‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 106 sur 703 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ses (Eecles. 7. 29). Par cela il apparoit qu'il tant imputer à l'iiomme seulement sa ruine, veu qu'il avoit eu «le la yiaee de Dieu une droiture naturelle, et que par sa folie il est trebusché en vanité.

11. Nous disons donqucs que l'homme est naturellement corrompu en perversité : mais (|ue ceste perversité n'est point en luy de nature. Nous nions (pi'elle soit de nature, alin de monstrcr <iue c'est plustost une (lualilé survenue a riiomme, qu'une propriété de sa substance, laquelle ait esté dés le connnencement enracinée en luy : toutesibis nous l'apitellons naturelle, alin qu'aucun ne pense qu'elle s'accpiiertd'un chacun par mauvaise coustume et exemple, comme ainsi soit cpi'elle nous envelopiio tous dés mistre première naissance. Et ne parlons pas ainsi sans autheur : car par mesme raison l'Apostre nous appelle tous Héritiers de l'ire de Dieu par na-

ture (Ephes. 2, 3). Comment Dieu seroit-il courroucé à la plus noble de ses créatures, veu que les moindres œuvres qu'il a faites luy plaisent ? mais c'est que plustost il est courroucé à rencontre de la corruption de son œuvre, que contre son œuvre. Si donc l'homme non sans cause est dit naturelhMiienl estre al)ominable à Dieu, à bon droit nous pouiTons dire que naturellement il est vitieux et mauvais. Comme saincl Augustin ne fait point de difliculté, à cause de nostre nature corrompue, d'appeller Péchez naturels, lesquels régnent nécessairement en nostre chair quand la grâce de Dieu nous défaut. Far ceste distinction est refutée la folle resverie des Manichéens, lesquels imaginans une i)erversité essentielle en l'homme, le disoycnt estre créé d'un autre que de Dieu, afm de n'attribuer a Dieu aucune origine de mal.

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