CHAPITRE IV
niicide par le Prophète Nathan, reçoit pardon do son ppché: et neantmoins depuis il est piiny par la mort de son lils. ([u'il avoit eni^^endré d'ailiUtere ç2 Sam. 1:2, 13). Nou.s sommes aussi enseignez de raelieter par satisfaction telles peines et punitions, que nous aurions àonduier après la remission de nos peeliez. (lar Daniel cxhortoit Nabucad-nezer de racheter ses peciiez par aumosne (Dan. 4, :27). Et Salomonescrit, (pie les iniipiitez sont l'emises à lliomme, à cause de sa justice et pieté (l'rov. 16, ti). Item, que la nuiltitude des péchez est couverte par charité : hKiuelle sentence est aussi conl'ermée de .sainct Pierre (Prov. 10, 1:2, 1 Pierre 4, H). Et en .sainct Luc nostre Seigneur dit de la femme pécheresse, (pie plusieurs iiechez luy avoyent esté nMiiis pour tant iiu'elle avoit aimé beaucoup (Luc 7, 47). Comment ils considèrent tousjours perversemeut les œuvres de Dieu! Au contraire, s'ils eussent bien noté ce (jui ne se doit point mespriser, qu'il y a deux manières de jugement de Dieu : ils eussent bien apperceu autre chose en ceste correction lie David, que vengeance ou punition de péché. Or pource qu'il nous est fort expédient d'entendre à quelle fin tendent les chastimens que Dieu nous envoyé pour corriger nos péchez, et condjien ils dillerent des punitions les(]uelles il envoyé sur les reprouvez, ce ne sera pas chose superflue, comme Je iM?nse, d'en toucher brièvement ce qui en est. jN'ous signifierons donc en gênerai toutes punitions par le mot de Jugement, duquel nous ferons deux espèces : et appellerons l'une .Tugement de vengeance, l'autre Jugement de correction. Par le Jugement de vengeance, le Seigneur punist tellement ses ennemis, qu'il demonstre son ire a rencontre d'eux pour les perdre, destruire et -ediger à néant. Pourtant la vengeance de Dieu est, quand la punition quil envoyé est conjointe avec son ire. Par le jugement de correction, il ne punist pas tellement qu'il soit courroucé, et ne chastie point pour perdre ou confondre. Pourtant il ne se doit point, à parler proprement, nommer Vengeance : mais Admonition et rcmonstrance. L'un appartient a im juge, l'autre à un pcre. Car le juge, en punissant un mal-faiteur, punist sa faute et maléfice : un père, en corrigeant son lils, ne tend point à ce but, de faire vengeance de sa faute : mais plustost tasche de l'enseigner, et le rend plus ad visé pour l'advenir. Chrysostome use de ceste similitude un peu autrement : toutesfois il revient a un mesmc poinct: Le fils est battu, dit-il, comme L> serviteur: mais le serviteur en ce fai.sant est puny à cause (ju'il a péché, recevant ce qu'il a mérité: le fils e.st chastié de discipline amiable. Pourtant le chastinnmt est fait au fils pour l'amender, et le réduire en bonne voye : le serviteur reçoit ce qu'il a desservy, pource que le maistre est indigné contre luy.
;J2. Mais pour plus facilement entendre le tout, il nous faut faire deux distinctions. La première est, (jue iiar loutoù la i)unition tend à vengeance, là se declaire l'ire et la malédiction de Dieu : la- (pielle il n'adresse jamais sur ses fidèles. Au contraire, cori'ection est bene(licti(»ii ile Dieu, et tesmoignage de son amoui', comme dit l'Esciiture. Ceste dilîerence est souventesfois notée. Car tout ce (pie les iniiiues enduivnt d'at'Ilictions en ce monde, leur est comme un portail et entiéc d'enfer: dont ils apperçoivent comme de loing leur damnation éternelle. Et tant s'en faut qu'ils s'en amendent, ou en reçoivent aucun fruit, (jne jibistost par cela nostre Seigneur les appreste a recevoir l'horrible peine qui leur doit advenir linaleinent. Aucontraire, le Seigneur chastie ses serviteurs: mais ce n'est point pour les livrer à mort. Pai-quoy estans battus de ses verges, ils recognoissent (lue cela leur tourne à bien pour les instruire (Job 5, 17 ; Prov. ',], 11 ; Hebr. 12, o; Ps. 118, 18; IPJ, 71). A ceste cause, comme nous voyons que les fidèles ont tousjours patiemment et d'un courage paisible receu tel chastiment: aussi ils ont eu tousjouis en hoireur telles punitions où l'ire de Dieu leur fust demonstrée. Chastie-moi, Seigneur, dit Jercmie, mais pour mon amendement: et non pas en ton ire, de peur que je ne soyc accablé, etc. Espan ta fureur sur les peuples qui ne te cognoissent point, et sur les royaumes (]ui n'invo(pient point ton .Nom (Jer. 10, "lï. :2-"i). llem David, Seigneur, ne m'argue point en ta fureur, et ne me repren point en ton ire (Ps. 0,2 : 38, 2). Et ne contrevient point a cela, (ju'il est souvent dit (lue le Seigneur se courrouce à ses serviteurs, quand il les punist et chastie d(^ leurs fautes. Comme en Isaie, Je te loueray Seigneur : car tu as esté courroucé contre moy, mais ta fureur s'est convertie, et m'as consolé (Is. 12, Ij.Item en Habacuc, Quand tu auras esté courroucé, il te souviendra de miseiicordc (Habac. 3, 2), Comme aussi Michée en disant. Je porteray l'ire de Dieu, puis que je l'ay offensé (Michée 7, 9): non seulement il signifie (pie ceux qui sont justement punis ne prcditent rien en murmurant, mais aussi que les fidèles ont de quoy adoucir leur tristes.se en considérant l'intention de Dieu, ('ar par mesmc raison il est dit qu'il profane son héritage: lequel, comme nous savons, il ne profanera jamais. Cela donc ne se réfère ])oint à la volonté de Dieu, ou à son conseil qu'il a en cliastiant les siens : mais à la douleur véhémente dont sont touchez tous ceux ausquels il monstre quelque rigueur ou sevjrité. Or est-il ainsi (jue non seulement il poind aucunes fois ses serviteurs depetis aiguillons: mais il les navre tellement au vif, qu'il leur semble bien advis (pi'ils ne sont pas loin des enfers. Enquoy fai.sant il les adveitit ([u'ils ont mérité son ire. Ce qui est expédient, afin qu'ils se desplaisent en leurs maux, qu'ils soyent touchez de