaction au sacrifice unique de Christ, et s'arreste à la grâce qui luy est présentée, liv. 3, chap. 4, sect. 22. Que quand les Docteurs de la Papauté allèguent que la puissance de deslier a
DES PRINCIPALES MATIÈRES
esté donnée aux Aposires, ils appliquent faussement à leur Confession auriculaire ce que Christ a dit en partie de la prédication de l'Evangile, en partie de l'excommunication. Des erreurs du Maistre des Sentences et autres semblables, en ce point. Item, de leur façon de pardonner les péchez, avec injonction de peine et de satisfaction, liv. 3, chap. 4, sect. 23. Le sommaire des choses susdites : asçavoir que c'est que doyvenl estimer les fidèles touchant la Confession auriculaire, au mesme, sect. 24.
De la vraye Confession.
De la manière de Confession qui nous est prescrite, en la Parole de Dieu : asçavoir de nous confesser à Dieu , qui cognoist nos cœurs et toutes nos pensées, liv. 3, chap. 4, sect. 9. De ceste Confession secrète que nous faisons à Dieu, s'ensuyt une Confession volontaire devant les hommes, toutesfois et qualités qu'il est requis pour la gloire de Dieu, ou pour nous humilier. De laquelle seconde espèce de Confession l'usage a esté ordinaire sous la Loy en l'Eglise, et est encores aujourd'huy : mais toutesfois doit estre spécialement prailiqué, s'il advient que tout un peuple ait commis quelque faute, ou soit visité de quelque calamité. Item, de l'utilité d'une telle Confession, liv. 3, chap. 4, sect. 10, M« De deux autres espèces de Confession particulière, desquelles la première se fait pour nostre regard, asçavoir, quand estans tormentez en nous-mesmes pour le sentiment de nos péchez, nous recourons à nos frères pour estre consolez par eux (enquoy il se faut principalement addresser aux Pasteurs, en regardant toulesfois qu'on use de ce remède prudemment et avec modération, afin qu'il n'y ait point de servitude): l'autre pour nous réconcilier avec nostre prochain , s'il a esté par nous offensé. Sous laquelle espèce est eomprinse aussi la Confession de ceux qui par leur péché ont scandalisé toute une Eglise, liv. 3, chap. 4, sect. 12 , 43. Que la puissance des clefs a lieu en ces trois espèces de Confession : et quel fruit en revient à ceux qui se confessent ainsi , asçavoir qu'ils sça-
vent que la rémission de leurs péchez leur est annoncée par un ambassadeur de Christ, au mesme, sect. 14. Il y a une manière de Confession des péchez, générale : il y en a aussi une spéciale , liv. 3, chap. 20, sect. 9.
De la Confirmation en la Papauté.
De la cérémonie de l'imposition des mains en l'Eglise primitive, quand les enfans des fidèles estans venus en aage rendoyent raison de leur foy, liv. 4, chap. 4 9, sect. 4; en lieu de laquelle saincte observation a esté mis le sacrement de Conlirmation en la Papauté, au mesme, sect. 5. Que c'est une mocquerie d'alléguer l'exemple des Apostres, pour couverture d'un tel badinage, au mesme, sect. 6. Du Blasphème des Papistes, d'appeler leur Chresme, Huile de salut, au mesme, sect. 7, 8, Item, que nous ne sommes pas parfaitement Chrestiens, si nous n'avons la confirmation de l'Evesque, au mesme, sect. 9. Et que telle onction doit estre en plus grande révérence que le Baptesme, au mesme, sect. 10,41. Qu'il seroit à désirer qu'on remist en usage la coustume de l'Eglise ancienne, quant à faire rendre aux enfans raison de leur foy, au mesme, sect. 13.
De la Conscience.
Que c'est de la Conscience, et en quel sens sainct Paul dit qu'il faut obéir aux Magistrats pour la Conscience, liv. 3, chap. 49, sect. 15, 16. Que c'est de la Conscience, et comment il convient distinguer entre le jugement de Dieu, lequel est spirituel , auquel proprement la Conscience a à respondre. et la justice terrienne, liv. 4, chap. 10, sect. 3, 5. De la liberté de la Conscience quant aux choses, externes et indifférentes, liv. 3, chap. 19, sect. 7, 8. Que les Consciences estans mises en liberté par le bénétice de Christ, sont affranchies de toute la puissance des hommes : et comment cela se doit prendre ; où il est aussi parlé de la différence entre le régime spirituel et la police terrienne, liv. 3, chap. 49, sect. 14, 15. Que les Consciences des lidèles pour avoir asseurance de leur justification devant Dieu, doyvent, quant à
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ce regard, oublier toute la justice de la Loy, liv. 3, chap. 4 9, sect. 2, 3. Item, qu'elles obéissent à la Loy, non pas comme contraintes par la nécessité que la Loy impose : mais qu'estans affranchies du joug de la Loy, elles obéissent d'un franc vouloir à la volonté de Dieu, liv. 3, chap. 19. sect. 4, 5, 6.
De la Crainte des fidèles.
Que les fidèles souventesfois sont agitez de Crainte et desliance, pour le sentiment qu'ils ont de leur infirmité, liv. 3, chap. 2, sect. 4 7. Il y a aussi es cœurs des fidèles une autre espèce de Crainte, qu'ils conçoyvent en regardant les exemples de la vengence de Dieu sur les iniques, ou en considérant leur propre misère. Qu'une telle Crainte non-seulement n'est point contraire à la foy : mais est fort nécessaire aux fidèles, et que ce n'est pas de merveille si foy et frayeur peuvent estre ensemble en l'âme fidèle, veu qu'à l'opposite on voit bien es iniques nonchalance et solicilude tout ensemble, liv. 3, chap. 2, sect. 22, 23. Que la Crainte du Seigneur procède de double sentiment : asçavoir quand nous honorons Dieu comme Père, et le craignons comme Seigneur : et que ce n'est pas de merveille si ces deux affections peuvent estre ensemble, liv. 3, chap. 2, sect. 26. Et que telle Crainte est bien autre que celle des inlidèles, laquelle on appelle communément Crainte servile, au mesme, sect. 27.
De la Création du monde.
Combien que les hommes deussent bien cognoistre Dieu par la Création des choses : toutesfois afin que les fidèles ne s'escoulassent après les vaines inventions des idolâtres, il a voulu que l'histoire de la Création fust enregistrée en l'Escriture, et que le temps y fust marqué, liv. 4, chap. 14, sect. 4, où aussi est réfutée la mocquerie profane des contempteurs, qui demandent pourquoy Dieu ne s'est plustost advisé de créer ciel et terre. Qu'à ceste mesme fin est récité que tout l'œuvre n'a pas esté fait en un moment, mais parachevé en sept jours. Item est récité l'ordre : asçavoir
qu'Adam n'a point esté créé, que premièrement tout ce bastiment du monde ne fust dressé et remply de tous biens, liv. 1 , chap. 14, sect. 2, 22. Réfutation de l'erreur des Manichéens, qui mettent deux principes (asçavoir un bon et un mauvais) en lieu de recognoistre Dieu seul pour Créateur, liv. 1, chap. 14, sect. 3. Il est monstre par les Escrilures, que par la cognoissance de Dieu, laquelle reluit en la Création du monde, nous ne pouvons venir à trouver le droict chemin, liv. 1, chap. 5, sect. 13. Et que toutesfois nous sommes du tout desnuez d'excuse, au mesme, sect. 14. Combien que la contemplation du ciel et de la terre, et de la conduite des choses humaines, solicite les hommes à honorer Dieu , si est-ce que cela (s'il n'y a remède d'ailleurs) leur esvanouisf sans qu'ils en facent leur proutit à bon escient; ce qu'on voit estre advenu auxpius sages mesmes des Philosophes du temps passé, liv. 1, chap. 5, sect. 10. De là est procédée la multitude infinie de dieux , et une si grande diversité et contrariété d'opinions entre les Philosophes, au mesme, sect. 1 1 . L'essence de Dieu est invisible et incompréhensible : mais il s'est fait comme visible, eugravanten toutes ses œuvres des trèscerlaines marques de sa gloire, liv. 4 , chap. 5, sect. 1. Non-seulement les choses que les Philosophes et gens sçavans comprenent en spéculant le ciel et la terre et les secrets de nature, rendent tesmoignage de la sapience de Dieu :
mais mesmes ce que le commun peuple et les idiots peuvent appercevoir seulement en ouvrant les yeux, au mesme, sect. 2- A ce qu'en vraye foy nous appréhendions ce qu'il nous est expédient de cognoistre de Dieu, il est bon d'entendre l'histoire de la Création du monde, ainsi que Moyse l'a mise par escrit, de laquelle est fait un brief recueil, liv. 1, chap. 14, sect. 20. La considération des œuvres de Dieu (c'est-à-dire de la Création de toutes choses) doit estre rapportée à deux tins principales : la première est, que nous ne laissions point passer (comme gens ingrats) par nonchalance ou oubliance, ses vertus qu'il nous monstre à l'œil es créatures, liv. 4, chap. 4 4,
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sect. 21 . L'autre esl, que nous appliquions Eceiles vertus envers nous-mesmes, pour nous soliciter à nous fier en luy, l'invoquer, louer, et aimer, au mesme, sect. 22.
De porter la Croix.
Il faut que nous renoncions à nousmesmes pour porter la Croix : pource que Dieu veut exercer tous les siens sous la Croix, commençant mesmes par Christ son premier-nay : laquelle compagnie et conformité avec Christ, est desjà un grand point de patience et consolation, liv. 3, chap. 8, sect. 1. Qu'il nous est expédient pour plusieurs raisons, de vivre tousjours sous la Croix : premièrement, pour rabatre nostre arrogance et la présomption de nos forces : duquel remède les plus saincts mesmes ont besoin, comme l'exemple de David le monstre, liv. 3, chap. 8, sect. 2. Et que par ce moyen est confermée nostre fiance en Dieu, et nostre espérance croist, au mesme, sect. 3. Secondement, afin que nostre patience soit esprouvée, et que nous soyons de plus en plus duits à obéissance, au mesme, sect. 4. Ce qui nous est tant, et plus nécessaire, veu que nostre chair est si frétillante de rejetter le joug de Dieu, si tost qu'il nous baille nos aises, au mesme, sect. 5. Quelquesfois aussi il nous envoyé quelque Croix pour nous chastier, et corriger nos fautes précédentes : en quoy nous recognoissons qu'il fait envers nous l'office d'un bon Père, en lieu qu'au contraire les infidèles le plus souvent en devienent plus obstinez, au mesme, sect. 6. C'est une singulière consolation, quand pour maintenir une bonne cause, nous souffrons ignominie, ou perte, ou autre incommodité, et ceste manière de Croix s'addressele plus souvent aux fidèles, liv. 3, chap. 8, sect. 7. Combien il est nécessaire sous la pesanteur des afflictions, que les fidèles soyent armez de ceste considération , que Dieu les aime, combien qu'il déclaire son ire sur leurs péchez, liv. 3, chap. 4, sect. 34.
De la Descente de Christ aux enfers.
Que la Descente de Christ aux enfers contient un bien grand mystère, et n'est
pas de petite conséquence pour l'accomplissement de nostre Rédemption. Des diverses expositions de cest article, lesquelles sont réfutées, liv. 2, chap. 16, sect. 8, 9. Puis est amenée de la Parole de Dieu la vraye exposition, qui est saincte, fidèle et plene de grande consolation (et qui est aussi confermée par les livres des Docteurs anciens :) asçavoir que Christ n'a pas seulement souffert la mort corporelle, mais a porté aussi la rigueur delà vengence de Dieu, pour s'opposer à son ire, et satisfaire à son juste jugement, et par ainsi qu'il a falu qu'il conibalist comme main à main contre les forces d'enfer et l'horreur de la mort éternelle. Et que toutesfois jamais Dieu ne luy a esté adversaire ou courroucé : mais qu'il a soustenu la pesanteur de la vengence de Dieu, pource qu'estant frappé et affligé de sa main, il a expérimenté tous les signes que Dieu monstre aux pécheurs, en se courrouçant contre eux et les punissant, liv. 2, chap. 1 6, sect. 10, 11. Sont réfutez certains brouillons ignorants et malins, qui blasment aujourd'huy ceste exposition, erians que nous faisons injure au Fils de Dieu, et luy attribuons désespoir contraire à la foy. Ainsi à rencontre d'iceux il est monstre par bons tesmoignages, que ces deux points s'accordent bien , que Christ a vrayement craint, esté troublé en esprit, angoissé et tenté en toutes choses comme nous : et que toutesfois cela a tousjours esté sans péché, au mesme, sect. 12.
