CHAPITRE XVII
et suffisant expositeur, quami il dit que noz péchez nous sont remis en faveur du nom de Jésus Christ (1 Joan2. 12). Car comhion (|uo le nom de Christ ne soit puint exprimé, le sens estasses notoire. Et en ce sens le Sei^i,meur mesme prononce, Conune je vi à cause de mon Père, aussi vous vivrez à cause de moy (Jean 6, lil). Et à cecy mesme resjtond le dire de sainct Paul, Il vous a esté donné pour l'amour de Christ, non seulement de crnire en luy. mais aussi de souffrir pour luy (Phil. 1, i[)).
6. Or de questionner si Jésus Christ a rien mérité i)our soy (connue font le Maistre des sentences et les Scholastiquos) c'est une folle curiosité: et d'en déterminer comme ils font, c'est une audace téméraire. Car quel besoin estoit-il que le Fils de Dieu descendist en terre pour s'acquérir je ne say quoy dt» nouveau, luy qui avoit tout? Et Dieu en exposant son conseil pourquoy il a envoyé son Fils, nous en oste tout scrupule : c'est qu'il n'a pas procuré le bien et utilité d'iceluy par les mérites qu'il pourroit avoir : mais qu'en le livrant à la mort il ne l'a point espargné, pour la «jurande amour (lu'il portoit au monde (Rom. 8, :]'2). Ces sentences aussi sont bien à noter: L'enfant nous est nay, le Fils nous est donné. Item, Esjouy tny fille de Sion: voyci ton Roy vient a toi, juste (Is. 9, ti; Zach. 9, 9), etc. Car elles monstrent que Jésus Christ a seulement pensé de nous et de nostre bien. Et s'il avoit voulu fiiire son profit, ce que dit sainct
Paul n'auroit nulle fermeté; c'est que Jésus Christ nous a ratifié son amour, quand il est mort pour ses eimemis (Rom. ij. 10) : dont on peul recueillir qu'il n'a point eu es^^ard a soy. Ce que luy-mesme proteste ouvertement en ces mots, Je me sanctifie à cause d'eux (Jean 17, 19); où il monstre qu'il ne cherche aucun avantage pour luy, puis qu'il transfère ailleurs le fruict de sa saincteté. Et de fait, c'est un poinct bien diurne d'estre observé, ipie Jésus Christ pour s'addomier du tout a nostre salut s'est comme oul)lié soy-mesme. Les Sorbonistes pervertissent le passage de sainct Paul, l'appliipians à ce propos: c'est que pource que Jésus Christ s'est humilié, le Père l'a exalté et luy a' donné un nom souverain (Phil. 2, 9). Car par quels mérites pouvoit-il, entant qu'il estoit homme, parvenir à ceste dignité, d'estre Juge du monde etcliefdes Anges, et jouir du souverain empire de Dieu, tellement qu'il n'y ait créatures ne célestes ne terriennes, ([ui puissent par leurs vertus approcher de la millième partie de sa majesté ? Or quant a ce qu'ils s'arrestent h ce mot Pourtant, la solution est bien aisée : c'est que sainct Paul ne dispute point la pour quelle cause Jésus Christ a esté eslevé, mais seulement monstre un ordre qui nous doit estre en exemple : c'est que la hautesse a suyvi l'anéantissement. Bref, il n'a voulu autre chose sinon ce qui est dit ailleurs, qu'il a fallu que Jésus Christ souffrist, et que par ce moyen il entrast en sa gloire (Luc 2i. 2(5).