‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 277 sur 703 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

saiiict Paul, est rcmiso au Baplesme, non pas finie. Item, exposant pourquoy saini't Ambroise a appelle un tel vice Iniquité, il ilit qu'il nomme ainsi cesto loy de peelié, lecpiel donieure en nous, eonibien tpie la coulpe en soit remise au Haptesme, pouree que c'est chose ini(pie que la chair liatailie contre l'ospiit. Item. Le poché est nioil (planta la coulpe a laipielle il intus tenoil liez : toutestbis il se rebelle niesme est;mt mort, juscpi a ce qui! soit |iiu'^^é par la [lerfoction de sépulture. Au ciniiuieme livre il parle encore plus clairement : Comme ravcujilement du cœur, dit-il, est péché, d'autant qu'il est cause (pi'on ne croit point en Dieu : et est punition pour le iieché, d'autant que le coHir lier et liautam est ainsi puny : et est cause du péché, d'autant qu'il en;.^endre meschans errenis : ainsi la concupiscence de la chair contre kupielle le bon esprit bataille, est péché, d'autant qu'elle contient désobéissance contre le gouvernement de l'esprit : est punition du jieché, d'autant qu'elle nous est imposée pour la rébellion de nostre premier père : est cause du péché, soit que nous consentions à icelle. ou «pie nous soyons contaminez d'icelle dés nostre nati\ite. En ce passage .sainct Augustin ne fait point difficulté d'appeller l'infirmité qui est en nous après la régénération, Poché : pouree (pi'il ne craind pas tant les calomnies des Pelagiens après avoir refuté leur erreur. Comme aussi en l'Homélie quarante et unième sur sainct .lean. Si tu sers, dit-il, à la loy de péché selon U chair, fay ce (pie dit l'Apostre, Que le péché ne règne point en ton corps pour obéir au désir d'iceluy (Rom. 6, 12). 11 ne défend point qu'il n'y soit, mais qu'il n'y règne point. Cependant que tu es vivant, il est nécessaire que le péché soit en tes membres : toutesfois que la domination luy soit ostée, et ((ue ce (pi'il commande ne se face point. Ceux qui maintiennent que la concupiscence n'est point péché, alletj:uentcedire de sainct Jaipies, que la concupiscence, après avoir conceu, engendre le [>eclié (Jaq. 1, io), Mais il n'y a point de difficulté a soudre ceste objection; car si nous n'exposons ce passage des mauvaises œuvres, ou des péchez actuels, ([u'on appelle, mesme la volonté mauvaise ne sera point contée pour péché. Or de ce qu'il aiipolle les mauvaises onivros. Knfans delà concupiscence, et qu'il leur attribue le nom de Péché, il ne s'ensuit pas pourtant que convoiter ne soit une chose mauvaise et danmabic devant Dieu.

14. Aucuns Anabaptistes imaginent je ne say quelle intempérance frénétique au lieu de la régénération spirituelle des fidèles : c'est que les enfans de Dieu (comme il leur sendjie) estans réduits en estât d'innocence, ne se dov'vent point soucier de refréner les concupiscences de leur chair : mais doyvent suivre l'Esprit pour conducteur, sous la direction duquel on ne peut

errer. Ce seroit une chose incroyable, que l'entendement de l'homme peust tomber en telle rage, sinon qu'ils jiubliassont arrogamment ceste doctrine. Et de fait, c'est un monstre horril)le : mais c'est bien raison (pie l'audace de ceux qui entreprennent de changer la vérité de Dieu en mensonge. S(tit ainsi punie, .le leur demande donc, si toute ditforonco (W lurpiluile et honnesteté, de justice et injustice, de bien et de mal, de vertu et île vice sera ostée. Celle dilïerence, disent-ils, vient de la malédiction du vieil Adam, de hujuelle nous sommes délivrez par Christ. Il n'y aura donc rien à dire entre paillardise et chasteté, simplicité et astuce, vérité et mensonge, équité et rapine. Qu'on oste, disentils, toute crainte frivole, et (pi'on suyve hardiment l'esprit : leipiol ne domandera rien do mal, moyennant qu'on s'adonne a sa conduite. Qui ne s'estonneroit de ces propos si énormes ? neantmoins c'est une philosoi)hie jiopulaii'e et amiable entre ceux ([ui estans aveuglez de la folie de leurs concupiscences, ont perdu le sens commun. Mais, je vous prie, quel Christ nous forgent-ils? et quel Esprit est-ce ([u'ils nous rottent? Car nous recognoissons un (Christ et son Esprit tel que les Prophètes l'ont promis, et que l'Evangile dénonce qu'il a esté révélé, du([uel nous n'oyons rien de semblable. Car cest esprit que l'Escriture nous monstre, ne favorise point à homicides, paillardises, yvrongneries, orgueil, contention, avarice et fraude : mais est authcur de dilection, chasteté, sobriété, modestie, paix, tempérance et vérité. Ce n'est pas un esprit de resverie, ne de tourbillons et qui se transporte (jà et là inconsidérément tant au mal (pi'au bien : mais plein de sagesse et intelligence, pour discerner entre le bien et le mal. Il ne pousse point l'homme à une licence dissolue et elfrenée : mais comme il discerne le bien du mal, aussi il enseigne de suyvre l'un et fuyr l'autre. Mais (pi'est-ce que je mets si graini'poine à réfuter ceste rage brutale ? L'esprit de Dieu n'est [loint aux Chrestiens une imagination folle, laipiolle ils se soyent forgée en songeant, ou prise dos autres : mais ils le cognoissent tel (pie l'Escriture le monstre, en laquelle il est dit (ju'il nous est donné en .sanctification pour nous conduire en obéissance de la justice de Dion, nous ayant purgé d'inunondicite et ordure. Laiiuelle obéissance ne peut estre, que les concupiscences (auxquelles ceux-cy veulent lascher la bride) ne soyent domtées et subjuguées. En après il est dit aussi, (ju'il nous purge tellement par sa sanctification, que neantmoins il nous reste tousjours beaucoup d'infirmité, cependant que nous sommes enclos en nostre corps mortel : dont il advient qu'entant que nous sommes encore bien loin de la perfection, il nous est mestier de i)rofitor journellement : et entant que nous sommes enveloppez en beaucoup de vices.

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