Des Diables.
Tout ce que l'Escriture enseigne quant aux Diables, revient à ce but, que nous soyons songneux de nous garder de leurs embusches, et nous munir d'armeures qui soyent suffisantes pour repousser ces ennemis tant puissans, liv. 1 , chap. 14, sect. 13. Et afin de nous inciter mieux à cela, elle nous advertit qu'il n'y a pas seulement un Diable ou deux, mais de grandes légions d'esprits malins qui nous font la guerre, et en quel sens doit estre prins ce qu'elle nomme quelquesfois le Diable en nombre singulier, au mesme, sect. 14. Quand le Diable par
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tout en l'Escriture est nommé Adversaire de Dieu et de nous, cela nous doit bien enflamber à luy faire la guerre sans cesse, au mosme, sect. 15. Il est de nalure pervers, homicide, menteur et inventeur de toute meschanceté, en la mesme section.
Mais ceste malice naturelle ne luy vient pas de la création, ains de ce qu'il s'est dépravé, Iiv. 1,chap. 14, sect. 16. C'est une curiosité de s'enquérir de la cause, du moyen, du temps et de l'espèce de la cheute des mauvais Anges, veu que l'Escriture n'en dit mot, en la mesme section. Que le diable a cela de soy-mesme et de sa malice, que de tout son désir et propos il répugne, à Dieu : mais ne peut rien faire ou exécuter, si Dieu ne le veut et permet, liv. 1, chap. 14, sect. 17. Et Dieu compassé et modère tellement cela, qu'il ne permet point au Diable de dominer sur les âmes des fidèles, veu que tousjours finalement ils obtienenl victoire (combien qu'en quelques actes particuliers ils se trouvent navrez et abatus :) mais luy abandonne seulement les infidèles et réprouvez afin qu'il exerce son empire en leurs corps et âmes, au mesme, sect. 4 8. Est réfuté l'erreur de ceux qui disent que les Diables ne sont que mauvaises affections et inspirations : et est monstre que ce sont esprits ayant sens et intelligence, au mesme, sect. 4 9.
Des Diacres.
Des Diacres, et de deux espèces d'iceux, liv. 4, chap. 3, sect. 9. Que les Diacres en l'Eglise primitive ont eu mesme charge que du temps des Aposlres : où il est aussi parlé des Sousdiacres et Archediacres, et quand c'est qu'on a commencé à en faire, liv. 4, chap. 4, sect. 5. Quel estoit l'usage et la distribution des biens d'Eglise en la primitive Eglise, liv. 4, chap. 4, sect. 6, 7. Des Diacres de la Papauté, de leur charge, et de la cérémonie qu'on observe a les faire, liv. 4, chap. 4 9, sect. 32; chap. 5, sect. 45. Des Sousdiacres de la Papauté : quelle mocquerie c'est de la charge qu'on leur donne : et aussi du badinage de cérémonie à les faire, liv. 4, chap. 4 9, sect. 33. Que de vray office de Diacres les Papistes n'en ont plus, veu qu'entre eux l'admi-
nistration des biens d'Eglise est convertie en une volerie meschante et plene de sacrilège, liv. 4, chap. 5, sect. 46, 4 8, 49. Réfutation de l'impudence des Papistes, quand ils disent que la somptuosité des Prestres et de toute l'Eglise papale , est ce que les saincts Prophètes avoyent prédit touchant la grande magnificence du règne de Christ, liv. 4, chap. 5, sect. 46.
De Dieu.
L'Escriture en nous enseignant que l'Essence de Dieu est infinie et spirituelle, renverse non-seulement les folles resveries du commun populaire, mais aussi toutes sublilitez des Philosophes profanes. Item, l'erreur des Manichéens, qui mettent deux principes, et des Anthropomorphites qui imaginent Dieu corporel, liv. 4, chap. 4 3, sect. 4. En quel sens il est dit que Dieu est es cieux, et quelle doctrine nous avons à en recueillir, liv. 3, chap. 20, sect. 40. Que c'est que sanctifier le Nom de Dieu, au mesme, sect. 44. Du règne de Dieu entre les hommes : item de Padvancement et perfection d'iceluy, au mesme, sect. 42.
Voyez sous le mol Cognoissance de Dieu et sous le mot Trinité.
De la Discipline de l'Eglise.
Que la discipline est une chose tant et plus nécessaire en l'Eglise,liv. 4, chap. 4 2, sect. 4. Des admonitions particulières, qui est le fondement de la Discipline ecclésiastique, liv. 4, chap. 12, sect. 2. Du conseil ou consistoire en l'Eglise pour les mœurs, liv. 4, chap. 3, sect. 8. Que les Princes, aussi bien que le commun peuple, doyvent estre sujets à la Discipline de l'Eglise : et qu'ainsi il a esté observé anciennement, liv. 4, chap. 42, sect. 7. De la Discipline ancienne du Clergé et des synodes qui se faisoyent en chacune province tous les ans. Item , qu'en la Papauté tout cest ordre a esté ensevely, sinon qu'ils en ont retenu quelques mines seulement, liv. 4, chap. 4 2, sect. 22.
De l'Eau bénite des Papistes.
Voyez liv. 4, chap. 10, sect. 20.
DES PRINCIPALES MATIÈRES
De l'Eglise.
L'Eglise est la mère de tous fidèles, liv. 4, chap. 1, sect. 1. Exposition de l'article du symbole , Je croy la saincte Eglise, etc., liv. 4, chap. 1, sect. 2, 3. Que la saincteté de l'Eglise n'est pas encores parfaite, liv. 4, chap. 8, sect. 1 2. De l'Eglise invisible : item, de l'Eglise visible, de laquelle les marques sont, la pure prédication de la Parole, et l'administration des Sacremens, liv. 4, chap. 1, sect. 7, 8, 9, lu, 11. Qu'en quelque lieu que ces marques apparoissent, il nous faut donner garde de nous séparer d'une telle compagnie, au mesme, sect. 12.
Qu'il y peut avoir quelque vice ou en la doctrine, ou en l'administration des Sacremens pour lequel toulesfois il ne nous faudra pas séparer d'une Eglise, et beaucoup moins pour la corruption desmœurs, ou les imperfections quant en la vie : en quoy sont taxez les Anabaptistes, liv. 4, chap. 1, sect. 12, 13, 14, 15, 16. Que l'Eglise est tellement saincte, que tousjours elle est entachée de beaucoup de vices, et toutesfois ne laisse pas d'estre Eglise : ce qui est monstre par tesmoignagesde l'Escriture, et l'expérience qui en a esté en tous aages, liv. 4, chap. 1, sect. 17, 18, 19.
De la puissance ds l'Eglise quant à déterminer des articles de la foy.
Que toute l'authorilé que l'Eglise a, n'est point donnée aux hommes, à parler proprement, mais à la Parole, de laquelle le ministère leur est commis : et par ainsi, que l'Eglise n'a jamais eu puissance de rien enseigner que ce qu'elle avoit receu du Seigneur, comme il est monstre par l'exemple des Prophètes et Apostres, voire mesmes de Christ, liv. 4, chap. 8, sect. 1 , 2, 3, 4, 8, 9. Que Christ a de tout temps enseigné son Eglise, combien qu'il ait tenu autres moyens d'enseigner devant la Loy que sous la Loy, et autres finalement quand il s'est manifesté en chair, liv. 4, chap. 8, sect. 5, 6, 7.
De la fausse Eglise.
Que là où mensonge et fausseté ré-
gnent, là il n'y a point d'Eglise : ce qui est monstre estre en la Papauté, quoy que là on allègue à plene bouche la succession continuelle des Evesques, liv. 4, chap. 2, sect. 1, 2, 3, 4. Et pourtant, que ceux-là ne sont hérétiques ne schismatiques, qui abandonnent la Papauté, liv. 4, chap. 2, sect. 5, 6. Quoy qu'on tasche de faire trouver légers les vices qui sont en l'Eglise papale, que toutesfois Testât n'y est de rien meilleur qu'il estoit au royaume d'Israël du temps de Jéroboam, liv. 4, chap. 2, sect. 7, 8, 9,10. Que toutesfois par la bonté de Dieu il y a encores de reste quelques traces d'Eglise en la Papauté, et qu'ainsi s'accomplit ce qui avoit esté escrit, que l'Antéchrist seroit assis au Temple de Dieu, liv. 4, chap. 2, sect. 11, 12. Comparaison de la puissance qu'a la vraye Eglise à enseigner avec la tyrannie du Pape el des siens à faire de nouveaux articles de foy, liv. 4, chap. 8, sect. 10. De la maxime des Papistes, Que l'Eglise ne peut errer, liv. 4, chap. 8, sect. 1 3. Que c'est mensonge de dire qu'il a falu que l'Eglise adjoustast aux livres des Apostres, liv. 4, chap. 8, sect. 14, 15, 16. Réfutation des argumens, par lesquels les Papistes taschent de maintenir que Dieu a donné puissance à l'Eglise de forger nouveaux articles de foy, liv. 4, chap. 8, sect. 11, 12.
Du sainct Esprit.
Tesmoignages de l'Escriture par lesquels est prouvée et confermée la divinité du sainct Esprit, liv. 1, chap. 13, sect. 14, 15. Que le sainct Esprit est le lien par lequel Christ nous conjoinct à soy avec efficace, et que sans iceluy tout ce que Christ a fait ou souffert pour le salut des hommes nous seroit inutile, liv. 3, chap. 1, sect. 1, 3. Que Christ est venu rempli du sainct Esprit d'une façon spéciale, asçavoir pour nous séparer du monde : et que pourtant le sainct Esprit est nommé Esprit de sanctification. Et pourquoy il est nommé maintenant l'Esprit du Père, maintenant du Fils : et qu'il est nommé l'Esprit de Christ, non pas seulement entant que Christ est la Parole éternelle du Père, mais auosi quant à la
personne du Médiateur, liv. 3, chap. 1, sect. % Que la foy est le principal chefd'œuvre du sainct Esprit : et que pourtant à icelle se rapporte la pluspart de ce que nous lisons en l'Escriture touchant la vertu et opération du sainct Esprit, liv. 3, chap. 1 , sect. 4.
De l'Evangile.
Que combien que Christ ait esté cognu des Juifs sous la Loy, toutesfois à proprement parler, il n'a esté révélé qu'en l'Evangile, et que les saincts Pères ont gousté la grâce qui aujourd'hui nous est offerte en plene abondance : qu'ils ont veu le jour de Christ (combien que ce soit d'une façon un peu obscure) duquel maintenant la gloire reluit en l'Evangile sans aucun voile, liv. 2, chap. 9, sect. 1, 2. Où il est aussi monstre que l'Evangile signifie proprement la publication de la grâce qui a esté présentée en Christ, et non pas les promesses qu'on trouve es Prophètes touchant la rémission des péchez. De l'erreur de Servet, qui sous couleur de ce que par la fr»y de l'Evangile nous avons l'accomplissement des promesses, veut abolir les promesses : où est monstre que combien que Christ en l'Evangile nous offre présentement plénitude de biens spirituels, la jouissance toutesfois en est cachée sous la garde d'espérance ce pendant que nous vivons en ce monde : et pourtant il nous faut encores appuyer sur les promesses, liv. 2, chap. 9, sect. 3. De l'erreur de ceux qui en opposant la Loy à l'Evangile, n'ont autre regard qu'à la diversité qui est entre les mérites des œuvres et la bonté gratuite de Dieu, p-tr laquelle nous sommesjustiliez, liv. 2, chap. 9, sect. 4. Que Jehan-Baptiste a eu une charge moyenne entre les Prophètes expositeurs de la Loy, et les Apostres prescheurs de l'Evangile, liv. 2, chap. 9, sect. 5.
Des Evesques, Prestres, etc.
