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CHAPITRE VII

faisant, et adjonstaiit tousjinirs bénéfice sur beneJice.

8. Or ce que noslre iniquité et eoiuJanuiation est conveiiicue et si^niée par le tesnioif^^naj-e do la Loy : cela ne se fait point alin ipie nous touillions en désespoir, et qu'ayans du tout perdu courage, nous abandonnions en ruine : car cela n'advirudia point, si nous en faisons bitMi uostre prolit. Mien est vray (pie les inesciiaiis se descont'ortent en ceste façon : mais cela advient de robstinatioii de leur cii'ur. Mais il faut ipie les eiifans de Dieu viennent a autre lin, c'est d'entendre ce (pie dit saiiicl l'aul, kMpiel confesse bien que nous sommes tous condamnez par la Loy, atin (pie toute bouche soit lenuée, cl (pie tout le munde soit rendu redevable a i>ieu (Rom. 3, 19) : mais cependant en un autre lieu il enseigne que Dieu a tout enclos sous incrédulité : non pas pour perdre, ou mesnie pour laisser périr, mais afin de faire miséricorde à tous (Boni. H, 32) : assavoir afin (lue se deinettans de toute vaine estime de leur vertu, ils recognoissent ([u'ils ne sont soustenus sinon de sa main. Davantage, qu'estans du tout|vuides et desnuez, ils recourent à sa miséricorde, se [rel»osans entièrement en icelle, se cachans sous l'ombre d'icelle, l;ij prenans seule pour justice et mérite, comme elle est exposée en Jésus Christ a tous ceux qui la cherchent, désirent et attendent [»ar vraye foy. (^ar le Seigneur n'apparoit point aux prece[)tes de la Loy rémunérateur sinon de parfaite justice, de L'Kiuelle nous sommes tous (Jesprouveuz : au contraire se monstre severe exécuteur des peines deues à nos fautes : mais en Christ sa face nous reluit pleine de grâce et de douceur, combien (pie nous soyons povres pécheurs et indignes.

9. Quant est de l'instruction que nous devons prendre en la Loy, pour nous fair(> implorer l'aide de Dieu, sainct Augustin en parle souvent: comme quand il dit, La Loy commande, à fin que nous estans efforcez de faire ses comniandemens, et succoniltans par nostre infirmité, nous apprenions d'implorer l'aide de Dieu."Mtein, L'utilité de la Loy est de conveincre riiomme de son iiilinnité, et le contreindre de requérir la médecine de grâce, laquelle est en Christ. " Item, La Loy commande : la grâce donne force de bien faire.'* Item, Dieu commande ce que nous ne pouvons faire, afin que nous sachions ce que nous luy devons demander. ''•* Item, La Loy a esté donnée pour nous rendre coulpables : afin qu'estans coulpables nous craignions, et (ju'en craignant nous demandions pardon, et ne présumions point de nos forces. ^''Item, La Loy a esté donnée afin de nous taire petits, au lieu (|uc nous estions grans : afin de nous monstrer (pie nous n'avons point la force de nous-mesmes d'acfjuerir justice, afin qu'estans ainsi povres et indigens, nous recourions à la grâce de Dieu.*" C(m-

se(]uemment il adjouste une prière, Fay ainsi Seigneur, conimande nous ce (jue nous pou- V(ms accomplir, ou pluslost, coniinande nous ce (pie nous ne pouvons accomplir sans ta grâce: atin (]ue (piand l(\s lu>mm(»s ne |>ourront accom- Itlir jiar leurs forces ce (pie tu dis, toute bouche soit fermée, et que nul ne s'estime grand : que tous soycnt petits, et (pie tout le monde soit rendu coulpable devant Dieu. Mais c'est chose superflue à moy, d'assembler tesmoignages de sainct Augustin sur ceste matière, veu qu'il en a escrit un livre propre, lequel il a intitulé, De l'esprit et de la lettre. Touchant du secomi profit, il ne le declaire pas si expressément : possible à cause (|u'il pensoit que l'un se pourroit entendre par l'autre, ou bien qu'il n'en estoit pas si résolu, ou bien (ju'il ne s'en pouvoit pas depcscher comme il eust voulu. Or combien (jue l'utilité dont nous avons parlé, convient proprement aux enfans de Dieu, toutesfois elle est commune aux reprouvez. Car combien qu'ils ne viennent point jusques à ce poinct, comme font les fidèles, d'estre confus selon la chair, pour recevoir vigueur spirituelle en l'esprit, mais défaillent du tout en estonnement et desespoir, neantmoins cela est bon pour manifester l'équité du jugement de Dieu, que leurs consciences soyent agitées de tel tourment. Car tant qu'il leur est jiossible ils taschent tousjours de tergiverser contre le jugement de Dieu. Maintenant combien que le jugement de Dieu ne soit point manifesté, neantmoins par le tesmoignage de la Loy et de leur conscience ils sont tellement abattus, qu'ils demonstrent ce qu'ils ont mérité.

10. Le second office de la Loy est, à ce que ceux qui ne se soucient de bien faire que par contrainte, en oyant les terribles menaces qui y sont contenues, pour le moins par crainte de punition, soyent retirez de leur meschanceté. Or ils en sont retirez, non pas ({ue leur cœur soit intérieurement esmeu ou touché, mais seulement ils sont estreints comme d'une bride, pour ne point exécuter leurs mauvaises cupiditez, lesqueUes autrement fis accompliroyent en licence desbordée. Par cela ils ne sont de rien plus justes ne meilleurs devant Dieu. Car combien qu'ils soyent retenus par crainte ou par honte, tellement (ju'ils n'osent pas exécuter ce qu'ils ont conceu en leur cœur, et ne jettent hors la rage de leur intempérance, neantmoins ils n'ont point le cœur rengé à la crainte et (dieissance de Dieu : mais plustost d'autant plus (ju'ils se retiennent, ils sont d'autant plus enflambez et eschautîez en leur concupiscence, estans prests de commettre toute vilenie et turpitude, sinon (jue l'horreur de la Loy les restreint. Et non seulement le cœur demeure tousjours mauvais, mais aussi ils liayssent mortellement la loy de Dieu : et d'autant que Dieu en

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