CHAPITRE IV
du Pape, et tuus les eapliars qu'il a à loaji;e ^gazouillent, nous avons ce jioinct tout résolu, que Jésus Christ n'est point autlieuf de ceste loy, la(pielie contraint les hommes a raconter leurs péchez: niesmes. que devant (|u'il en lust l'icn onlonné, il s'estoit desja escoulé douze cens ans depuis la résurrection de Jésus (Miiist : et que (•csle t\ raïuiie a esté dressée lors (pie des masques regnoyent au lieu de pasteurs, et après avoir esteint toute pietéiie doctrine, s'estoyent usurpé unelicent'c de tout faire sans aucune discrétion. Outreplus, il y a cvidens tcsnioigna^^es tant des histoires, (jue des autres anciens escrivains, ipii nionstrent que c'a esté une discipline politique instituée seulement par les Evesques, non pas ordonnance mise de Christ ou des Apostres. J'en pro])osoray un seulement, lequel pourra sut'liie anqiifment a piouver ce que je dy. Sozonienus, l'un des autheurs de l'histoire Ecclesiastitiue. raconte (pu^ c'a esté une constitution des Evesfjues. diligenunent observée par les églises Occidentales; et mesme à Home principalement. En quoi il monstre que ce n'a pas esté une ordonnance universelle de toutes les Eglises. Apres il monstre qu'il y avoit un des prestres peculierement destiné ci cest office. Enquoy il réfute pleinement ce ipie ceux-cy ont fcinctdes clefs données indilïeremment pour la confession à tout l'ordre des prestres. Car ce n'estoit pas un oflice commun de tous: mais singulièrement la charge d'un seul, qui avoit de l'Evesque esté esleu à ce faire. Et c'est celuyqu'aujourdhuy mesmes les Papistes nomment Penitentier en leurs églises cathédrales, lequel a (piehiue reserve des crimes lesplu^ énormes. 11 dit encore outre, que ceste usance estoit à Constantinohle, jusques à ce qu'une femme faisant sendjlant de se confesse:', fut trouvée ayant prins ceste couverture pour cohabiter avec l'un des Diacres d'icelle église. A cause de ce maléfice, Nectarius eves(pie dudit lieu, homme renomméde saincteté et grande doctrine, abolit ceste observance de confession. Que ces asnes dressent les aureilles. Si la confession auriculaire estoit loy de Dieu, comment eust esté Nectarius si hardy de la rompre et abolir? Accuseront-ils d'heresie et de schisme ce sainct personnage, prisé et approuvé par tous les Anciens? Mais par une niesnie sentence ils condanuierontreglis(> de (^onstantinoble, voir mesmes toutes les églises Orientales, lesquelles ont contemné une loy (s'ils disent vray) inviolable et conunandée à tous Clirestiens.
8. Mesme cette abrogation est si souventesfois demonstrée par Chrysostome, leciuel estoit aussi eves(iue de Constantinoble, (jue c'est merveille comment ils osent ouvrir la bouche pour répliquer a rencontre. Si tu veux effacer tes péchez, dit-il, confesse-les. Si tu as honte de les des- •couvrir à un homme, confesse-les tous les jours en
toname. Je ned\ p;is(|ue tu lesdescouvres.à personne (pii t'en face après reproche : confesse-les à Dieu. Ie(iuel les peut pui-ger. Confes.se-les en ton lict, afin (pie ta conscience recognoisse journellement son mal. " Item, Il n'est pas nécessaire de se confesser devant tesmoin : seulement fay la recognoissance en ton co'ur. ('est examen ne re(piiert point de tesmoin : il suflist (jue Dieu seul te voye et escoute. '* Item, Je ne t'appelle ])oint de\ant les hommes jiour leur descouvrir tes péchez : espluche ta conscience devant Dieu. Monstre ta playe au Seigneur, lequel en est le médecin, et le prie d'y remédier. C'est celuy qui ne reproche rien, et humainement guciist le povre malade. " Item, Je ne veux point (pie tu te confesses à un honune, le(|uel te puisse reprocher après, ou te dilTamer en publiant tes fautes : mais monstre tes playes à Dieu (pii en est le bon médecin. Puis après il introduit Dieu jiaiiant on ceste manière : Je ne te contrain point de venir en assemblée publi(iue : confesse a moy seul tes péchez : afin (jue je te garentisse. '-" Dirons nous ([ue sainct Chrysostome en parlant ainsi ait esté si téméraire, de délivrer les consciences des hommes des liens dont elles estoyent estreintes par la volonté de Dieu ? Il n'est j)as ainsi, mais ce qu'il entendoit n'estre point ordonné par le décret de Dieu, il ne l'ose re(iuerir comme nécessaire.
9. Mais pour mieux encore despecher toute la chose, premièrement nous enseignerons fidèlement quelle espèce de confession nous a esté baillée par la parolle de Dieu : après nous nionstrerons les inventions des Papistes touchant la confession : non pas toutes (car qui poinroit espuiser une si grande mer?) mais seulement celles (|ui appartiennent à la somme de leur doctrine. Il me fâche d'advertir (jue le translateur tant Grec que Latin a souvent pris ce mot de Confesser pour louer, veu que c'est chose notoire jus(iues aux plus rudes idiots : mais si est-il expédient (lue l'audace de ces vilains soit descouverte, en ce qu'ils s'arinenl du mot de Confession, (lui emporte simplement louange de Dieu, pour couvrir leur tyrannie. Voulans prouver que la confession resjouit et recrée les âmes, ils amènent ce verset du Pseaume, Je vicndray en voix de liesse et de confession (Ps. 42, o). Or s'il est licite de transfigurer ainsi toutes choses, il y aura de terribles Qui pro Quod. Mais i)uis que les Papistes ont perdu toute honte, c'est bien raison que nous cognoissions que Dieu les a précipitez en esprit reprouvé, pour rendre leur témérité plus détestable. Au reste, en nous tenant à la pure simplicité dî l'Escriture, nous ne serons point en danger d'estre trompez par tels desguisemens. Car elle nous ordonne une seule façon de nous confesser deuement : c'est, puis que c'est le Seigneur (jui remet, oublie et efface les péchez, que nous les