Le nom d'Evesque en l'Eglise ancienne a esté attribué à l'un des ministres en chacune assemblée, seulement pour tenir quelque ordre : et non pas que cestuy-là eust domination sur les autres,
liv. 4, chap. 4, sect. 2. Que l'office tant de l'Evesque que des autres Prestres, estoit, de vacquer à la prédication de la Parole et administration des Sacremens, liv. 4, chap. 4, sect. 3. Que l'Eglise primitive a le plus souvent observé en l'élection des Ministres la reigle que les Apostres avoyent prescrite, liv.4, chap. 4, sect. 4 0, 41, 12, 13. De la cérémonie qu'on observoit à ordonner les vrais ministres, après les avoir esleus, liv. 4, chap. 4, sect. 4 4, 15, et chap. 19, sect. 28. Que souvent en l'Eglise les Sacrificateurs, Prophètes et Pasteurs ont esté fort corrompus, liv. 4, chap. 9, sect. 3, 4, 5. Qu'il n'est pas question d'obéir indifféremment aux Pasteurs des Eglises, mais selon le Seigneur et sa Parole, liv. 4, chap. 9, sect. 1, 2- Qui et quels sont ceux qu'on fait Evesques en la Papauté, liv. 4, chap. 5, sect. 4. Qu'on a osté la liberté du peuple quant à l'élection des Evesques, et enfreint les Canons anciens, liv. 4, chap. 5, sect. 2, 3. Quelles gens on fait Prestres en la Papauté, et à quelle fin, liv. 4, chap. 5, sect. 4, 5. Des collations des bénéfices en la Papauté, liv. 4, chap. 5, sect. 6, 7. En quelle fidélité exercent leur charge tous Prestres en la Papauté, soyent Moines ou séculiers, comme Chanoines, Doyens, etc., Curez, Evesques, liv. 4, chap. 5, sect. 8, 9, 4 0, 4 4. De la nonchalance des gens d'Eglise du temps de sainct Grégoire et sainct Bernard, liv. 4, chap. 5, sect. 4 2. Que toute la façon du gouvernement ecclésiastique qui est en la Papauté, est une briganderie la plus désordonnée qui soit au monde, liv. 4, chap. 5, sect. 13. Des grandes dissolutions de toutes sortes en la vie des Prestres, Evesques, etc., en la Papauté, liv. 4, chap. 5, sect. 4 4.
De l' Excommunication.
Quelle est la puissance de la jurisdiction de l'Eglise, combien elle est nécessaire et ancienne, liv. 4, chap. 44, sect. 4,4. De la puissance de lier et deslier, entant que concerne la discipline : où il est parlé de l'Excommunication, liv. 4, chap. 41 , sect. 2. Que ceste puissance de l'Eglise est distincte d'avec la puissance civile, et que ce pendant elles s'entr'aident
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l'une l'autre; par ainsi qu'à tort il semble à aucuns que ceste puissance de l'Eglise n'a point de lieu là où les Magistrats sont Chrestiens, liv. 4, cliap. 41, secl. 4, 3, 8. Aussi est monstre que c'est un ordre stable et perpétuel en l'Eglise non pas temporel , au mesme, sect. 4.
Du droit usage de ceste jurisdiction en l'Eglise ancienne, et que ceste puissance n'esloit par-devers un seul, ains appartenoit à toute la compagnie de ceux qu'on appeloit Prestres, c'est-à-dire Anciens, liv. 4, chap. 41, sect. 5, 6, et chap. 42, sect. 7. De l'Excommunication et authorité d'icelle, liv. 4, chap. 4 2, secl. 4. Que l'Eglise en ses corrections et en l'Excommunication regarde à trois tins, liv. 4, chap. 4 2. Comment il faut exercer la discipline de l'Eglise selon la qualité des péchez : veu que les uns sont cachez, les autres sont publiques ou notoires. Item, les uns sont moindres, les autres sont crimes ou actes vileins et meschans, liv. 4, chap. 4 2, sect. 3, 4, 6. Qu'en l'Excommunication il faut garder une sévérité modérée : où est monstre que les Anciens y ont esté trop sévères, liv. 4, chap. 42, sect. 8. Les particuliers mesmes doyvent tenir pour estranges de l'Eglise les Excommuniez, mais non pas pour désespérez, ains pluslost s'employer à bon escient à les ramener au droicl chemin, liv. 4, chap. 42, sect. 9, 40. S'il advient que les Anciens ne soyent pas assez soigneux de corriger les vices, ou que les Pasteurs ne puissent purger et amender toutes les fautes comme ils désireroyent bien, il n'est pas question pourtant ou que les particuliers se séparent de l'Eglise, ou que les Pasteurs quittent leur ministère, liv. 4, chap. 42, sect. 44. Contre les Donatistesdu temps passé, elles Anabaptistes d'aujourd'huy, qui ne recognoissent pour assemblée de Christ aucune compagnie, sinon qu'on y voye reluire une perfection angélique en toutes sortes, liv. 4, chap. 4 2, sect. 42. Que quand un vice est commun en un peuple, et que c'est comme une maladie conta gieuse, il faut attremper de miséricorde la rigueur de la discipline, de peur de dissiper tout le corps, au mesme, sect.
De la Foy.
Ce mot se prend autrement es livres de l'Escriture, qu'es autheurs payens, liv. 4, chap. 4 4, sect. 4 3. Comment se doit entendre ce mot commun. Que Dieu est l'object de la Foy, liv. 2, chap. 6, sect. 4. Les Sophistes sont taxez de ce (pie par le mot de Foy ils ne conçoyvent qu'une volonté de s'accorder à l'histoire de l'Evangile : et disent tout cruement que Dieu est l'object de la Foy, satisfaire mention ce pendant de Christ, hors duquel il n'y a ne Foy ne moyen d'approcher de Dieu, liv. 3, chap. 2, sect. 4. Item, de ce qu'ils mettent une Foy implicite : c'està-dire enveloppée, en lieu que la Foy requiert une claire et distincte cognoissance de la bonne volonté de Dieu, en laquelle consiste nostre justice, liv. 3, ch;ip. 2, sect. 2. Qu'il est bien vray que ce pendant que nous sommes en ce pèlerinage terrien, nostre Foy est tousjours enveloppée de beaucoup de resle d'ignorance, et qu'en tous il y a tousjours de l'incrédulité meslée parmi la Foy (de quoy plusieurs exemples sont monstrez es disciples de Christ, avant qu'ils eussent plene illumination) mais que néantmoins c'est un point tout vray, que la Foy ne peut estre sans intelligence, liv. 3, chap. 2, sect. 3, 4. Qu'il y a en aucuns quelque révérence à Christ, et une docilité, avec désir de proutiter : et que cela aucunesfois est orné du tiltre de Foy, combien que ce ne soit qu'une préparation à la Foy : et qu'on pourroit la nommer Foy implicite et enveloppée : mais néantmoins que c'est bien tousjours autre chose que la Foy implicite des Papistes, liv. 3, chap. 2, sect. 5. Que la vraye Foy ou cognoissance de Christ est, quand nous le recevons tel qu'il nous est donné du Père, asçavoir revestu de son Evangile : et qu'il y a une correspondance mutuelle de la Foy à la Parole, pource que la Parole est la source de la Foy, le fondement de la Foy, et comme le miroir auquel la Foy contemple Dieu, liv. 3, chap. 2, sect. 6. Que combien que la Foy accorde et souscrive à toutes les parties de la Parole de Dieu, enicelle toutefois
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elle regarde proprement la bonne volonté et miséricorde de Dieu : c'est-à-dire les promesses de grâce fondées en Christ :
en l'intelligence et certitude desquelles le sainct Esprit illumine nos entendemens, et conferme nos coeurs. De toutes lesquelles considérations l'autheur conclud la vraye définition de Foy, liv. 3, chap. 2, sect. 7. Réfutation de la distinction que mettent les Sophistes entre la Foy formée et informe : dont appert qu'ils n'ont jamais rien conceu du don singulier du sainct Esprit, par lequel la Foy nous est inspirée, veu que la Foy ne peut nullement estre séparée d'avec bonne affection, liv. 3, chap. 2, sect. 8. Que le mot de Foy a diverses significations, et est prius quelquesfois pour la puissance de faire miracles : (qui est un don qu'ont quelquestois les réprouvez) qu'il se prend aussi improprement pour la cognoissance de Dieu qu'on voit en d'aucuns iniques, laquelle est plustost une ombre et image de Foy, et de laquelle on en apperçoit diverses sortes, liv. 3, chap. 2, sect. 9, 10, 4 3. Qu'aucunesfois les réprouvez mesmes sont touchez quasi d'un pareil sentiment que les esleus : mais que tant y a qu'ils ne conçoyvent pas vivement la vertu de la grâce spirituelle, ains seulement en confus.
Que toutesfoisce qu'ils ont est une opération de l'Esprit inférieure : mais que c'est bien autre chose du tesmoignage spécial que le Seigneur rend à ses esleus, liv. 3, chap. 2, sect. 41. Et que toutesfois il ne s'ensuyt pas que l'Esprit de Dieu trompe, quand il arrouse ainsi de quelque cognoissance de l'Evangile les réprouvez, et d'un sentiment de l'amour de Dieu, qui s'esvanouit après. Item, que mesmes quelquestois il s'engendre en leurs cœurs quelque désir d'aimer Dieu mutuellement : mais c'est une amour mercenaire, et non point cordiale. Finalement est conclu de là, qu'il y en a aucuns, qui n'ayans point la vraye Foy ont quelque apparence : combien que ce n'est pas qu'ils facent semblant de l'avoir, mais ils se trompent eux- mesmes : ce qui est prouvé par témoignages de l'Esciïture, liv. 3, chap. 2, sect. 4 2. Et que l'Escriture appelle un tel sentiment, Foy : com-
bien que ce soit improprement, liv. 3y chap. 2, sect. 4 3. Que le mot de Foy se prend quelquesfois pour la pure et saine doctrine de la religion, et toute la substance d'icelle : comme au contraire en d'autres lieux il se restreint à un object particulier : d'autres fois il se rapporte au ministère de l'Eglise, liv. 3, chap. 2, sect. 4 3. Qu'à bon droict la Foy est nommée Cognoissance et Science : et que toutesfois c'est une cognoissance qui consiste plustost en certitude qu'à comprendre les choses, veu que ce que la Foy embrasse est infini en toutes sortes, liv. 3, chap. 2, sect. 14. Que la Foy ne se contente point d'une opinion douteuse, ou appréhension obscure, mais requiert une certitude plene et arrestée : et que là doyvent estre rapportez tous les filtres d'honneur desquels le sainct Esprit autnorisela Parole de Dieu, liv. 3, chap.2, sect. 4 5. Qu'il y en a plusieurs qui conçoyvent tellement ia miséricorde de Dieu, qu'elle ne leur revient pas à grande consolation, d'autant qu'ils doutent si Dieu leur sera miséricordieux : mais le sentiment de la certitude de la Foy est bien autre : dont le principal point est, que nous n'estimions pas les promesses de grâce estre vrayes seulement hors de nous, ains plustost que les recevans en nostre cœur nous les facions nostres.
