CHAPITRE VIII
tre chair : bref, il nous faut cesser de tout te <]ui procède de nostre eritendeiuoiit.;ifiii i]iray;ins Dieu hesoignant en nous, nous acciuicscious eu luv : comme aussi l'Aposlre nous enseigne <Hebr. 3, 13;4, 4 s.).
30. Cela estoit représenté en Israël par le repos du septième jour. Et a lin (|u'il y eust plus grande religion a ce faire, nostre Seigneur a oonfermé cest ordre par son exemple : car c'est une chose (jui ne doit point esmou\oir petitement l'homme, (juand on l'enseigne de suyvre son Créateur. Si (luelcun reiiuiert une signification secrette au nombre de Sept : il est vray semblable, puis (|ue ce nom en l'Escriture signifie perfection, qu'il a esté eleu en cest endroit pour dénoter peritetuité. A quoy se rapporte ce (jue nous voyons eu Moyse. Car après avoir dit que le Seigneur s'est reposé au septième jour, il n'en met plus d'autres après pour luy déterminer sa lin. Un pourroit aussi amener «|uant à cela une autre conjectme probable : c'est (jue le Seigneur par ce nombre a voulu signilier que le Sabbath des fidèles ne sera jamais parfaitement accompli jusques au dernier jour. Car nous le commençons iey, et le poursuyvons journellement : mais pource que nous avons encore bataille assiduelle contre nostre chair, il ne sera point achevé jusques à ce que la sentence d'Isaie soit vérifiée, quand il dit (ju'au royaume de Dieu il y a un Sabbath continué éternellement : assavoir (juand Dieu sera tout en tous (Is. 66, 23; 1 Cor. lo, ;28). Il pourroit donc sembler advis, que par le septième jour le Seigneur.ait voulu figurer à son peuple la perfection du Sabbath qui sera au dernier jour, afin de le faire aspirer à icelle perfection d'une estude continuelle durant ceste vie.
31. Si ceste exposition semble trop subtile, et pourtant que quelcun ne la veuille recevoir, je n'empesche pas qu'on ne se contente d'une plus simple : c'est que le Seigneur a ordonné un jour par lequel le peuple fust exei cité par la pédagogie de la Loy à méditer le repos spirituel, qui est sans lin : (ju'il a assigné le septième jour, ou bien jugeant (ju'il suflisoit, ou bien pour mieux inciter le peuple a observer ceste cérémonie, luy proposant son exemple : ou pluslost pour luy monstrer que le Sabbath ne tendoit à autre lin, sinon pour le rendre conforme à son Créateur. Car il n'en peut gueres challoir. moyennant (jue la signification du mystère demeure : c'est que le peuple fust instruit de se démettre de ses œuvres. A laquelle contemplation les Prophètes reduisoyent assiduellement les Juifs, afin qu'ils ne pensassent s'acquitter en s'abstenant d'œuvres manuelles. Outre les passages que nous avons alléguez, il est dit en Isaie, Si tu te retires au Sabbath pour ne point faire ta volonté en mon sainct jour, et célèbres un Sabbath sainct et délicat au Seigneiu' de gloire, et
le glorifies en ne faisant point tes œuvres, et ta propre volonté n'est point trouvée: lors tu prospéreras en Dieu (Is. 08, 13). Ur il n'y a doute que ce qui estoit cérémonial en ce précepte, n'ait esté aboly par l'advenement de Christ. Car il est la vérité, qui fait par sa présence esvanouir toutes les ligures : il est le coi^js, au regard duquel les ombres sont laissées. Il est dy-je, le vray accomplissement du Sabbath. Car estans ensevelis avec luy par le liaplesme, nous sommes entez en la compagnie de sa mort : afin qu'estans faits parliciitans de sa résurrection, nous cbemiiiions en nouveauté de vie (Rom. 6, 4). Pourtant, dit l'Apostre, que le Sabbath a esté ombre de ce qui dcvoit advenir, et que le corps en est en Christ ((>oloss. 2, 16. 17) : c'est à dire, la vraye substance et solide de la vérité, laiiuelle il explicjue bien en ce lieu-là. Or icelle n'est jtoint contente d'un jour, mais reiiuiert tout le cours de nostre vie, jusques a ce qu'estans du tout morts à nous-mesmes, nous soyons remphs de la vérité de Dieu. Dont il s'ensuit que toute observation superstitieuse des jours doit estre loin des Chrestiens.
32. Neantmoins d'autant que les deux dernières causes ne se doyvent [loint mettre entre les ombres anciennes, mais conviennent également à tous siècles : combien que le Sabbath soit abrogé, cela ne laisse point d'avoir lieu entre nous, (jue nous ayons certains jours pour nous assembler a ouyr les prédications, a faire les oraisons publiques, et célébrer les Sacremens : secondement pour donner quelque relasche aux serviteurs et gens mécaniques. Il n'y a nulle doute que le Seigneur n'ait regardé fun et l'autre en commandant le Sabbath. Quant au premier, il est assez approuvé par l'usage mesme des Juifs. Le second a esté noté par Moyse au Deuteronome, en ces paroUes : Atin que ton serviteur et ta chambrière se reposent comme toy, ([u'il te souvienne que tu as esté serviteur en Egypte. Item en Exode : Afin que ton bœuf et ton asne, et ta mesgnie se repose (Deut. o, 13; Ex. 23, 12) : Qui pourra nier que ces deux choses ne nous conviennent aussi bien qu'aux Juifs ? Les assemblées Ecclésiastiques nous sont commandées par la Parolle de Dieu : et fexperience mesme nous monstre quelle nécessité nous en avons. Or s'il n'y a jours ordonnez, quand se pourra-on assembler? L'Apostre enseigne que toutes choses se doyvent faire decentement et par ordre entre nous (1 Cor. 14, 40). Or tant s'en faut que l'honnesteté et l'ordre se puisse garder sans ceste police de jours, que si elle n'estoit, nous verrions incontinent merveilleux troubles et confusions en l'Eglise. Or s'il y a une mesme nécessité entre nous, que celle à laquelle le Seigneur a voulu remédier en ordonnant le Sabbath aux Juifs, que nul n'allègue ceste loy ne nous appartenir de rien : car il