‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 30 sur 703 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

l'œil ressence do Dimi en icoUo. Nous no oorchous point ou arj;uinoa.s ou vori-siiiiilitinles, ausquelies nostre ju}j:cment repose: mais nous luy sulnnettons nnstre ju^MMuent en intelligence, foiniiie à une chose élevée par dessus la nécessité d'estre jugée. Non pas comme aucuns ont accoustumé, de recevoir légèrement une chose incogneue. la(|uelle après avoir esté cogneue leur desplail: mais poiuce que nous sommes trescerlains d'avoir en icelle la vérité inexpugnaltle. Non pas aussi connue les hommes ignorans ont accoustumé de rendre leurs esprits captils aux superstitions: mais pource que nous sentons là une expresse vertu de la divinité monstrer sa vigueur, par L'upielle nous sommes attirez et eiinaiuliez a oheir scieunneut et volontiiirement, neantmoins avec plus grande efficace que de volonté ou science humaine, l'arquoy c'est à bou droit que Dieu prononce par Isaic, que les Prophètes avec tout le peuple luy sont tesmoins sut'fisans (Is. 43, 10) : pource qu'ils .savoyent que la doctrine (jui leur avoit esté annoncée estoit de luy, et (pi'en cela il n'y avoit doute ne réplique. C'est donc une telle ]>ersuasion. laquelle ne requiert point de raisons: toutosfois ime telle cognoissance, laquelle est ai)puyée sur une tresbonne raison, c'est assavoir, d'autant (pie nostre esprit a plus certain et asseuré repos qu'en aucunes raisons : finalement, c'est un tel sentiment qu'il ne se peut engendrer, que de révélation céleste. Je ne dy autre chose, que ce qu'un chacun fidèle expérimente en soy, sinon que les pai'olles sont beaucoup inférieures à la dignité de l'argument, et ne sont suffisantes pour le bien expliquer. Je

me déporte do déduire costc matière plus au long, pource (pie l'occasion s'olîriia d'en parler ailleurs derechef. Poiu" le présent contentons nous de savoir (pi'il n'y a vraye foy, ([ue celle que le saiiict Es[)iit scelle en noz cœm's : mesmes tout liomme docile et modeste se contentera de ceey. Isaie promet à tous les enfans de l'Eglise, (piand elle aura esté renouvellée, qu'ils seront disciples de Dieu (Is. o4, 13): c'est un privilège singulier, lequel Dieu a mis à, paît pour discerner ses esleus d'avec le gem'O humain. Car quel est le commencement de vray sav(jir, sinon une promptitude et franc courage de recevoir la parolle de Dieu? Or luy re(piiert d'estre ouy par la bouche de Moyse, selonMju'il est escrit, Qui est-ce qui montera au ciel, ou qui descendra aux abismes? La parolle est en ta bouche (Deut. 30, 10 ss.). Si Dieu a voulu reserver à ses enfans ce thiesor d'intelligence comme caché, il ne se faut csbahir ne trouver estrange de voir tant de stuiiidité ou bestise au commun peuple: j'appelle le commun peuple, les plus expers et avancez, jusques à ce qu'ils soyent incorporez en l'Eglise. Qui plus est, Isaie ayant dit que la doctrine des Prophètes sera incroyable, non seulement aux Payons, mais aussi aux Juifs qui vouloyent estre reputez domestiques de Dieu (Is. o3,i), adjouste quant et quant la cause : c'est que le bras de Dieu ne sera point révélé à tous. Ainsi quand nous serons troublez, voyans qu'il y a si petit nombre de croyans, souvenons nous à l'opposite que les mystères de Dieu ne sont compris que de ceux ausquels il est donné.

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