Dont est recueilly qui sont ceux qu'on peut appeler vrayement Fidèles, liv. 3, chap. 2, sect. 45, 4 6. De la certitude de la bonne volonté de Dieu envers nous, liv. 2, chap. 2, sect. 8. De ce que les tidèles, en recognoissant la grâce de Dieu envers eux, non-seulement sont souvent inquiétez et agitez de doutes, mais aussi aucunesfois sont grandement eslonnez et espovantez: et que cela n'empesche point que nous ne puissions dire que la Foy apporte tousjours avec soy asseurance :
pource que quoy qu'ils ayent de merveilleusement rudes assauts, jamais toutesfois ils ne quittent ceste tiance qu'ils ont conceue certaine de la miséricorde de Dieu, ains combatans contre leur propre intirmité, ils sortent tousjours finalement victorieux, ce qui est monstre par plusieurs exemples en David, liv. 3, chap. 2, sect. 47, 37. Description du combat qui
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est entre la chair et l'esprit en l'âme fidèle, liv. 3, chap. 2, sect. 4 8. Réfutation de la folle imagination d'aucuns demi- Papistes, qui confessent bien que ce pendant que nous regardons en Christ, nous trouvons là plene matière d'espérance, mais toulesfois veulent qu'au regard de nostre indignité nous chancelions et soyons en bransle : au contraire, est monstre que nous devons attendre un salut certain et asseuré, veu que par une communion admirable de jour en jour et de plus en plus Christ est fait un corps avec nous, liv. 3, chap. 2, sect. 24. Dés que nous avons la moindre goutte de vraye Foy, nous commençons à contempler la face de Dieu bénigne et propice envers nous : et combien que ce soit de loing, toutesfois d'un regard si indubitable, que nous sçavons bien qu'il n'y a nulle tromperie. L'un et l'autre est monstre par tesmoignages évidens de sainct Paul, liv. 3, chap. 2, sect. 19, 20. Il est monstre par exemples, comment la Foy pour soustenir les assautsdes tentations, se munit et arme, de la Parole de Dieu, et comment l'âme lidèle n'endure jamais que la fiance qu'elle a à la miséricorde de Dieu luy soit ostée, combien qu'elle soit assaillie de beaucoup de reste de desfiance et incrédulité qui sont encores en elle, liv. 3, chap. 2, sect. 21. Combien que la Foy en ceste amour de Dieu, lequel elle regarde, se propose principalement une attente certaine de la vie éternelle : que toutesfois en icelle amour sont cotnptinses mesmes les promesses de la vie présente, et une ferme asseurance de tous biens : mais telle qu'on la peut eoncevoirde la Parole de Dieu. L'un et l'autre est monstre par tesmoignages de l'Escriiure, liv. 3, chap. 2. Combien que la Foy embrasse la Parole de Dieu en tout et partout (c'est à -dire es commandemens aussi et défenses , voire mesmes es menaces) que toulesfois elle a son fondement et son droict but en la promesse gratuite de miséricorde : et qu'à ceste cause l'Evangile est nommé la parole de Foy, et est opposé à la Loy, liv. 3, chap. 2, sect. 29. Que ceste restriction ne deschire pas la Foy, comme Pighius nous calomnie impudemment,
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liv. 3, chap. 2, sect. 30. Que la Foy n'a pas moins besoin de la Parole de Dieu, que la racine vive est requise en un arbre pour luy faire apporter fruits: et qu'avec la Parole il faut conjoindre la considération de la puissance de Dieu, sans laquelle les aureilles à grand' peine recevront la Parole, ou ne l'estimeront pas ce qu'elle mérite. El ceste puissance doit estre prinse eflfectuelle en la considérant par les œuvres de Dieu, et ses bénéfices, ou particuliers, ou anciens, et faits à toute l'Eglise, liv. 3, chap. 2, sect. 31. Que les fidèles procèdent en telle sorte quelquesfois, qu'il y a des fautes meslées parmi leur Foy, et qu'il semb'e qu'ils excèdent les limites de la Parole : mais c'est tellement, que la Foy ne laisse pas de dominer en eux : comme il est monstre par exemple en Sara et Rebecca, lesquelles en leurs destours obliques Dieu a retenues d'une bride secrette en l'obéissance de sa Parole, en la mesme section. Qu'à cause de nostre aveuglement et obstination la Parole seule ne suffit pas pour engendrer la Foy, sinon que quant et quant le sainct Esprit illumine nos entendemens et conferme nos cœurs : et que c'est son office non-seulement de commencer la foy en nous, mais aussi de l'augmenter par degrez, liv. 3, chap. 2, sect. 33. Combien que ce mot semble fort estrange à plusieurs, que nul ne puisse croire en C rist s'il ne luy est donné : il est toulesfois trèsvéritable, comme il appert par raisons, tesmoignagesde l'Escriture, et exemples, liv. 3, chap. 2, sect. 3i. Qu'à ceste cause la Foy est nommée Esprit de Foy, OEuvre de Dieu, et Bon plaisir de Dieu : et que c'est un don singulier qu'il fait par un privilège spécial à ceux qu'il veut, comme il est monstre par de beaux passages de sainct Augustin, liv. 3, chap. 2, sect. 35. Que ce n'est pas assez que l'entendement soit illuminé à entendre la Parole, mais qu'il faut aussi que la certitude d'icelle soit mise en nos cœurs, que le sainct Esprit fait tous les deux, lequel pourtant est appelé Seau, et Arre, et Esprit de Promesse, liv. 3, chap. 2, spcI. 36. Réfutation de la doctrine trèspernicieuse des Sorbonistes, que nous
ne pouvons rien résoudre de la grâce de Dieu envers nous, sinon par conjecture morale, liv. 3, chap. 2, sect. 38. 11 est monstre que ce sont de misérables aveugles, quand ils nous accusent de témérité, pource que nous concevons une cognoissance indubitable de la bonne volonté de Dieu envers nous. Une belle antithèse entre ces gens et sainct Paul, quant à ce point de doctrine, liv. 3, chap. 2, sect. 39. Après est réfutée aussi leur tergiversation frivole, Que combien que nous puissions asseoir jugement de la grâce de Dieu selon la justice en laquelle nous consistons présentement, la certitude toutesfois de nostre persévérance demeure en suspens, liv. 3, chap. 2, sect. 40. El est monstre que la définition de Foy baillée en ce chapitre, sect. 7, accorde bien avec celle que l'Apostre baille en l'Epistre aux Hébrieux, chap.
11. Item par un passage de sainct Bernard est réfuté ce que disent les Sorbonisles, Que charité précède Foy et espérance, liv. 3, chap. 2, sect. 41. Que la Foy engendre tousjours espérance, et qu'espérance tient tousjours bonne compagnie à la Foy, tellement que quand un homme est sans espérance, c'est signe qu'il n'y a point aussi de Foy. Item, qu'espérance nourrit et conferme la Foy. Ce qui est tant et plus nécessaire, veu que la Fov est assaillie de tant d'espèces de tentations, liv. 3, chap. 2, sect. 42. Qu'à cause de ceste affinité entre Foy et espérance , l'Eseriture souvent prend l;une pour l'autre, ou les met toutes deux ensemble. Item est réfutée l'erreur du Maistre des Sentences, qui met double fondement de la Foy, asçavoir la grâce de Dieu et le mérite des œuvres, liv. 3, chap. 2, sect. 43. De l'imperfection de la Foy, et de la confirmation et augmentation d'icelle, liv. 4, chap. 14, sect. 7, 8. Du sommaire de nostre Foy, lequel nous appelons le Symbole des Aposlres, liv. 2, chap. 16, sect. 18. Sommaire recueil des gratis biens qui nous revienent de ce qui est récité touchant Jésus-Christ au Symbole des Aposlres, liv. 2, chap. 16, sect. 19.
Du Franc arbitre.
L'homme en la première condition de sa création avoit son Franc arbitre, liv. 1 , chap. 15, sect. 8, lequel il a perdu par sa cheute,ee que les philosophes ont ignoré: et pourtant ceux lu s'abusent bien lourdement qui les ensuyvent, attribuansencores un Franc arbitre à l'homme, en la mesme section. La faculté ployable ou imbécille du Franc arbitre, laquelle a esté au premier homme, n'excuse point sa cheute, en la mesme section. Qu'il ne nous est pas moins proutitable, que requis pour la gloire de Dieu, de recognoistre que toutes nos forces ne sont qu'un roseau, ou plustost fumée. Que ce pendant il faut prendre garde que quand on despouille l'homme de toute droicture, nous ne prenions de là occasion de nous annonchalir : mesmes que plustost au contraire ce nous doit estre un moyen pour nous resveiller et inciter à chercher tous biens en Dieu, desquels nous sommes vuides. Que ceux qui mainlienent leFrancarbitre, le ruinent plustost qu'ils ne l'establissent, liv. 2, chap. 2, sect. 1. Les Philosophes constituent trois facultezen l'âme, asçavoirEntendement,Sens, et Volonté : et estiment que la raison qui est en l'entendement de l'homme suffit pour le bien conduire et gouverner, que la volonté est bien incitée à mal par le sens (qui est un mouvement inférieur) en sorte qu'avec peine elle s'assujelit à raison, ains est tirée par fois maintenant deçà, maintenant delà : mais que toutesfois elle a libre élection, et ne peut estre empeschée de suyvre la raison entièrement ; brief, que tant les vertus que les vices sont en nostre puissance, liv. 2, chap. 2, sect. 2, 3. Les Docteurs de l'Eglise chrestienne, combien qu'ils recognussent que la raison et la volonté esloyent griefvement navrées en l'homme par le péché, ont loulesfois parlé de ceste matière trop en philosophes : quant aux anciens, ils l'ont fait premièrement, afin que ce qu'ils enseignoyent ne fust trouvé par trop absurde au jugement commun des hommes : secondement et principalement, afin que la chair qui est de soimesme assez prompte à nonchalance, ne
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prinst de là nouvelle occasion de se refroidir de bien faire, comme il est monstre par plusieurs passages de sainct Chry-oslome et Hiérosme. Les Docteurs grecs par-dessus les autres, et entre eux singulièrement sainct Chrysoslosme passent mesure à magnifier le Franc arbitre: toutesfois quasi tous les anciens (excepté sainct Augustin) sont tant variables, ou parlent si douteusement en ceste matière, qu'on n'en peut quasi recueillir de leurs livres aucune certaine résolution, ceux qui sont venus depuis, successivement sont tombez de mal en pis. Diverses définitions du Franc arbitre piïnses d'Origène, sainct Augustin, Bernard, Anselme, du Maislre des Sentences, et Thomas d'Aquin, liv. 2, chap. 2, sect. 4. En quelles choses c'est qu'on a accoustumé communément d'accorder que l'homme a Franc arbitre : item, de trois espèces de vouloir en l'homme, et de la distinction commune aux escholes louchant les trois espèces de liberté, liv. 2, chap. 2, sert. 5. Asçavoir-mon si l'homme est privé du tout de faculté de bien faire, ou bien s'il a encores quelque portion de résidu, mais petile et infirme; où il est parlé de la distinction commune de la grâce besongnante et de la grâce coopérante : et en quoy telle distinction est à reprendre, liv. 2, chap. 2, sect. 6. Veu qu'on ne peut pas dire en autre sens que l'homme ait un Franc arbitre, sinon d'autant que le mal qu'il fait, il le fait de volonté, et non pas par contrainte. Que ce seroit bien le proufit de l'Eglise que jamais on n'eust mis en usage ce mot, qui a esté cause que les hommes se sont eslevezen fol orgueil pour se ruiner. Que mesmes les anciens Docteurs souvent déclairent ce qui leur en semble : et sur tous sainct Augustin, duquel plusieurs passages sont alléguez, où il roigne les ailes au Franc arbitre , et s'en mocque aucunesfois, l'appelant serf arbitre, d'autres fois aussi déduisant au long ce qui en est, liv. 2, chap. 2, sect. 7, 8. Combien que les anciens Docteurs de l'Eglise passent mesure quelquesfois à magnifier le Franc arbitre, et ayent parlé douteusement et inconslamment en ceste matière : il appert toutesfois par plusieurs passages
de leurs livres, qu'ils n'ont du tout rien estimé les forces humaines, ou pour le moins qu'ils en ont bien peu estimé, en donnant toute la louange des bonnes œuvres au sainct Esprit : desquels passages aucuns sont récitez prins de sainct Cyprien, Augustin, Enchère ancien Evesque de Lion, et Chrysostome, liv. 2, chap. 2, sect. 9. Qu'il ne faut pas estimer la faculté du Franc arbitre par l'événement des choses mais par l'élection du jugement et l'affection de la volonté, liv. 2, chap. 4, sect. 8. A l'encontre de ceux qui maintienent le Franc arbitre, il est monstre que le péché est de nécessité, et ne doit pas pourtant laisser d'estre imputé. Item, qu'il est volontaire, et toutesfois on ne le peut éviter, liv. 2, chap. 5, sect. I.Responseà une autre de leurs objections, Que si les vices et vertus ne procèdent de libre élection, il n'est point convenable que l'homme soit rémunéré ou puny, liv. 2, chap. 5, sect. 2. Item, que s'il n'estoit en nostre faculté d'eslire le bien et le mal, il faudroit que tous les hommes fussent bons, ou tous meschans, veu qu'ils ont une mesme nature, liv. 2, chap. 5, sect. 3. Item, contre iceux mesmes, il est monstre que les exhortations, admonitions, et répréhensions ne sont pas frustratoires, encores qu'il ne soit en la puissance du pécheur d'y obtempérer : et est déclairé quel en est l'usage, tant envers les meschans qu'envers les fidèles, liv. 2, chap. 5, sect. 4, 5. Des commandemens de Dieu cl de la Loy il ne faut pas conclurre que l'homme ait un Franc arbitre, et quelques forces pour accomplir ce qui est commandé. Car comme Dieu commande ce qu'il faut faire, aussi il promet de donner aux siens la grâce d'obéir, liv. 2, chap. 5, sect. 6, 7, 9. Ce qui est monstre tant es commandemens qui commandent que l'homme se convertisse à Dieu, qu'en ceux qui recommandent simplement l'observation de la Loy. Item en ceux qui commandent de persévérer en la grâce de Dieu desjà receue. Car le mesme Dieu qui requiert telles choses, lesmoigne aussi que ce sont dons gratuits procédans de luy, tant la conversion du pécheur, que la saincteté de vie et la con-
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stance à persévérer : et que ce n'est pas raison que la louange en soit partagée entre luy et l'homme, liv. 2, chap. 5, sect. 8, 9, 11. Les promesses qui ont ceste condition, Si vous voulez, Si vous m'escoutez, et autres semblables promesses, ne prouvent pas que l'homme ait une faculté libre de vouloir, ou escouter ce qui est commandé : et est prouvé que toutesfois Dieu ne se mocque pas des hommes, en faisant telles pactions avec eux, et quel est l'usage de telles protestations tant envers les fidèles qu'envers les meschans, liv. 2, chap. 5, sect. 10. Les passages esquels Dieu reproche a ceux d'Israël, qu'il n'a tenu qu'à eux qu'ils n'ayent vescu en repos et remplis de tous biens, ne sont pas sutîisans pour prouver qu'il ait esté en la puissance des hommes d'éviter les calamilez desquelles ils ont esté affligez; où il est traitté aussi de l'usage de telles reproches, tant envers ceux qui continuent obstinément en leurs vices, qu'envers ceux qui se monstrent dociles et se convertissent à repentance. Item, que quand l'Escriture assigne quelquesfois aux hommes l'office de mettre la main à l'œuvre, elle ne le fait pour autre raison, sinon afin de resveiller la paresse de nostre chair, liv. 2, chap. 5, sect. 11. Que ce que dit Moyse, Le commandement est près de toy en la bouche et en ton cœur, etc., ne sert rien à ceux qui mainlienent le Franc arbitre : veu que là il n'est pas parlé des commandemens simplement, ains des promesses de l'Evangile, liv. 2, chap. 5, sect. 12. Que les passages où il est dit. que le Seigneur attend et considère (jue c'est que feront les hommes, ne leur servent non plus, liv. 2, chap. 5, sect. 13. Item, ne ceux où les bonnes œuvres sont appelées nostres, et où il est dit que nous faisons ce qui est sainct et plaisant au Seigneur. Item est monstre que c'est le sainct Esprit seul, qui fait en nous tous bons mouvemens, et que toutesfois il ne besongne pas en nous comme en des troncs de bois, liv. 2, chap. 5, sect. 14, 15. L'exposition de certains autres passages de l'Escriture, desquels les adversaires de la grâce de Dieu abusent pour establir le Franc ar-
bitre, liv. 2, chap. 5, sect. 16, 17, 18, 19.
