‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 302 sur 703 · Chacun voit, comme je pense, à quelle fin · texte numérisé non relu

Chacun voit, comme je pense, à quelle fin

tend ceste correction de Dieu sur David : c'est pour luy eslre un enseignement coniinent homicide et adultère desplaisent grièvement à Dieu, contre les(iuels il declaire un tel courroux sur son serviteur lidele et bien aimé : et aussi pour luy esti'c un advertissement de n'oser commettre au temps advenir un tel faict : non pas pour estre une imnition, i)ar laquelle il fist quehpie recomiiense à Dieu de .'Ja faute. Il en faut autant estimer de l'autre correction, par laquelle Dieu affligea le peuple Judai(iue d'une terrible pestilence (2 Sam. "24. 15) : par la désobéissance de David, hoiuelleil avoit commise en faisant faire la monstre du peuple. Car il pardonna la faute du delict à David : mais pourtant qu'il appartcnoit tant à rex(^mple de tous les aages qu'-d rhumiliati(»ii de David, qu'un tel fait ne demeurast pas impuny, nostre Seigneur le chastia aspreiuent de sa verge. A ce mesme but tend la malédiction universelle que nostre Seigneur a dénoncée à tout le genre humain. Car quand après avoir obtenu grâce, nous portons encore les misères, lesquelles furent imiiosées à nostre père Adam pour sa transgression, jiar cela nostre Seigneur nous admonneste combien ce luy est une chose fort desplaisante, que la transgression de sa Loy : à ce qu'estans humiliez et abbatus par la recognoissance de nostre povreté, nous aspirions d'un plus ardent désir à la vraye beatituile. Et si quelcun vouloit dire que toutes les calainitez que nous endurons en ceste vie mortelle, sont recompenses envers Dieu pour nos fautes : à bon droit on l'estimei'oit despourveu d'entendement. C'est ce qu'a voidu dire .sainct Chrysostome, -' comme il me semble, en escrivant comme il s'ensuit : Si la cause pourquoy Dieu nous chastie, est afin que nous ne persistions point en mal. ou que ne demeurions endurcis : si tost cpi'il nous a réduits à pénitence, la punition n'a plus de lieu. Pourtant selon (]u'il cognoist estre convenable à la nature d'un chacun, il traite les uns plus asprement et les autres en plus grande douceur. Par quoy voulant monstrer ([u'it n'est point excessif en [)Uiiissant, Il reproche aux Juifs que selon leur dureté et obstination, estans battus ils ne cessent pas pour cela <le mal faire (.1er. 5, 3). En ce mesme sens il se [ilaind ([u'Ephiaim est comme un gasteau bruslé d'un costé, et tout crud de l'autre (Osée 7,8): pource que les verges dont il avoit senti les coups ne luy estoyent point entrées jusipi'au cœur, afin qu'il fust bien recuit pour estre capable d'obtenir pardori. Certes Dieu en parlant ainsi, proteste qu'il sera appaisé si tost que chacun sera retourné à luy : et s'il use de rigueur en chastiant les fautes, que cela luy (\'^t arraché par force, veu (pie les pécheurs pourroyent anticiper par une correction volontaire. Toutesfois pource qu'il n'y a celuy de nous qui ne desvoye, et que nous avons tous

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