CHAPITRE III
rance n'estre autre chose sinon fermeté et pcr- | severance de foy. Quelquefois ils sont conjoints j ensemble : comme en la mesme Epistre : Alin que vostre foy et espoir soit en Uieu ( 1 Pierre 1,0. 21). Et sainct Paul au\ Pliilipiiiens tieduit l'attente de l'espoir (IMiil. 1,20): pource (ju'en espérant patiemment nous tenons la bride à noz désirs, jus(iu';i ce que l'opportunité de Dieu soit venue. Ce qui sera plus facile a entendre du lU. chapitre aux Hebrieux que j'ai desja allégué- Sainct Paul en un autre passage, combien qu'il parle impntpremcnt. entend tnutesfoisle mesme par ces mots, Nous atloudons de foy eu esprit l'espérance de justice (Gai. 5, o) : voire pource qu'ay;ms receu le tesmoignage de l'Evangile toucliant de l'amour gratuite de Dieu, nous attendons (jue Dieu mette en évidence et clfect ce qui encore est caché sous espoir. Or il n'est pas maintenant difficile à voir combien lourdement s'abuse le maistre des Sentences, en faisant double fondement d'espérance : assavoir la grâce de Dieu, et le mérite des (Pu\Tes. Certes elle ne peut avoir autre but que la foy. Or nous avons clairement monstre que la foy a pour son but unique la miséricorde de Dieu, et que du
tout elle s'y arreste, ne regardant nullement ailleurs. Mais il est bon d'ouyr la belle raison qu'il allègue : Si tu oses, dit-il, espérer quelque chose sans l'avoir mérité, ce n'est point espérance mais présomption. Je vous jirie, mes amis, (jui sei a ceiuy ijui se tiendra de maudire telles bestes, lesquelles pensent que c'est témérairement et presomptueusement fait de croire certainement tjue Dieu est véritable ? Car comme ainsi soit que Dieu nous commande d'attendre toutes choses de sa bonté, ils disent que c'est presomjttion de se reposer et acquiescer en icelle. Mais un tel maistre est digne des disciples qu'il a eu es escoles des Sophistes, c'est à dire Sorboniques. iS'ous au contraire, quand nous voyons que Dieu aperlement commande aux pécheurs d'avoir certaine espérance de salut, présumons hardiment tant de sa vérité, que moyennant sa miséricorde, rejettans toute fiance de noz œuvres, nous espérions sans aucune doute ce qu'il nous promet. En ce faisant nous trouverons que celuy qui a dit, Il vous sera fait selon vostre foy (Mallli. 9, 29), ne nous abusera point.