Des Guerres.
Que les Guerres sont légitimes, quand il faut nécessairement que les Magistrats prenent les armes pour exécuter la vengence publique contre ceux qui troublent la tranquillité de leur païs, soyent ennemis domestiques ou estrangers, liv.
i, chap. 20, sect. 1 1. Et qu'à ceci n'est point contraire ce qu'aucuns allèguent, qu'on ne trouve point au Nouveau Testament de passage on d'exemple, qui dise que la Guerre soit permise aux Chrestiens. Au reste, que les Princes et Magistrats doivent bien se donner garde en entreprenant Guerre, de se laisser mener tant peu soit par leurs affections mauvaises, ou esmolions téméraires. Item, que comme la guerre, aussi les garnisons, alliances, et autres munitions sont permises aux Chrestiens, liv. 4, chap. 20, sect. 12.
De l'Homme.
L'Homme par la cognoissance de soymesme est non-seulement incité à chercher Dieu, mais mesmes comme mené par la main à le trouver, liv. 1, chap. 1, sect. 1 . La création de l'Homme est un beau tesmoignage de la puissance, bonté et sagesse de Dieu : et pourtant aucuns des philosophes l'ont nommé un petit monde, liv. 1, chap. 5, sect. 3. L'ingratitude des Hommes, lesquels senians les signes de la Providence de Dieu en leurs corps et en leurs âmes, ne donnent point gloire à Dieu. liv. 1, chap. 5, sect. 4. Il y a double cognoissance de nous-mesmes, asçavoir quant à la première création, et puis quant à la condition survenue par la cbeute d'Adam : et qu'il ne nous faut pas arrester à la seconde, laissans en arrière la première, de peur qu'il ne semble que nous attribuyonsla corruption à Dieu, qui est autheur de nostre nature, liv. 1. chap. 15, sect. 1. Combien il est nécessaire à l'Homme d'avoir droicte cognoissance de soy-mesme : laquelle (comme monstre la vérité de Dieu) con-
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siste premièrement en ce que l'Homme considérant à quelle lin il a esté créé, et doué de grâces excellentes, dépende totalement de Dieu, duquel il tient tout : puis après, que recognoissant sa misérable condition après la cheute d'Adam, il se desplaise à bon escient en soy-mesme, et conçoyve un nouveau désir de chercher Dieu, pour recouvrer en luy tous les biens desquels il se trouve desnué. Et que pourtant il nous faut bien donner garde de suyvre en ceci le jugement de la chair, et les livres des philosophes, lesquels nous arrestans en la considération de nos biens, nous transporteroyent en une trèsdangereuse ignorance de nous-mesmes, liv. 2, chap. 4, sect. 4, 2, 3. L'Homme ne peut jamais venir à une vraye cognoissance de soy-mesme, jusques ù ce qu'il ait contemplé la face de Dieu, c'est-à-dire commencé à considérer en la Parole, et priser quelle et combien estexquise la perfection de sajustice, sagesse, et vertu, à laquelle il nous faut conformer, liv. 4, chap. 4, sect. 2. Les plus saincts personnages mesmes, se sont trouvez frappez d'estonnement et frayeur, quand il leur a quelquesfois manifesté sa présence et sa gloire par quelque moyen extraordinaire, liv. 4, chap. 4. sect. 3. L'homme est entièrement corrompu en toutes les deux parties de sa personne (c'est-à-dire et en l'entendement, et au cœur, ou la volonté) comme il appert par les tiltres que luy baille l'Escriture, principalement quand elle dit qu'il est chair : lequel mol ne se rapporte pas seulement à la sensualité, mais aussi à la partie supérieure de l'âme, liv. 2, chap. 3, sect. I. Que les Hommes se tormentent en vain à chercher quelque chose de bien en leur nature, veu que saincl Paul parlant de toute la lignée d'Adam, et ne reprenant point les mœurs corrompues de quelque aage, mais accusant la corruption perpétuelle de nostre nature, nous despouille de justice, c'est-à-dire d'intégrité et pureté, puis après d'intelligence, et finalement de crainte de Dieu, liv. 2, chap. 3, sect. 2. Response à l'objection qu'on pourroit faire d'aucuns Payens, qui par la conduite de nature ont aspiré toute leur vie
à vertu, car il semble par cela que nous ne devons pas estimer la nature de l'homme du tout vicieuse. Ainsi il est monstre, que combien que Dieu es incrédules ne purge pas au dedans la perversité de nature, de laquelle l'homme est de tous costez infecté (ce qu'il fait bien en ses esleus) néantmoins par sa providence il la bride, et la réprime par divers moyens, selon qu'il sçait estre expédient pour conserver le monde, liv. 2, cliap. 3, sect. 3. D'avantage, que telles vertus qu'on a veues es Payens, ne sont pas argument suffisant pour prouver quelque pureté en nostre nature, veu que le cœur au dedans estoit pervers, infecté d'ambition ou autre poison, et non point conduit d'une affection de la gloire de Dieu. Hem, considéré que ce ne sont point vertus communes à nostre nature, ains grâces spéciales de Dieu, lesquelles il distribue en diverses sortes et à certaine mesure mesmes à des gens profanes, comme souvent aux Rois, quelquesfois aussi à des particuliers, liv. 2, chap. 3, sect. 4. De l'image de Dieu en l'Homme. Voyez sous la lettre S.
De l'Humilité.
Que ce n'est pas une vraye Humilité, telle que Dieu requiert de nous, si nous ne nous recognoissons entièrement despourveus de tout bien et justice, liv. 3, chap. 12, sect. 6. De laquelle Humilité l'exemple est proposé en la personne du péager, liv. 3, chap. 4 2, sect. 7. Qu'il faut que toute arrogance et présomption soit loing de nous si nous voulons donner lieu à la vocation de Christ, liv. 3, chap. 42, sect. 8. Il n'y a point de danger que l'homme s'abbaisse trop, pourveu qu'il apprene qu'il luy faut recouvrer en Dieu ce qui luy défaut. Que c'est une parole diabolique qui exalte l'homme en soy-mesme , combien qu'elle nous soit douce : à rencontre de laquelle sont amenez de l'Escriture plusieurs passages notables qui abbaissent l'homme bien rudement. Item, les promesses, qui ne promettent grâce sinon à ceux qui défaillent en sentant leur povreté, liv. 2, chap. 2, sect. 4 0. Item, des belles sentences touchant la vraye Humilité, prinses de Chry-
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sostome et sainct Augustin, liv. 2, chap. 2, sect. 44.
Des Idoles.
Quand I'Escriture donne à Dieu certaines marques et enseignes, ce n'est pas pour l'attacher en un lieu, ou à un peuple : mais elle le fait pour discerner sa majesté d'avec les Idoles, liv. 2, chap. 8, sect. 4 5. L'exposition du premier commandement, où il est monstre qu'adoration, fiance invocation et action de grâces doyvent estre entièrement rapportées à Dieu : et qu'on n'en peut si peu destourner ailleurs sans luy faire grand tort à luy, les yeux duquel voyent tout, liv. 2, chap. 8, sect. 17. L'exposition du second commandement, où il est parlé des Idoles etimages, liv. 2, chap. 8, sect. 47. Que I'Escriture pour nousamener au vray Dieu exclud nommément tous les dieux des Payens, liv. 1 , chap. 4 0, sect. 3. Et principalement toutes Idoles et images, liv. 4 , chap. 44, sect. 4. Que Dieu se sépare d'avec les Idoles, non pas seulement afin que le nom de Dieu luy demeure, mais afin d'estre servy entièrement luy seul, et que de tout ce qui convient à sa divinité, on n'en transfère rien ailleurs, liv. 4, chap. 42, sect. 4. Il est prouvé par raisons et tesmoignages de I'Escriture, que toutes statues et images qui se font pour représenter Dieu, luy desplaisent précisément, liv. 4, chap. 44. sert. 2. Et que la défense que Dieu en a faite, ne s'addressoit pas aux Juifs seulement, en lamesme section. Quequand Dieu anciennement a manifesté par quelques signes visibles sa présence, ou à tout le peuple, ou à certains personnages choisis, il l'a fait en telle sortes que les mesmes signes les advertissoyent de son essence incompréhensible, liv. 4, chap. 44, sect. 3. Et que les Papistes sont hors du sens, quand pour maintenir leurs images dressées pour représenter Dieu et les saincts, ils allèguent les Chérubins qui couvroyent le Propiciatoire, en la mesme section.
