‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 333 sur 703 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

rence extérieure : mais il ne sera point accepté au throne de Dieu, quelque estime qu'il ait devant les hommes. Davantage, si nous n'avons nostre vocation comme une reigle perpétuelle, il n'y aura point de certaine tenue ne correspondance entre les parties de nostre vie. Pourtant celuy qui aura adressé sa vie à ce but, l'aura très-bien ordonnée : pource que nul n'osera attenter plus que sa vocation ne porte, et ne se laissera pousser de sa propre témérité, sachant bien qu'il ne luy est loisible de passer ses bornes. Celuy qui sera de petite estime, se contentera neantmoins paisiblement de sa condition, de peur de sortir du degré auquel Dieu l'aura colloque. Ce sera aussi un allégement bien grand en tous soins, travaux, fascheries et autres

charges, quand chacun sera persuadé que Dieu luy est guide et conducteur à cela. Les Magistrats s'employèrent plus volontiers à leur charge : un père de famille se contreindra ci faire son devoir de meilleur courage : bref, chacun se portera plus patiemment en son estât et surmontera les peines, solicitudes, chagrins et angoisses qui y sont, quand tous seront bien résolus que nul ne porte autre fardeau, sinon celuy que Dieu luy a mis sur les espaules. De la il nous reviendra une singulière consolation : c'est qu'il n'y aura œuvre si mesprisée, ne sordide, laquelle ne reluyse devant Dieu, et ne soit fort précieuse, moyennant qu'en icelle nous servions à nostre vocation.

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