CHAPITRE III
tombé en poché : inaintonanl (|U0 la CKrruption (|ui s'en l'st i'iisiiy\ieafait(l(' liliiTlé iiei'cssité. *^ Ht toutes l'nis d (|iiaiites (iii'il eiitri' en ce propos, sans dillicultéil declaiic ipi'il \ a en nous une servitude nécessaire à pécher. *■ 11 nous faut donc observer ceste distinction: c'est ([Ué riionuiit', après avoir esté curiduipu par sa cliente, pèche volontairement, et non pas maugré s(tn co'ur, ne par contrainte : (pi'il pech(\ dy-je. par une alïcction tresencline, et non |)as estant contraint de violence: cpi'il pèche du mouvement de sa propre cupidité, et non pas estant contraint d'ailleuis : et neantnioins (pie sa nature est si perverse, (pi'il ne |)eut estre esmcu, lioussé, ou mené simm au mal. Si cela est vray, il est notiiire ipi'il est sulijt'l a m'cessité do pocher. Sainct lioinartl, s'accordant a la iloctrino lie sainct Augustin, parle ainsi: L'iiunimo seul est libre entre les animaux, et toutoslois le péché estant survenu, il soutire assez (piel(|ue elîort, mais de volonté, non jioint ilo nature : en sorte qu'il n'est point ])rivé de la liberté qu'il a do naissance: car ce (pii est volontaire, est aussi libre. Et un |iotit après, La Noionte estant clian- ^^ée en mal par le péché, de je ne say quelle façon estranye et pervei'so se fait ime nécessité: laipielle estant \olontaire, no peut excuser la \olonté: et la volonté aussi alléchée ne peut exdurre la nécessité: car ceste nécessité est comme volontaire. En après il dit que nous sommes opprimez (l'uiijou.u: toutoslois non [)as autre que de servitude volontaire : et pourtant (pi'au re;:ard de la ser\ itudo nous sonnnos uiisorables. au regard de la \ olonté nous sommes inexcusables, veu qu'estant franche, elle s'est fait serve de péché. Finalement il conclud : L'aine donques sous ceste nécessité volontaire et d'une lib-rté pernicieuse est détenue serve, et demeure libre d'une façon estrange et bien mauvaise: serve |iour la nécessité, libre pouila \ olonté. Et ce (pii est encores ])lus inor\oilloux et plus misérable, elle est coulpable pource qu'elle est libre, et est serve pource (|ue c'est par sa coulpe : et ainsi elle est serve d'autant qu'elle est lilire. *^ On voit parées tesmoignagos que je ne mets rien de nouveau on avant: mais rocito ce ipn- jadis sainct .\ugustin udus a laisse par escrit du cijnsentemont connium dos .saincts Docteurs, et ce qui est demeuré presque mille ans a|)res aux doi.stres des moines. Or le maistre des Sentences, pour n'avoir seu distinguer entre Contrainte et Nécessité a ouvert la [)orte a ccst erreur, qui a esté une peste mortelle à l'Eglise, d'estimer que l'IiomiMo ponvoit éviter le poché, pource (pi'il poche IVanchomont.
6. Il est expédient de regarder à l'opposito «piel est lo remède de grâce, j»ar lo(piol nostre perversité est corrigée et gairie. Car coimne ainsi soit (jue le Seigneur en nous aidant nous élargisse ce qui nous défaut: quand il apparois-
tra quelle est son œuvre en nous, il sera aussi aisé d'ontondro (piollo est nostre povroté. Quaml l'Apostre dit aux l*liili[)pions, (|u'il a bonne confiance que celuy qui a connnoncé une bonne œuvre en eux, l'achèvera jus(pies au jour de Jésus Christ (Phil. l.O): il n'y a nulle doute que par ce conunonconiont do bomio (ouvio il signifie l'origine de leur conversion, c'est quand leur volonté a esté tournée à Dion. Parquoy lo Soigneur commence on nous son o-uvro, inspirant en noz coeurs l'amour, le désir et estude de bien et de justice: ou pour parler plus proprement, enclinant, formant, et adressant noz c(ours ;i justice. Il parachevé son (ouvre nous conformant a persévérance. Et alin (|uc personne ne caville (pic lo liion est commencé (Mi nous de Dieu, d'autant ([uo nostio \ olonté, hKpioiio soi oit de soy trop infirme, est aidée de luy : le sainct Esprit doclairo en un autre lieu (pie vaut nostre ^ olonté osUmt abandonnée à soymcsme: Je vous donneray, dit-il, un nouveau cœur, je creeray mi esprit nouveau en \ous: j'osteray le C(Pur de pierre (|ui est ou Vdus. et vous en donneray un do chair : je motlray mon Esprit en vous, et vous feray clieminer en mes commandemens (Ezocb. 36. 26). Qui est-ce maintenant (pii dira ([ue seulement l'inlirmité de la volonté humaine est conformée, afin d'aspirer vertueusementàclirelo bien, quand nousvoyons qu'il faut (pi'ollc soit (lutotit loforméo et ronouvollée ? Si la pierre est si mollo (pi'en la maniant on la puisse fléchir en telle forme ipTon voudra, je ne nie point (pio le cœur do l'homme n'ait (luolque facilité et inclination pour oboir a Dieu, moyennant que son infirmité soit conformée. Mais si nostre Seignem" par ceste similitude a voulu monstrer (|u'il est impossible do rien tirer de bien de ' nostre cœin', s'il n'est fait tout autre, ne i)arlissons point entre luy et nous la louange laquelle il s'attribue ;i luy s(>ul. Si donc quand lo Seigneur nous convertit a bien, c'est comme si on transmuoit une pierre en chair, il est certain que tout ce qui est de nostre propre volonté est aboly, et tout ce qui succède est do Dieu. Je dy (jne la volonté est abolie, non pas entant (pi'elle est volonté: car on la conversion i\i' l'homme, ce (piiest t\o la promioro nature demeure. Je dy aussi (lu'oUo est créée nouvollo : non pas pour commencer d'estre volonté, mais pour estre convertie do mauvaise on bonne. Je (ly(iue tout cela se fait entièrement île Dieu, pource que, tesmoin l'Apostre, nous no sommes pas idoines à concevoir une seule bonne pensée (2 Cor. 3, o). A (pioy rosponil ce (pi'il dit ailleurs, que non seulement Dieu aydo et suli\ionta nostre volonté débile, ou corrige la malice d'icelle, mais qu'il crée et met en nous lo vouloir (Pliil. i, 13). Dont il est aisé a recueillir ce (pio j'ay dit, ({ue tout ce qui est de bien au cœur humain, est œuvre de pure grâce. En ce sens aussi il pro-