Que les images ne sont pas dieux, il appert par la matière de laquelle elles sont, *t puis par l'ouvrage que les hommes y
font de leurs mains, liv. 4. chap. 44» sect. 4. Contre les Grecs, qui ne font point d'images gravées pour représenter Dieu, mais bien despeinctures, en lamesme section. Ce que les Papistes allèguent de sainct Grégoire, Que les Images sont les livres des idiots, est réfuté par tesmoignages de Jérémie, et Habacuc, Lactance, Eusèbe, sainct Augustin et Yarron autheur payen, et par le décret du Concile Eliberlin, liv. 4, chap. 44, sect. 5, 6, 7. Que les statues ou peinclures, par lesquelles les Papistes pensent représenter les Martyrs et sainctes vierges, ne sont que patrons de pompe dissolue, et mesmes d'infameté, liv. 4, chap. 4 4, sect. 7 } 4 2. Que le peuple apprendra plus par la prédication de la Parole et administration des Sacremens. que de mille croix de bois ou autre matière, liv. 4, chap. 44, sect. 7. De l'ancienneté d'idolâtrie : et que la source d'icelle est, que les hommes ne croyans point que Dieu leur soit prochain , sinon qu'ils l'ayent présent d'une façon charnelle, ont dressé des figures, esquelles il leur sembloit qu'ils le contemployent devant leurs yeux, liv. 4, chap. 44, sect. 8. De telle imagination s'ensuyt incontinent une folle dévotion d'adorer les Images, ou Dieu é;s images, ou quelque autre nature : desquels l'un et l'autre est défendu en la Loy de Dieu, liv. 4, chap. 4 4, sect. 8, 9. Contre ceux qui pour maintenir les idolâtries exécrables, allèguent qu'ils ne tienent pas les Images comme dieux, est monstre que les Juifs, quand ils forgèrent le veau, et les Payens, quand ils ont fait des Images, n'ont pas estimé que ces choses-là fussent Dieu : et néantmoinsil n'y a celuy qui les osast soustenir, liv. 4, chap. 44, sect. 9. Que les Papistes aussi bien que les Payens, ou que les Juifs idolâlrans, ont ceste persuasion qu'ils adorent Dieu sous leurs Images, liv. 4, chap. 44, sect. 4 0, et comment leur distinction de Dulie et Latrie ne leur peut servir d'eschappatoire, liv. 4, chap. 4 4, sect. 44, 46; chap. 4 2, sect. 2. Que quand on condamne l'Idolâtrie, ce n'est pas pour abolir l'art de peindre et tailler, mais on requiert que l'usage de l'une et l'autre soit pur et légitime, et qu'on ne
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s'amuse point à représenter Dieu par quelque ligure visible, mais seulement les choses que la veue peut comprendre, Hv. 4, cliap. 41, sect. 12.
Des images es temples des Chrestiens, liv. 4, chap. 9, sect. 9. De tout temps les Idolâtres mesmes ont bien cognu naturellement qu'il y avoit un seul Dieu : mais ceste appréhension ne leur a de rien servy, sinon pour les rendre plus inexcusables, liv. 1, chap. 10, sect. 3. L'idolâtrie mesme est un tesmoiguage certain que les hommes ont naturellement quelque appréhension de cognoissance de Dieu, liv. 4, chap. 3, sect. 4.
Du Jusne.
De la partie de la discipline , qui est que les Pasteurs exhortent le peuplj à Jusnes ou prières extraordinaires , quand la nécessité y est : et comment les Pasteurs y doyvent procéder, liv. 4, chap. 4 2. sect. 14, 16, 17. Qu'il se faut bien donner garde que le Jusne ne tombe en quelque superstition, liv. 4, chap. 12, sect. 19. Le Jusne sainct et droict regarde à trois lins, liv. 4, chap. 42, sect. 45. Que c'est que Jusne, liv. 4, chap. 12, sect. 18. De la superstition du Jusne de Quaresme, et de la diversité de l'observation d'iceluy, liv. 4, chap. 12, sect. 20, 21.
De l'Image de Dieu en l'homme.
Que c'est qu'emporte, que l'homme a esté créé à l'Image de Dieu : où sont réfutées les expositions frivoles d'Osiander et de quelques autres ; et est monstre que combien que la gloire de Dieu reluise en l'homme extérieur, et que l'Image de Dieu s'estende à toute la dignité par laquelle l'homme est éminent par-dessus toutes espèces d'animaux, le siège souverain toufesfois d'icelle a esté au cœur et en l'esprit, ou en l'âme et ses facilitez, liv. 1, chap. 45, sect. 3, et liv. 2, chap. 2, sect. 4. L'Image de Dieu a au commencement reluy en Adam, en clairté d'esprit, droicture de cœur, et en intégrité de toutes parties : comme on peut cognoistre par la restauration de nostre nature corrompue , quand Christ nous reforme à l'Image de Dieu ,
et autres argumens, liv. 1, chap. 45, sect. 4.
De l' Imposition des mains.
De l'Imposition des mains quand on reçoit les Ministres en leur office, liv. 4, chap. 14, sect. 20. De l'Imposition des mains en l'Eglise ancienne, quand les enfans des tidèles eslans venus en aage rendoyent raison de leur foy, liv. 4, chap. 19, sect. 4. De l'Imposition des mains à faire les Prestres de la Papauté, liv. 4, chap. 19, sect. 31.
Des Jugemens et Plaidoyers.
De l'usage des Jugemens des Magistrats, et des loix entre les Chrestiens. Qu'il est permis aux Chrestiens de plaider et poursuyvre leur droict devant le Magistrat, pourveu que cela se face sans déshonorer Dieu, ne délaisser l'affection de charité envers le prochain, liv. 4, chap. 20, sect. 17, 4 8. Qu'il se faut tousjours donner garde de procéder par affection de vengence , soit en cause civile, soit en criminelle, liv. 4, chap. 20, sect. 4 9. Que le commandement de Christ de laisser le manteau mesmes à celuy qui nous aura osté nostre saye, et autres semblables commandemens , n'empeschent pas qu'un Chrestien ne puisse plaider devant le Magistrat, et recourir à la justice pour maintenir le sien , liv. 4, chap. 20, sect. 20. Que sainct Paul ne condamne pas tous Plaidoyers en général , mais reprend une ardeur désordonnée de plaidoyer qui estoit en l'Eglise de Corinlhe, liv. 4, chap. 20, sect. 21.
Du dernier Jugement.
De la présence visible de Christ quand il apparoistra au dernier jour du Jugement des vifs et des morts : et qu'à bon droict nostre foy est addressée à attendre ce jour-là et y penser. Item, de la singulière consolation qui en revient à nos consciences, liv. 2, chap. 16, sect. 17, 18. De l'horreur incompréhensible de la vengence de Dieu qui s'exécutera sur les iniques au dernier jour, liv. 3, chap. 25, sect. 42.
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Des Juremens ou Sermens.
L'exposition du troisième commandement, qui contient trois choses : asçavoir que nous ne pensions et ne parlions rien de Dieu sinon révéremment et avec grande sobriété : que nous n'abusions point de sa parole et saincts Sacremens: finalement que nous ne mesdisions ou détractions de ses œuvres, liv. 2, chap. 8, sect. 22. La définition de Jurement : où il est monstre que c'est une espèce de glorifier Dieu: et que pourtant il nous faut prendre garde que nos Juremens n'emportent profanation du nom de Dieu (ce qui advient quand on se perjure) ou mespris ; ce qui est en sermens superflus, où esquels on prend le nom d'autre que de Dieu, liv. 2, chap. 8, sect. 23, 24, 25. Il est prouvé par PEscriture à rencontre des Anabaptistes, que tous sermens ne nous sont pas défendus, et que Jésus-Christ en son Evangile n'a rien changé de la reigle des Juremens prescrite en la Loy, liv. 2, chap. 8, sect. 26. Ce qui est con fermé par ce qu'il en a luymesme usé. Item, que non-seulement les Juremens publiques et solennels, mais aussi les particuliers sont permis, pourveu qu'on y observe la modération contenue en la Loy, liv. 3, chap. 8, sect. 27.
De la Justification de la Foy.
De la Justification de la Foy, et premièrement de la définition du mot, et de la chose, liv. 3, chap. 11. Que la doctrine de la Justification de la Foy est un point de grande importance , liv. 3, chap. 1 1 , sect. 1 . Il est monstre par l'Escrilure, que c'est que signifie estre justifié par les œuvres, ou par la Foy, liv. 3, chap. 11, sect. 2, 3, 4. Réfutation de la resverie d'Osiander touchant la justice essentielle qu'il attribue aux fidèles : qui est pour empescher les povres âmes de gouster à bon escient la grâce gratuite de Christ, liv. 3, chap. 11, sect. 5, 6, 7, et autres suivans jusques à la 13.
Réfutation de l'erreur d'Osiander, que Jésus-Christ estant Dieu et homme, nous a eslé fait justice au regard de sa nature divine , et non pas humaine , liv. 3 , chap. 11, sect. 8, 9. Contre ceux qui
imaginent une justice composée de la Foy et des œuvres, il est monstre que l'une estant dressée, nécessairement l'autre est mise bas, liv. 3, chap. 1 1 , sect. 1 3, 14, 15, 16, 17, 18. A rencontre des Sorbonistes il est prouvé par l'Escrilure que c'est une maxime bien certaine , Que nous sommes justifiez par la seule Foy, liv. 3, chap. 11, sect. 19, 20. Item, que la justice de la Foy n'est autre chose que réconciliation avec Dieu, laquelle consiste en la rémission des péchez seulement, liv. 3, chap. 11, sect. 21, 22. Que c'est par le seul moyen de la justice de Christ que nous sommes justiliez devant Dieu, liv. 3, chap. 1 1 , sect. 23. Que pour estre persuadez à bon escient de la Justification gratuite, il nous convient eslever nos esprits au siège judicial de Dieu, devant lequel rien n'est acceptable, sinon ce qui est du tout entier et pur de toute macule, duquel la majesté espovantable est descrite de plusieurs passages de l'Escrilure , liv. 3, chap. 12, sect. 1, 2. Il est monstre par des passages de sainct Augustin et sainct Bernard, que tous les Docteurs chrestiens donnent bien à entendre, que quand il est question de venir devant Dieu, le refuge unique des consciences est en la miséricorde gratuite de Dieu, sans y mesler aucunement la fiance des œuvres, liv. 3, chap. 12, sect. 3. Qu'il est requis de considérer deux choses en la Justification gratuite: asçavoir que la gloire de Dieu soit confermée en son entier; ce qui est quand on le recognoist seul juste : car quiconques se glorifie en soy, cestuy-là se glorifie contre Dieu, liv. 3, chap. 13, sect. 4, 2. Et que nos consciences puissent avoir repos et asseurance devant son jugement, liv. 3, chap. 13, sect. 3, 4, 5. Quel est le commencement de la Justification, et quels en sont les avancemens continuels, liv. 3, chap. 14, tout au long. Un brief sommaire du fondement de la doctrine chrestienne, prins de sainct Paul : où est monstre qu'il nous faut arrester en Christ seul, l'appréhendant par Foy, liv. 3, chap. 15, sect. 5. Et que tous bons Ministres ayans mis ce fondement, peuvent là-dessus baslir bien et deuement; soit qu'il fale enseigner et ex-
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horter, soit qu'il fale consoler, liv. 3, chap. 45, sect. 8. Que la doctrine de la Justification de la Foy n'abolit point les bonnes œuvres, liv. 3, chap. 4 6, sect. 4. Que c'est une menterie, de dire que nous destournons les cœurs des hommes d'affection de bien faire, en leur ostant la fantasie de mériter, liv. 3, chap. 46, sect. 2, 3. Que c'est une calomnie frivole, de dire que nous convions les hommes a pécher, en preschant la rémission des péchez gratuite, en laquelle nous colloquons toute justice, liv. 3, chap. 4 6, sect. 4. En quel sens c'est que l'Escriture dit quelquesfois , Que les fidèles sont justifiez par les œuvres, liv. 3, chap. 4 7, sect. 8, 9, 4 0, 4 4, 4 2. Item, que ceux qui font la Loy sont juslitiez , liv. 3, chap. 47, sect. 4 3. Item, queceluy qui chemine en intégrité, est juste, liv. 3, chap. 47, sect. 45. L'exposition de certains passages, où les fidèles offrent hardiment leur justice à Dieu pour estre examinée, et désirent de recevoir sentence selon icelle : où est monstre que tels passages ne sont point contraire à la Justification gratuite de la Foy, liv. 3, chap. 47, sect. 14. Item, ne semblablement ceste sentence de Christ, Si tu veux entrer en la vie, garde les commandemens, liv. 3, chap. 4 8, sect. 9.
Des Larrecins.
L'exposition du huitième commandement en laquelle est traitté des diverses espèces de larrecins, et d'aucunes qui sont tenues pour larrecins devant Dieu , combien que les hommes en jugent autrement : et mesmes, que quiconques ne s'acquitte point envers les autres du devoir que porte sa vocation, cestuy-là est larron, liv. 2, chap. 8, sect. 45. Comment c'est qu'il nous faut faire pour obéir à ce commandement, chacun en son endroiet selon sa condition et vocation, liv. 2, chap. 8, sect. 46.
De la Liberté chreslienne.
