CHAPITRE III
pouvent amener de l'Escriture pour contonner noslro sontonci\ iiioyciiii.'int que nous clioisissions ceuv (|ui pnurioiit lairc ouNcrlure pour enteiuire les autres. D'autre part je pense (lu'il ne sera point niau\ais de nionstrer eNidemincnt (jnelle eonvenanee j"ay axec ce sainet huniine, auipiel l'Ej^dise à bon droit porte révérence. (Certes (|ue l'oiiyine du bien ne soit point d'ailli'urs que de Dieu seul, il apjiert par raison eert.iine et facile : car la volontc ne se trouveia pas .ncline à bien sinon au\ esleus. Or la cause de l'etection doit esire clierclicc hors des lioninies: dont il s'ensuit (pie nul n'a droite Nolonlodo >o\ niesme, et (ju'elle luy procède de la mcsme laveur |,^ratuite dont nous sonunes esleus devant la création 'lu monde. 11 y a une autre raison ([uasi semblable. Car puis iiue le commencement de bien vouloir et bien faire est de la foy, il faut savoir ilont ^ient la foy mesme. Or puis (lue l'Escriture prononce par tout haut et clair (|ue c'est un don f,aatuit, il s'ensuit assez que c'est par pure grâce que nous commençons à vouloir le bien : nous, dis-je. (|ui sonunes de tout nostre cœur naturellement adonnez à mal. Le Seigneur donc, quand il met ces deux choses en la conversion de son jjeujtle. (]u'il luy ostera son co'ur de pierre, et luy en doimcra un de diair : tesnioigne apertement qu'il faut que tout ce qui est de nous soit aboly. ])our nous amener a bien, et que tout ce qui est substitué au lieu, procède de sa grâce. Et ne dit pas cela seulement en un lieu : car nous avons aussi en Jeremie. .le leur donneray un cœur et une voye, afin qu'ils me craignent toute leur vie. Et un peu ipres, Je mcttray la crainte de mon Nom en leurs cœurs, a ce ((u'ils ne se destournent jjoint de moy (Jer. 'M. ^iU). Item en Ezechiel, Je donneray un riesme cœm* à tous, et creeray un nouvel esprit en leurs entrailles. Je leur osteray leur co"'ur de ])ierre. et leur donneray un conir de chair (Ezecli. 11, 19). 11 ne nous pourroit mieux oster la louange de tout ce (jui est bon et droit en nostre volonté pour le s'attribuer, (pie quand il appelle nostre conversion, une création de nouvel esprit et de nouveau cœur. (]ar il s'ensuit tousjours, qu'il ne peut rien procéder de bon de nostre volonté, jusques à ce qu'elle soit reformée : et après, (jue la reformati(m, entant qu'elle est bonne, est de Dieu, non pas de nous. 9. Et ainsi nous voyons rpie les Saincts ont prié : comme (|uand Salomon disoit, Que le Seigneur encline noz cœurs à soy, afin (pie nous le craignions, et gardions ses commandemens (1 Rois 8, o8): il monstre la contumace de nostre c(pur, en ce que naturellement il le confesse estre rebelle contre Dieu et sa Loy, sinon qu'il soit tlesclii au contiaire. Autant en est-il dit au Pscaume, 0 Dieu, encline mon co'ur en tes statuts (Ps. 119, 36). Car il faut tousjours noter l'opposition qui se fait entre la perversité qui
nous pousse à mal et rébellion contre Dieu, et le changement par le(pie| nous soninn^s ivduits à son sei'\ice. Or (juand David, sentant (jue pour un temps il a\oit esté privé et destitué de la conduite de la grâce de Dieu, requiert au Seigneur (ju'il crée en luy un nouveau C(eur, et qu'il renouvelle un droit esjjiit en ses entrailles (Ps. ol. 1-2): ne recognoit-il point que toutes les parties de son conir sont |)leines d'immondicité et de souilleure, et (pie s(jn esprit (>st enveloppé en perversité? Davantage, en ai)pellant la pureté (pi'il .lesire. Créature de Dieu, il luy attribue toute la vertu d'icelle. Si quelcun réplique que ceste prière est un signe d'une alTection bonne et saincte : la solution est facile,, assavoir combien que David fust desja en pai'fii^ i-anuMié au bon chemin, touteslois (pi'il conqiare l'Iioirible ruine en laquelle il cstoit trebusehé, et huiuelle il avoit sentie, avec son estât ])remier. Ainsi prenant en soy la personne d'un liomme estant aliéné de Dieu, il ne requiert point sans cause que tout ce que Dieu donne à ses esleus en les régénérant, soit accomply en luy. Et par conséquent estant semblable a un mort, il désire d'estrc créé de nouveau, afin d'estre fait d'esclave de Satan, organe du sainct Esprit. C'est une chose merveilleuse que de nostre orgueil. Dieu ne requiert rien plus estroitement, sinon (lue nous observions son Sabijat, assavoir en nous reposant de toutes noz o'uvres: et il n'y a ricn(]u'on tire de nous avec plus grande difficulté (pie cela, c'est qu'en quittant toutes noz (ouvres, nous donnions lieu aux siennes. Si ceste rage ne nous empeschoit, le Seigneur Jésus a donné assez ample tesmoignage a ses grâces, à ce qu'elles ne soyent obscurcies. Je suis, dit-il, la vigne, vous estes les ceps, et mon Père le vigneron (Jean lo, 1). Comme le cep ne peut porter fruit de soy, sinon qu'ildemeureenlavigne: ainsi vous, si vous ne demeurez en moy: car sans moy vous ne pouvez rien faire. Si nous ne fructifions de nous, non plus que fait un cep arraché de terre, et privé de toute humeur: il ne faut i)lus maintenant emiuerir combien nostre nature est propre à bien faire. Et aussi ceste conclusion n'est point douteuse, que sans luy nous ne pouvons rien faire. Il ne dit pas que nous soyons tellement inlirmes (jue nous ne pouvons suffire: mais en nous réduisant du tout à néant, il exclud toute fantasie de la moindre puissance du monde. Si estans entez en Christ, nous fructifions comme un cep de vigne, lequel prend sa vigueur tant de l'humeur de la terre, comme de la rosée du ciel, et de la chaleur (Ju soleil, il me semble qu'il ne nous reste aucune portion en toutes bonnes oHivres, si nous voulons conserver à Dieu son honnem' entièrement. C'est en vain qu'on prétend ceste subtilité, qu'il y a quelque humeur enclose au cep, qui est pour le faire produire