‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 358 sur 703 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

tiielle en l'Ej^^lise Clireslionne. Pointant los fidèles n'ont uutrc justice jus(|u';i la iiKut. i|ii(' pai' le niuycii t|ui est la ik'Sdit. Car Christ ilenieuie a jamais .Mcliateur pour nous réconcilier avec le Père : et rflficace de sa mort est |teriietuelle. assavoir l'alilution. satislactictn et l'olieissance parfaite ([uMl a rendue, par la(|uelle toutes nos ini(|uitez sont cachées. Kl saincl Paulauv Kpliesiens ne dit i»as (|ue nous ayons le commencement de nctstre salut par ^race. mais (piç nous sommes sau\ez jiar icelle (Ephes. "2. Hj : mm point par les o^uvies. atin (|ue nul ne se ;;lorifie.

li. Los suhterfuges que cherchent iry les Sorlionistes ])Our évader, ne les desijeschenl point. Ils disent ([ue c(> ipie les bonnes œuvres ont (piehpie valeur a justifier l'homme, cela ne vient pas de leur dignité propre, la(|uelle ils ajijteilent Intrinse(|ue : mais de la i^race de Dieu (|ui les accepte. Secondement, pource qu'ils sont contraints de confesser que la justice des œu- \res est tousjours icy inqiarfaite, ils accordent bien ([ue cependant que nous sonunes en ce monde, nous avons tousjours mesUcr (pie Dieu nous pardonne nos jjechez, pour suppléer le <ielaut de nos o-uvres : mais ipie ce panioii se fait, entant (jue les fautes qui se commettent sont conqiensées par œuvres de supererogalion. Je respon, que la i,^race qu'ils appellent Acceptante, n'est autre chose (pie la honte jiratiiite du Père céleste, dont il nous endurasse et leçoit en Jésus (Christ : c'est quand il nous vesl (le l'innocence d'iceluy. et nous la met en conte: a ce (jue pai' le henelice d'icelle il nous tienne pour saincts, purs et innoceus. Car il liiut que la justice de Christ se présente pour nous, et soit comme consignée au jugenu^it de Dieu : pource (pi'icelle seule, comme elle est parfaite, aussi peut soustenir son regard. Nous estans garniz d'icelle, obtenons remission assiduelle de nos péchez en foy. Par la pureté d'icelle nos macules et les ordiu'es de nos imperfections estans cachées, ne nous sont inqiutées mais sont comme ensevelies, afin de napparoistre point (levant le jugement de Dieu : jusqu'à ce que l'heure vienne, (ju'apres la mort de nostrc vieil homme, la bonté de Dieu nous retire avec Jésus (>hiist, qui est le nou\ el Ailam, en un repos bien-heureux. : où nous attendions le jour de la résurrection. aïKpiel nous serons transfelez en la gloire céleste, ayans reccii nos corps incorruptibles.

i:i. Si ces choses sont vrayes, il n'y a nulles u'uvies qui nous puissent d'elles-mesmes rendre agréables a Dieu : mesines elles ne luy sont pas plaisantes, sinon entant que l'homme estant couvert de la justice de Christ, luy plaisl. et obtient la rémission de ses vices. Car Dieu n'a point promis le loyer de vie à quelques cert^iincs œuvres, mais prononce simplement que celuy qui

fera le contenu de la Loy, vivra (Lev. 18, 5): mettant à l'opposite la malédiction notable contre tous ceux (pii auront défailli en un seul poincl (Deut. 27, 20). En quoy l'erreur comnuin touchant la justice itartiale est assez refuté, puis ([ue Dieu n'admet mille justice sinon l'observation entière de .sa Loy. Ce (ju'ils ont accoustumé de ja.ser, de recompenser Dieu par leuvres de supererogation, n'est gueres plus ferme, ('ar (|uoy ? ne reviennent-ils pas tousjours la dont ils sont ja exclus: c'est (pie quiconque garde en partie la Loy. est d'autant juste pai' ses leuvres? En ce faisant ils prennent une chose pour résolue, que nul de sain jugement ne leur concederoit. Le Seigneur tesmoigne si souvent, (pi'il ne recognoist autre justice, sinon en parfaite obéissance de sa Loy. Ouelle auilace estce, quand nous sommes desnuez d'icelle, afin (pi'il ne semble advis (|ue nous soyons desponillez de toute gloire, c'est a dire (jue nous ayons l)leinement cédé à Dieu, de produire je ne say (pielles pièces et morceaux d'un peu de bonnes o'uvres, et ainsi vouloir racheter ce (jui nous défaut par .satisfactions ? Les satisfactions ont esté cy dessus puissanunentabbatues, tellement qu'elles ne nous devroyent entrer en l'entendement, et ne fust-ce (|ue par songe. Seulement je d\ que ceux [qui babillent ainsi inconsidérément, ne reputenl point condjien c'est une chose exécrable a Dieu que iieché: car lors certes ils entendroyent que toute la justice des hommes assemblée en un monceau, ne sulTiroit pas à la recompense d'un seul poché. Nous voyons l'homme a\oir esté pour un seul péché tellement rejette de Dieu, qu'il a perdu tout moyen de recouvrer .salut (Gen. 3, 17). La faculté donc de satisfaire nous estostée: de laquelle ceux qui se llattent, jamais ne satisferont à Dieu, auquel il n'y a rien agréable de ce qui procède de ses ennemis. Or tous ceux ausquels il veut inqiuter les péchez luy sont ennemis. Il faut donc que tous péchez soient couvers et remis, devant qu'il regarde à une seule onivre de nous. Dont il s'ensuit (jue la rémission des péchez est gratuite: la(iuelle est meschamment lilasphemée de ceux (|ui mettent en avant aucunes satisfactions. l*ourtant nous, à l'exemple de rA[)ostre, oulilians h's choses passées, et tendans à ce qui est devant nous, poursuyvonsnostre coui-se. pour parvenir au loyer de la vocation supernelle (Pliil. :\, V-lj.

l'i. De prétendre ([uehjues œuvres de supererogation, comme conviendra-il avec ce qui est dit, (}ue (piand nous aurons fait tout ce qui nous est commandé, nous disions que nous sommes serviteurs inutiles, et que nous n'avons fait que ce qu(^ nous devions faire (Luc 17, 10)? Dire devant Dieu, n'est pas feindre ou mentir: mais arrester en soy mesme ce qu'on a pour certain. Le Seigneur donc nous commande de juger à

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