‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 230 sur 703 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

tifiez en son sang, et réconciliez par sa mort. Item, que celuy qui ne savoit que c'esloit de poché, a esté l'ait poché i)our nous, afin que nous fussions justice do Dieu on luv tiloni. 3, 23. 24; Rom. o, 9. 10: 2 Cor. 5, 21). Je ne poursuyvray point lo tout, jiouico (|u'il y uuroit lin roUe iuliny: ot il on l'audra alle^^uer d'aulros en leur ordre. Paniuoy il y a un bon ordre gardé au sommaire de la foy, qu'on api)clle le Symbole des Apostros, quand après avoir l'ait iiiontion de la naissance do Jesus-Christ, incontinent il est parlé de sa mort et résurrection, pour monstrer que c'est la que consiste ot so doit arrester la fiance de nostro salut. Touloslois le résidu de son obéissance qu'il a monstrée en toute sa vie, n'est point oxdud : comme aussi saiuct Paul la comprend doimis le commencement jus(|ues en la tin. disant qu'il s'est anéanti prenant la forme de serviteur, et se rendant obéissant au Père jusqucs à la mort, voiro jusques à la mort de la croix (Phil. 2, 7. 8i. Kl do fait, pour faire valoir la mort de Jésus Christ à nostre salut, la sujection volontaire tient le premier degré : pource que le .sacrifice n'oust rien profité à justice, s'il n'eust esté offert d'une franche affection. Parquoy le Seigneur Jésus, après avoir declairé (lu'il mettoit son ame pour ses brebis, adjouste notamment (pie nul ne la luy ostera, mais (ju'il la quittera luy-mesme (Jean 10, lo. 18). Et en ce sens Isaio dit, (|u"il a esté comme un mouton devant celuy qui le tond, ne sonnant mot (is. 53, 7). L'histoire de l'Evangile aussi recite qu'il est venu au devant des gensdarmes pour se présenter, et que devant Pilate se déportant de toute défense il s'est appresté a recevoir condamnation (Jean 18, 4; Matth. 27, 11): non pas qu'il n'ait senty en sf-y do grans combats et répugnances : car il avoit prins noz infirmitez, et a fallu que la sujection qu'il rendoit à son Père fust esprouvée en choses dures et aspres, et desquelles il se fust volontiers exemjjté. Et c'a esté un tesmoignage plus grand (ie l'amour incomparable qu'il nous portoit, quand U a soustenu do si horribles assauts contre les tormens de ia mort: ot toutosfois estant ainsi angoissé n'a point eu d'esgard à soy, afin de procurer nostre bien. Quoy qu'il en soit, ce poinct nous doit estre résolu, que Dieu ne pouvoit estre deuement appaisé, sinon d'autant que Christ renonçîuit à toutes ses propres affections, s'est sumis à la volonté d'icoiuy. ot du tout addonné à la suyvre. A quoy r.\postro applicjue tresbien lo tesmoignage du Pseaume : 11 est escrit de moy au volume de la Loy, que je face ta volonté : Je le veux mon Dieu, et ta Loy est au milieu de mon cœur: lors j'ay dit, Voicy, je vien (Hebr. 10, o:Ps. 40, 8. 9). Au reste pource que les consciences craintives etestonnéesdujugement de Dieu, ne trouvent repos sinon (ju'il y ait sacrifice et lavement pour effacer les péchez : c'est

à bon droit que nous sommes là guidez, et que la matière de salut nous est proposée et mise devant les yeux on ia mort de Jésus Christ. Or pourco que la maioiliction nousestoitapprestée, et nous tenoit comme saisis cependant (pie nous estions tonus couipablos dovant lo siège judicial do Dieu : la condamnation de Jésus Christ nous est mise à l'opposito, faicto par Ponce Pilate gouverneur de Judée : alin que nous sachions que la peine à laquelle nous estions obligez a esté mise sur riimocont, pour nous en délivrer. Nous ne pouvions eschapper de l'horl'iblo jugement do Dieu: Jésus (Mnist pour nous on retirer a souffert d'estre condamné dovant un homme mortel, voire meschant et prof;ine. (>ar ce nom de gouverneur n'est pas exprimé seulement pour la certitude de l'histoire: mais afin de nous mieux ajjprondre ce qui est dit en Lsaie, que le chastiment de nostre paix a esté mis sur le Fils do Dieu, et (|ue nous sommes guéris par ses playes (Is. 53, o). Car il ne sulTisoit point pour abolir no.stre damnation que Jésus Christ enduras! une mort ti'llo quelle: mais poiu" satisfaire à nostre redemiition. il a fallu eslire un genre de mort, par lecpiel il prist à soy ce que nous avions mérité : et nous ayant acquité do ce que nous devions, nous delivrast. Si les brigans luy eussent couppé la gorge, ou (ju'il eust esté lapidé et meurtry par sediUon, il n'y oust point ou jiour satisfaire à Dieu: mais ((uand il est amené au tribunal comme criminel, et qu'on tient quelque formalité de justice contre luy, l'arguant de tesmoignages, qu'il est condamné de la bouche propre du juge : on le voit là condamné au lieu des pécheurs, pour souffrir en leur nom. Et faut icy considérer deux choses, lesquelles avoyent esté prédites des Prophètes, et apportent une singulière consolation à nostre foy. Car quand nous oyons que (Christ a esté mené du consistoire à la mort, et pendu entre des brigans : en cela nous avons l'accomplissement de la proplieUe, laquelle est alléguée par l'Evangeliste, qu'il a esté mis au long dos malfaicteurs (Is. o3, 11 : Marc lo. 28). Pourquoy cela? c'estoit alin do s'ac(iuiter do la peine que devoyent les pécheurs, et se mettre en leur lieu: comme à la vérité il ne souffroit point la mort pour la justice, mais pour le péché. Au contraire, (piand nous oyons qu'il a esté absout de la bouche mesme de laquelle il estoit condamné (car Pilate a esté contraint par plusieurs fois de rendre puliliciuonionl tesiiKjignage à son innocence) ce qui a esté dit par un autre Prophète nous doit vonii' on mémoire : c'est (pi'il a payé ce qu'il n'avoit pointravy (Ps. 69,3). Ainsi nous contemplerons la personne d'un pécheur et malfaicteurrepresentée en Jésus Christ: et cependant nous cognoistrons par son innocence, et iiu'il a esté chargé du poché des autres, et non point du sien. Il a donc souffert sous

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