‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 145 sur 703 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

gnée à ton fils (1 Rois 11. 12. 31. 39). Ce i)ropos est réitéré et dea\ et trois fois : et notainment ce mot est adjousté. J'afflijîeray la semence de David, mais non pas à t(»usjours. Qiiehiue temps aprrs il est dit<iue Dieu avoit laissé une lampe en Jérusalem pour l'amour de David son servi-, leur, afin de luy susciter semence, et de garder Jérusalem (1 ilois l'i, Vi. Mosmes comme les choses teniidvent a ruyiie et extrême conlusion, derechef il fut d'à (2 Rois 8, 19), que Dieu n'avoit point voulu espardre la lignée de Juda à cause . de David son serviteur, auquel il avoit prt)mis de donner une lampe, et 4 ses enfans a perpétuité. La somme de ce propos revient là, que Dieu a eleu David seul pour faire reposer en luy sa faveur et amour : comme il est dit en l'autre pas.sage. Il a rebouté le tabernacle de Silo et de Joseph, et n'a pas eleu la lignée d'Ephraim, mais celle de Juda, et la montagne de Sion (pi'il a aymée. Il a eleu son serviteur David, pour paistre son peuple et son héritage d'Israël (Ps. 78, tJO. f)7. 70. 71). Bref, Dieu a tellement voulu m.iinteiiir son Eglise, que Testât, b(jn heur, et .salut d'icelle dependoit de ce chef. Et pourtant David s'escrie, L'Eteinel est la force de son peuple, et la vertu du salut de son l>hrisl (Ps. 28, 8). Puis il adjousté une prière : Sauve ton peuple, et béni ton héritage : signifiant par ces mots, (lue tout le bien de l'Eglise est uni d'un lien inséparable avec la sujjeriorité et em- ]iire de Jésus Christ. Suyvant ceste raison il dit aussi ailleurs, 0 Dieu, sauve ! que le Roy nous exauce au jour que nous prierons (Ps. 20, [()). Car il enseigne clairement que les fidèles n'(»nt jamais eu leur recours a l'aide de Dieu en autre fiance, que pource (}u'ils estoyent cachez sous la protection du Roy. Ce que nous pouvons recueillir par l'autre Pseaume : 0 Dieu, sauve ! bénit soit celuy (jui vient au nom de l'Eternel (Ps. 118, 25. 2G); où on voit que les fidèles se sont adressez à Jésus Christ, pour e.sperer d'estre garantis sous la main de Dieu. Au()uel but regarde aussi l'autre prière, où toute l'Eglise inq)lore la miséricorde de Dieu ; 0 Dieu, que Ui main soit sur l'homme de ta dextre, sur le Fils de l'homme que tu as approprié à ton service (Ps. 80, 18). Car combien (pie l'autheur du Pseaume se lamente de la dissipation de tout le peuple, il en demande toutesfois la restauration par le moyen du seul chef. Et (juand Jeremie, après que le peuple a esté transporté en pays estrange, la terre gastée et saccagée, pleure et gemist sur la calamité de l'Eglise : sur tout il fait mention de la désolation du règne, pource qu'en icelle l'espérance des fidèles estoit comme coupée : Le Christ, dit-il, qui estoit l'esprit de nostre bouche, a esté prins a cause de nos péchez, voire celuy auquel nous disions. Nous vivrons sous ton ombre entre les peuples (Lament. 4, 20). Par ceci il estassez liquide, pource

tjue Dieu ne peut estre pro|>ice au genre humain sans (piehjue médiateur, ([u'il a tuusjuurs mis au devant sous la Loy Jésus Christ, afin que les Pères y adressassent leur foy.

3. Or quand il promet quelque soulagement aux aftlictions, sur tmit quand il est parlé de la délivrance de l'Eglise, il fait dresser la banierc de fiance et il'espoir en Jésus Christ. Dieu est sorti, dit Abacuc, pour le .salul de son peuple, voire en salut avec son Christ (Hab. 3, 13). Bref, quand il est fait mention aux Prophètes de la restauration de l'Eglise, le peuple est rai){ielé à la promesse faite à DavitI, quant à la perpétuité du siège royal. Et ce n'est point merveille, veu qu'autrement il n'y eust eu nulle fermeté en l'allianc'^ sur latiuelle ils estoyent appuyez. A quoy se rapporte ceste sentence notable d'Isaie : (^ar en voyant que ce (pi'il annonrait du secours que Dieu vouloit donnei' présentement à la ville de Jérusalem, estoit rejette par le Roy incrédule Achab, sauUmt par manière de dire, d'un proposa l'autre, il vient au Messias : Yoicy, la vierge concevra et cnl'aMlcra un Fils (Is. 7, 14) : signifiant par mots couverts, combien que le Roy et le peuple lejettdycnt par leur malice la promesse (jui leur estoit ollerte, et quasi de ])ropos délibéré s'elTorçoyent à renverser la vérité de Dieu, que toutesfois l'alliance ne seroit point anéantie, que le Rédempteur ne vint en son temps, i'ai'quoy les Prophètes vouians asseurer le peuple qu'il trouveroit Dieu appaisé et favorable, ont tousjours obsersé ce stile, de mettre en avant le règne de David, duquel devoit provenir la rédemption et le salut éternel : comme quand Isaie dit, J'establiray mon alliance avec vous, les miséricordes infaillibles de David (Is. oo, 3) : Yoicy je l'ay donné tesmoin aux peuples. Yoire, il'autant que les fidèles voyans les choses si confuses et désespérées, ne |)ouvoyent espérer (jue Dieu leur fust propice ou enclin à merci, sans qu'un tel tesmoin leur fust produit. Semblablement Jeremie pour remettre sus ceux (|ui estoyent désespérez, Yoici, dit-il, les jours viennent, je susciteray à David un germe juste, et lors Juda et Israël habiteront seurcment (Jer. 23, o. (|). Et Ezechiel de son costé. Je susciteray sur mes brebis un pasteui', assavoir mon serviteur David. Moy l'Eternel je leur seray poui- Dieu, et mon serviteur David pour pasteur. J'establiray avec eux alliance de jiaix (Ezech. 34, 23. 2ri). Item en un autre passage, après avoir traité du renouvellement qui estoit incroyable, Mon serviteur David, dit-il, sera leur Roy, et sera luy seul pasteur sur tous : et ratifieray alliance permanente de paix avec eux (Ezech. 37, 2o. 201. Je choisi d'une grande quantité de tesmoignages (|uelque petit nombre, pource que seulement je veux advertir les lecteurs, que l'espoir des fidèles n'a jamais reposé ailleurs qu'en Jésus Christ. Tous les

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