LE DIXIEME COMMANDEMENT
Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain : et ne desirei^as point sa femme, ne son serviteur, ne sa chambrière, ne son bœuf, ne son asne, ne nulle des choses qui sont à lui.
La fin est, pource que Dieu veut que toute nostre ame soit remplie et possédée d'alîection de charité, qu'il faut jetter hors de nostre cœur toute cupidité contraire. La somme donc sera, qu'il ne nous vienne aucune pensée en l'entendement pour esmouvoir nostre cœur à concupiscence, laquelle emporte nuisance ou détriment à nostre prochain. A quoy respond d'autrepart le précepte affirmatif : c'est que quelque chose que nous concevions, délibérions, ou appetions, ou poursuyvions, que cela soit conjoint avec le bien et utilité de nostre prochain. Mais il y a ici une grande difficulté. Car si ce que nous avons dit par cy devant est vray, que nostre Seigneur en défendant la paillardise et larrecin, par cela defendoit impudicité, et tout vouloir de nuire, tromper et desrobber, il sembleroit advis estre superfiu de maintenant interdire séparément la concupiscence des biens