CHAPITRE XIII
de nous-mesmes, nous avons nostre seul appuy sur sa bonté: et comme dit sainct Augustin, ayans ouhlié nos mérites, recevons les f^races de (>iirist/- Poiuce t|ue s'il cherchoit en nous quehiue mérite, jamais nous ne viendrions à ses dons. Et sainct Heiiiard s'accorde treshien avec luy. en acconi])arant îes ori^iieilleux, (jui atiriiiuent tant peu (|ue ce soit à leur mérite, à des serviteurs desloyaux : pource qu'ils se retiennent la louanjre de la !j:race, laquelle n'a fait que passer par eux.*'* Comme si une i)aroy se
vantoit d'avoir engendré la clarté, hujuelle elle reçoit par une fenestre. Alin de ne nous arrester ])oint icy trop, (pie nous ayons ceste reigle qui est brieve, mais est générale et trescertaine: c'est que celuy qui s'est du tout aneanty et demis (je ne dy pas de sa justice qui est nulle, mais de ceste oml)re de justice (pii nous déçoit) est deuement i)reparé à recevoir les fruits de la miséricorde de Dieu. Car d'autant qu'un chacun se repose plus en soy-mesme, dautant met-il plus d"enq)eschement a la grâce de Dieu.