Combien nous est nécessaire la cognoissance d'icelle, liv. 3, chap. 4 9, sect. 4. Que la Liberté chreslienne con-
siste en trois points : le premier est traitté liv. 3, chap. 4 9, sect. 2, 3. Le second, sect. 4, 5, 6. Le troisième, sect. 7, 8. Que la Liberté chrétienne est une chose spirituelle : et que tous ceux-là la prenent mal, qui en font une couverture pour satisfaire à leurs cupidilez désordonnées , ou qui en abusent avec scandale de leurs frères infirmes, liv. 3, chap. 19, sect. 9, 10.
De la Loy.
Quela Loy, c'est-à-dire la forme de religion telle que Dieu a publiée par la main de Moyse, n'a pas esté donnée pour arrester le peuple ancien à soi, mais pour nourrir l'espérance de salut qu'il devoil avoir en Jésus- Christ, jusques à ce qu'il vingt. Ce qui est monstre par ce que tant souvent en Moyse il est fait mention de l'alliance : item , par l'ordonnance des cérémonies, tant en sacrifices qu'en lavemens: item, parledroict de Sacriticature en la lignée de Lévi, et la dignité royale à David et sa postérité. Que mesmes la Loy des dix commandemens fut donnée afin de préparer les hommes à chercher Jésus-Christ, liv. 2 , chap. 7, sect. 4, 2. Ce qu'elle fait quand nous amenant là, que nous demeurons de tous coslez convaincus de nos péchez, elle nous rend par ce moyen tant plus inexcusables, pour nous soliciter à demander pardon, liv. 2, chap. 7, sec!. 3, 4. Il est prouvé par l'Escriture , que l'observation de la Loy est impossible, et déclairé comment cela se doit entendre, liv. 2, chap. 8, sect. 5. Que l'office et usage de la Loy qu'on appelle Morale, consiste en trois parties. La première, qu'en nous monstrant la justice qui est agréable à Dieu , elle nous est comme un miroir , auquel nous contemplons nostre foiblesse , en après l'iniquité qui procède d'icelle, finalement la malédiction qui est faite des deux : et que cela n'est point au déshonneur de la Loy, mais à la gloire de la boulé de Dieu, laquelle nous subvient par aide de la grâce à faire ce qui nous est commandé en la Loy et efface nos fautes usant de miséricorde. Et que néantmoins cest office de la Loy a aucunement lieu , mesmes es réprouvez, liv. 2, chap. 7, sect. 6, 7, 8, 9. L'autre partie est , que
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par crainte de punition elle réprime les meschans, afin qu'ils ne se desbôrdenl à mettre en exécution la perversité, laquelle ils ne laissent pas de nourrir tousjours en leur cœur, et aimer. Item, qu'elle retire de dissolution exlerne les enfans de Dieu avant qu'ils soyent régénérez , liv. 2 , chap. 7, sect. 10,11. La troisième regarde les fidèles. Car combien qu'ils ayent la Loy escrite du doigt de Dieu en leurs cœurs elle leur sert toutesfois encores en deux sortes. Car en la méditant ils sont tousjours de plus en plus confermez en l'intelligence de la volonté du Seigneur et solicitez voire mesmes fortifiez à obéir, afin que la nonchalance de la chair ne les abastardisse, liv. 2, chap. 7, sect. 12, 13. Car quant ù la malédiction de la Loy, elle est abolie pour le regard des fidèles, pour ne se desployer plus contre iceux à les damner et destruire, liv. 2, chap. 7, sect. 14. Des dix commandemens de la Loy nous apprenons les mesmes choses, desquelles nous avions seulement quelque goust par la loy de nature , asçavoir premièrement que nous devons à Dieu révérence, amour, crainte : qu'il prend plaisir à justice, iniquité luy desplaist, en après qu'en examinant noslre vie à la reigle de la Loy, nous nous trouvons indignes de retenir nostre lieu entre les créatures de Dieu et qu'en considérant nos forces, non-seulement elles sont insuffisantes à accomplir la Loy, mais du tout nulles. L'un et l'autre engendre en nous humilité: qui nous enseigne à recourir à la miséricorde de Dieu, et demander l'aide de sa grâce, liv. 2, chap. 8, sect. 1, 2, 3. Pource que Dieu est Législateur spirituel (c'est-àdire ne parle pas moins à l'àme qu'au corps) la Loy aussi ne requiert pas seulement une honnesteté extérieure , mais une justice intérieure et spirituelle, voire mesmes une pureté angélique, liv. 2, chap. 8, sect. 6. Ce qui est prouvé par l'exposiiion que Christ luy-mesme en baille, en réfutant la fausse glose des Pharisiens, qui ne preschoyent qu'une observation extérieure seulement de la Loy, liv. 2, chap. 8, sect. 7. Les commandemens et défenses de la Loy contienent tousjours plus que les paroles
n'expriment. Et pourtant, pour avoir la droicte et vraye exposition d'iceux, il faut considérer quelle est la raison et la lin d'un chacun. Puis après, de ce qui est commandé ou défendu , il nous en faut tirer un argument au contraire, en sorte que nous entendions que quand quelque mal est défendu, par mesme moyen le bien contraire à ce mal est commandé, liv. 2, chap. 8, sect. 8, 9. Pourquoy c'est que Dieu en ses dix commandemens a parlé ainsi briefvement, entendant beaucoup plus qu'il n'exprimoit, liv. 2, chap. 8, sect. 10. De la division de la Loy en deux tables, et que par icelle sommes enseignez que le service de Dieu est. \e premier fondement de justice , voire mesmes l'âme, liv. 2, chap. 8, sect. 11. De la division des dix commandemens, et combien il en faut mettre en la première table, combien aussi en la seconde, liv. 2, chap. 8. sect. 12, 50. L'exposition des commandemens de Dieu, où il est monstre d'entrée que le Seigneur au commencement de sa Loy use de trois argumens pour confermer la majesté d'icelle. Car premièrement en s'attrihuant puissance souveraine et droict de nous commander, il nous astreint comme par nécessité à luy obéir: et puis en nous promettant sa grâce, il nous attire comme par douceur : et pour le troisième , réduisant en mémoire le bien qu'il a fait à ses serviteurs, les solicite à luy complaire et n'estre point ingrats, liv. 2, chap. 8, sect. 13, 14, 15. Que la Loy n'enseigne pas quelques pelis commencemens seulement, et comme rudimens de justice, ains un vray accomplissement d'icelle, une conformité à l'image de Dieu, e. une perfection de sainctelé, qui consiste toute en deux points, asçavoir en l'amour de Dieu et du prochain, liv. 2, chap. 8, sect. 51. De la Loy de nature. Voyez liv. 2, chap. 2, sect. 22.
Des Loix politiques, c'est-à-dire qui concernent la police entre les hommes.
Les Loix ne peuvent consister sans le Magistrat, ne le Magistrat sans les Loix. Réfutation de l'opinion de ceux qui disent qu'une République n'est point bien dressée , si elle n'est gouvernée par les
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Loix politiques de Moyse : et à ceste tin toute la Loy de Moyse est divisée en trois parties: asçavoir en mœurs, cérémonies et jugemens : de chacune desquelles le ' ni est déclairé, et par là est monstre qu'il est libre ;i chacun peuple de faire des Loix politiques , liv. 4 , chap. 20, seet. 14, 15. Pourveu qu'elles soyent compassées à ceste équité naturelle, qui est déchirée en la Loy morale de Moyse. Et par ainsi que les Loix qui prescrivent la punition des mesfaits, peuvent estre diverses , et changer selon le pays, le temps et autres circonstances. Ce qui est déclairé par exemples, liv. 2, chap. 8, sect. 6.
Des Magistrats.
Que la charge des Magistrats est nonseulement saincte et légitime, mais aussi îrèssacrée et honorable entre toutes les autres : ce qui est prouvé par divers liltresd'honneurdesquels l'Escriture l'orne, et par les exemples des saincts personnages, qui ont eu dominations, et exercé estats concernans la police terrienne , liv. 4, chap. 20, sect. 4. Que ceste considération est un aiguillon aux Magistrats tidèles pour les soliciter à bien faire leur devoir, et une consolation merveilleuse pour leur faire, prendre en patience les ditficultez et fascheries qu'ils ont à porter en leur office, liv. 4, chap. 20, sect. 6. Réfutation de l'opinion de ceux qui disent que d'autant que la façon d'estre gouvernez par Rois et Juges est servile, combien qu'elle ait eu lieu anciennement entre le peuple de Dieu sous la Loy, ne convient point toutesfois à la perfection que Christ a apportée avec son Evangile, liv. 4, chap. 20, sect. 5, 7. Que ceux qui ne veulent point que les Magistrats ayent soin des choses appartenantes à la religion , s'abusent bien fort : veu que l'office d'iceux s'estend à toutes les deux tables de la Loy. Item, est monstre par l'Escriture , qu'ils sont constituez protecteurs et conservateurs tant du service de Dieu que de la paix et honnestelé publique, dequoy ils ne se peuvent pas du tout acquitter sans user
d'armes et de la puissance du glaive, liv. 4 , chap. 20, sect. 9. Une question', Comment c'est que les Magistrats sans laisser d'estre tidèles, peuvent desployer le glaive et espandre le sang. Laquelle est résolue suyvant l'Escriture, et est monstre que tant s'en faut qu'ils pèchent de punir les mesehans, qu'au contraire c'est une des vertus royales, et un bon tesmoignage de la piété et crainte de Dieu, qu'ils ont. Au reste, qu'il y a deux vices desquels ils se doyvent garder en cest endroict, asçavoir de sévérité désordonnée, et folle et superstitieuse affectation de douceur, liv. 4, chap. 20, sect. 10. Le devoir des sujets envers les Magistrats est premièrement d'avoir en grande estime et honneur leur estât, comme de gens qui sont serviteurs et lieutenans de Dieu : voire quant à l'office et dignité où ils sont constituez, et non pas qu'il fale tenir pour vertus les vices des seigneurs et supérieurs, liv. 4, chap. 20, sect. 22. Secondement, que les ayaus ainsi en honneur et révérence, ils se rendent sujets à eux en toute obéissance soit qu'il fale obéira leurs ordonnances, soit qu'il fale payer imposts, soit qu'il fale porter quelque charge publique, etc. Pour le troisième, qu'ils recommandent à Dieu par prières la conservation et prospérité d'iceux, qu'ils ne facent point d'esmotions et n'entreprenent témérairement sur l'oftice du Magistrat, liv. 4, chap. 20, sect. 23. Que s'il y a un mauvais Prince, de vie dissolue, et exerçant une domination tyrannique, les sujets néantmoins luy doyvent porter aussi grande révérence (quant à ce qui appartient à l'obéissance deue à sa supériorité) qu'ils feroyent à un bon Roy s'ils en avoyent un, liv. 4, chap. 20, sect. 24, 25. Pource que ce n'est pas sans la Providence de Dieu et opération spéciale, que tels aussi vienenl à estre eslevez en puissance publique: ce qui est contenue par plusieurs aulhoritez et exemples de l'Escriture, et est monstre quelles considérations doyvent prendre pour réprimer toute impatience, les povres sujets qui vivent sous tels mesehans tyrans, et qui sont sans crainte de Dieu, liv. 4, chap. 20, sect. 26, 27, 28; 29, 31 . Qu'il n'est pas permis aux
personnes privées de s'eslever contre les tyrans, ains seulement à ceux qui selon les loix du royaume ou du pays, sont protecteurs et détenseurs de la liberté du peuple, liv. 4, chap. 20, sect. 31. Que le Seigneur par sa merveilleuse bonté, puissance et providence, suscite aucunesfois de ses serviteurs, qui facent l'exécution de sa vengence sur les tyrans : quelquesfois il addresse à cela la fureur d'aulres meschans qui machinoyent autre chose, liv. 4, chap. 20, sect. 30. En l'obéissance qui est deue aux Rois et autres supérieurs, il y a tousjours une exception à faire : c'est que cela ne nous destourne point de l'obéissance que nous devons à Dieu. Et qu'on ne leur fait point de tort en refusant de leur obéir en ce qu'ils commandent contre Dieu: item, que c'est nostre devoir d'ainsi faire , quoy qu'il nous puisse venir grand danger d'une telle constance, liv. 4, chap. 20, sect. 32.
Du Mariage.
