CHAPITRE IV
miséricorde, vos cœurs soyent remis en liesse, | me tenans pour père. Car de fait, la Dieu preiul la personne d'un père, lequel ayant esté contraint de se monstrer aspre envers son enfant, a regret à sa sévérité, (piehiue juste qu'elle soit. 34. Il est nécessaire (pie les tideles se nuinis- .sent de ccste pensée en l'aniertunie de leurs afflictions : Le temps est que le jugement commence à la mais(Mi du Seigneur, eu laquelle son Nt)m a esté in\otpié (i Pierre 4, 17; Jer. :2o, 2'J). Que feroyent les lils de Dieu, s'ils estimoyent (pie la tribulation (pi'ils endurent, fust une venj,^eance de Dieu sur eux ? Car celuy qui estant frappé de la main de Dieu, le repute envers soy connue un juge punissant, il ne le peut concevoir autre (]ue courmucé et coiUraire à soy : et ne peut sinon délester la verge de Dieu, comme nialediction et damnation. En somme, celuy qui pensera Dieu avoir telle volonté envers soy, qu'il le veuille encore punir, ne se pourra jamais persuader qu'il soit aimé de luy. Or nous ne pouvons profiter en sa discipline : sinon qu'en pensant qu'il est indigné à nos vices, nous l'estimions propice en\ ers nous, et nous portant affection d'amour. Autrement il faudroit qu'il nous en advint autant comme dit le Prophète luy en estre advenu : Seigneur, ta fureur a passé sur moy: tes frayeurs m'ont accablé (Ps. 88, 17). Item, comme il est dit au Pseaumc de Moyse, Seigneur nous sommes défaillis en ton ire, et avons esté confus eu ton indignation (Ps. 90, 7). Tu as mis nos iniquitez devant tes yeux : et nos fautes cachées, en la clairté de ta face. Ainsi tous nos jours se sont esvanouys en ton ire ; nos cœurs ont esté consumez et esperdus comme une parolle, quand elle sortie cle la bouche. Au contraire David parlant des cliasliniens paternels pour monstrer que les fidèles on sont plustost aidez qu'oppressez, dit ainsi : Bien heureux est l'homme que tu auras corrigé. Seigneur, et que tu auras instruit en ta Loy : afin que tu luy donnes repos au joui' de calamité, (piand la fosse se cave pour les pécheurs (Ps. 94, 12. 13). C'est une dure tentation, quand Dieu espargnant les incrédules et dissimulanl leurs forfaits, se monstre plus rude et aspre envers les siens, et pourtant il ailjousle jiour les soulager et recréer, radvertissement et instruction en la Loy : assavoir que Dieu procure leur salut, les ramenant au bon chemin, et (jue cependant les reprouvez se précipitent en s'esgarant pour trébucher en la fosse de perdition. Et n'y a point lie dilTerence, si la peine est éternelle ou temporelle, ('ar tant les guerres, famines, pestilences et maladies sont malédictions de Dieu, ([ue le jugement niesme de la mort éternelle : (juand nostre Seigneur les envoyé ta ceste fin, pour en user comme d'instrumens de son ire et vengeance sur les ini(iues.