L'exposition du septième commandement, auquel le Seigneur défend paillardise, et requiert de nous chasteté et pureté, laquelle nous devons nourrir et conserver et de cœur et de regard, et par accouslrcmens convenables, et honnesteté en paroles, et altrempance au boire et au manger, liv. 2, chap. 8, sect. 41, 44. Que continence est un don singulier de Dieu, lequel il ne donne point à tous, mais à certaines personnes, et quelquesfois pour un temps seulement : et que ceux ausquels il n'est pas donné, doyvent piécisément recourir au Mariage, qui e.-t le remède ordonné du Seigneur pour la nécessité humaine, liv. 2, chap= 8, sect. 41, 42, 43. Il faut que ceux qui sont mariez advisent de ne rien faire qui soit conlraire à la saincteté et honnesteté du Mariage : autrement ils semblent plustost estre paillars de leurs femmes, que nonpasmaris,liv.2,chap.8,sect. 44. Que les Papistes s'abusent en appelant le Mariage Sacrement : desquels aussi les raisons sont réfutées, liv. 4, chap. 19, sect. 34. Il est monstre que le passage de sainct Paul, duquel ils se pensent couvrir, ne leur sert de rien, liv. 4, chap. 49,sect. 35. Et que cependant ils se con-
tredisent eux-mesmes, en défendant ce Sacrement à leurs prestres, en disant que c'est une immondicilé et pollution de la chair, liv. 4, chap. 19, sect. 36. Que sous ceste fausse couverture de Sacrement, le Pape et les siens ont tiré à eux la cognoissance et jugement des causes du Mariage : et ont fait des loix touchant le Mariage, en partie meschantes contre Dieu, en partie injustes contre les hommes, lesquelles sont récitées au liv. 4, chap. 19, sect. 37. De l'impudence de ceux qui magnifient l'abstinence du Mariage, comme chose nécessaire et un ornement de l'Eglise : en quoy ils font grand déshonneur à l'Eglise ancienne.
Par quels degrez (elle tyrannie est survenue en l'Eglise, et qu'on ne la peut défendre sous couleur de certains Canons anciens, liv. 4, chap. 12, sect. 26, 27, 28. Que quand on a défendu le Mariage aux prestres, c'a esté une meschante tyrannie contre la Parole de Dieu et toute équité, liv. 4, chap. 12, sect. 23. Response à l'objection des adversaires, qu'il faut qu'il y ait quelque marque pour discerner le Clergé d'avec les Laïcs, liv. 4, chap. 12, sect. 24. Que c'est une allégation frivole, de vouloir maintenir ceste défense du Mariage sous couleur de ce que les Sacrificateurs léviliques, quand ils devoyent entrer au Sanctuaire, couchoyent a part d'avec leurs femmes, liv. 4, chap. 12, sect. 25. Le blasphème du Pape, que le Mariage est une immondicité et pollution de la chair, liv. 4, chap. 12, sect. 24.
De l'office de Médiateur entre Dieu et nous, que Christ a.
Qu'il a falu que Christ pour faire office de Médiateur fust fait homme.- pource que Dieu l'avoit ainsi ordonné, sçaehant que ce nous estoil le plus utile : veu que nul autre ne pouvoit estre le moyen de nous réconcilier avec luy, ne nous faire enfans de Dieu, ne nous asseurer de l'héritage du royaume céleste, n'en lieu de nostre désobéissance apporter à l'opposile pour remède obéissance, liv. 2, chap. 12, sect. 1,2, 3. Réfutation de la spéculation extravaganle d'aucuns, qui disent qu'encores que le genre humain
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n'eust point eu besoin d'estre racheté, Jésus-Christ toutesfois n'eust pas laissé d'estre fait homme, et est monstre par plusieurs raisons et tesmoignages, que comme ainsi soit que toute l'Escriture chante haut et clair qu'il a vestu nostre chair afin d'estre nostre Rédempteur, c'est une grande témérité d'imaginer autre cause ou fin, liv. 2, chap. 12, sect.4. Et qu'il ne. nous est pas licite de nous enquérir de Jésus-Christ plus outre : et que ceux qui le font se desbordent d'une audace trop énorme à forger un nouveau Christ. Là-dessus est reprins Osiander, qui derechef a esmeu de nostre temps ceste question et dispute, qu'il n'y a point de passage de l'Escriture qui réprouve ceste opinion, liv. 2, chap. 12, sect. 5. Est réfuté un principe sur lequel il se fonde, asçavoir que l'homme a esté créé à l'image de Dieu, d'autant qu'il a esté formé au patron de Christ, atin de le représenter en la nature humaine: et est monstre qu'il ne faut point chercher l'image de Dieu sinon aux marques d'excellence dont Adam a esté anobly ; laquelle reluit aussi es Anges, liv. 2, chap. 42, sect. 6, 7. La résolution d'autres objections ou absurdilez que ledit Osiander craind : comme que Christ ne seroit nay que par accident, et qu'il auroit esté créé à l'image d'Adam : item, que les Anges eussent esté privez de ce chef, et que les hommes n'eussent point eu Christ pour Roy, au mesme, sect. 7. Comment les deux natures font une seule personne en Christ Médiateur : ce qui est déclairé par la similitude de la conjonction du corps et de l'âme en un homme. Puis est démonstré par plusieurs passages, que l'Escriture attribue quelquesfois à Christ des choses qui compétent particulièrement à la Divinité, aucunesfois des choses qui ne se peuvent rapporter qu'à l'humanité : item, que quelquesfois elle attribue à l'une des natures ce qui appartient à l'autre, laquelle façon de parler est nommée Communication des propriétez, liv. 2, chap. 14, sect. 1 , 2. Aussi que d'autres fois elle attribue à Christ des choses qui comprenent les deux natures ensemble, et ne peuvent pas bien convenir à l'une ou à l'autre séparément:
ce que plusieurs des Anciens n'ont pas bien observé, et toutesfois est nécessaire de noter pour soudre beaucoup de difticultez, et éviter les erreurs de Nestorius et Eutyches, liv. 2, chap. 14, sect. 3, 4. Réfutation de l'erreur de Servet, qui a voulu supposer au lieu du Eils de Dieu, un fantosme composé de l'essence de Dieu, de son Esprit, de chair, et de trois élémens non créez. Son astuce est descouverte, et est monstre (ce qu'il nie) que Christ, mesmes devant qu'il nasquist en chair, estoit le Fils de Dieu, d'autant qu'il est ceste Parole éternelle engendrée du Père devant les siècles, liv. 2, chap. 14, sect. 5. Item est prouvé que Christ est vrayement et proprement Fils de Dieu en la chair, c'est-à-dire en sa nature humaine, toutesfois au regard et pour raison de sa déité, et non pas de la chair, comme Servet gazouille, liv. 2, chap. 14, sect. 6. L'exposition de certains passages que ce vilein-là et ses sectateurs allèguent pour maintenir leur erreur ; aussi est réfutée une autre de ses calomnies, asçavoir qu'en l'Escriture le nom de Fils n'est jamais attribué à la Parole jusques à la venue du Rédempteur, si ce n'est sous ligure, liv. 2, chap. 14, sect. 7. Descouverte de l'erreur de tous ceux qui ne recognoissent point Jésus-Christ Fils de Dieu sinon en chair : où aussi sont récitées sommairement les lourdes illusions de Servet, desquelles il s'est ensorcelé avec plusieurs autres , renversant ce que la saincte foy croit louchant la personne du Fils de Dieu.
Et de là est conclu que ce chien maslin avoit proposé d'esteindre loule espérance de salut par ses illusions, liv. 2, chap. 14, sect. 8.
De Mensonge.
L'exposition du neufvième commandement : auquel le Seigneur réprime toute f;msselé, par laquelle nous blessons la renommée d'aucun, ou empeschons son proufit, soit par Mensonge ou en mesdisant, liv. 2, chap. 8, sect. 47. Que nous ne laissons pas de pécher griefvement en cest endroict, encores que nous ne mentions point. Et que toutesfois il faut bien distinguer la détraction qui est yci
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condamnée, d'avec une accusation judiciaire, ou une répréhension qui se fait pour corriger l'homme, etc., liv. 2, chap. 8, sect. 48.
Des Mérites des œuvres.
Que tout ce qui est dit pour magnifier les Mérites, destruit tant la louange de Dieu que la certitude de nostre salut, liv.
3, chap. 15. Quiconquesale premier appliqué le nom de Mérite aux bonnes œuvres au regard du jugement de Dieu, que cestuy-là n'a pas fait chose expédiente pour entretenir la syneérité de la f-oy. El qu'il est bien vray que les anciens Docteurs en ont usé, mais en telle sorte, que ce pendant ils ont bien monstre en plusieurs passages qu'ils n'attribuoyent point le salut aux œuvres, liv. 3, chap. 15, sect. 2. L'exposition d'aucuns passages, par lesquels les Sophistes s'efforcent de prouver que le mot de Mérite se trouve es Escritures attribuéà l'homme au regard de Dieu, liv. 3, chap. 15, sect.
4. Il est prouvé parl'authorilé de l'Apostre et de sainct Augustin, que le loyer de justice, c'est-à-dire des bonnes œuvres, dépend de la pure bénignité de Dieu, liv. 2, chap. 5, sect. 2. Touchant les Mérites, vous trouverez encores quelque chose sous le mot De la Justiticalion de la foy. H est monstre que c'est une fausse doctrine, de dire que Christ nous a mérité seulement la première grâce, et que nous puis après méritons par nos œuvres, liv. 3. chap. 15, sect. 6, 7.
Du Mérite de Christ.
Que c'est bien parlé et proprement de dire que Christ nous a mérité la grâce de Dieu et salut : où il est monstre que Christ n'est pas seulement instrument ou ministre de nostre salut, mais autheur et prince, et que ceste façon de parler n'obscurcit point la grâce de Dieu, d'autant qu'on n'oppose pas le Mérite de Jésus-Christ à la miséricorde de Dieu :
mais au contraire il en dépend, et pourtant n'y est pas répugnant, liv. 2, chap. 47, sect. 1. La distinction entre le Mérite de Christ et la grâce de Dieu est prouvée par plusieurs passages de l'Escriture, liv. 2, chap. 17, sect. 2. Plu-
sieurs tesmoignages de l'Escriture, par lesquels il appert que Christ par son obéissance nous a acquis faveur envers le Père, et mesmesnous l'a méritée, liv. 2, chap. 17, sect. 3, 4, 5. Que c'est une folle curiosité, de questionner si Jésus- Christ a rien mérité poursoy, et une audace téméraire d'en déterminer, liv. 2, chap. 17, sect. 6.
De la Messe.
Que c'est que la Messe, suyvant la définition de l'Antéchrist romain et de ses prophètes, liv. 4, chap. 18, sect. 1 . La première vertu de la messe, c'est que là il se fait un blasphème et déshonneur intolérable à Jésus-Christ : veu que sa Sacrilicature n'est point recognue eslre éternelle, entant qu'on luy b;iille un autre comme pour successeur. Et est monstre que cela se fait en la Messe, quoy que les Papistes vueillent desguiser les matières, liv. 4, chap. 18, sect. 2. La seconde vertu de la Messe, qu'en dressant derechef un autel elle renverse la croix de Christ, et par nouveau sacrifice elle ensevelit le sacrifice de Christ, lequel est unique, perpétuel, et offert une fois seulement, liv. 4, chap. 18, sect. 3, 9, 14. Exposition d'un passage de Malachie, sur lequel les Missotiers s'efforcent de fonder leur sacrifice de la Messe, liv. 4, chap. 18, sect. 4. La troisième vertu de la Messe, qu'elle efface et oste de la mémoire des hommes la vraye et unique mort de Jésus-Christ, liv. 4, chap. 18, sect. 5. La quatrième, qu'elle nous oste le fruit qui nous prouvenoit de la mort de Jésus-Christ, liv. 4, chap. 18, sect. 6. La cinquième qu'elle oste, perd et abolit la sacrée Cène, en laquelle nostre Seigneur avoit laissé la mémoire de sa passion engravée et imprimée, liv. 4, chap. 18, sect. 7. De l'origine du nom de Messe, liv. 4, chap. 18, sect. 8. Qu'on ne peut maintenir le sacrifice de la Messe par l'aulhorité des docteurs anciens. Car combien qu'ils ayent nommé la Cène Sacrifice, c'est toutesfois en autre sens que les Papistes : et qu'encores néantmoins il semble bien que les Anciens en cela se sont trop destournezaux ombres de laloy, liv. 4, chap. 18, sect. 10, 41. Que plu-
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