‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 366 sur 703 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

séparez à honneur (2 Tini. 2. 20) : ainsi qu'ils (loyvent estre pur-^oz de toute onJure. Mais sous ce mot tout est coniprins, (juand il est dit (jue Christ veut avoir des disciples, lesiiuels s'estans renoncez, et ayans prins leur croiv pour la porter, le suyvent (I.uc 9, :2:{|. C.eluy qui a renoncé à soy-mesnie a desja couppé la racine de tous maux : c'est de ne chercher plus ce qui luy plaist. (>eluy qui a prins sa croix pour la porter, s'est disposé à toute patience et mansuétude. Mais l'exemple de Christ comprend tant ces choses que tous autres olfices de pieté et saincteté. Car il s'est rendu ohcissant à son Père jus(iues à la mort : il a esté entièrement occupé à parfaire les œuNTCs de Dieu de tout son cœur : il a tasché d'exalter la ^loii-e d'iceluy : il a mis sa vie en ahandou pour ses frères : il a rendu le bien |)our le mal à ses ennemis. S'il est mestier de consolation, les mesmes serviteurs de Dieu en donniMit de singulières, c'est que nous endurons tiihulation, mais nous n'en sommes pas en angoisse : nous sommes en indigence, mais nous ne sommes point destituez : nous avons de grans assauts, mais nous ne sommes point abandonnez : nous sommes comme abbatus, mais nous ne péris-

sons point, ains portons la mortification de Jésus Christ en nostre coips, afin que sa vie s(.it manifestée en ntnis (2 Cor. 4. S. '.). 10): si nous sommes mortsavec luy, nous vivronsaussiavecluy: si nous endurons avec luy, nous régnerons pareillement (i Tim. 2, 11. 1:2). (Jue nous sonuiies configurez à ses pas- ions, juscjucs a ce ([ue nous parvenions à la similitude de sa résurrection (Phil. '.), 10) : veu que le Père a oi'donné (pie tous ceux (pi'ila esleus en Christ, soyent faits conformes a son image, afin (|u'il soit premier nay entre tous ses frères. Et pourtant (lu'il n'y a n'adversité, ne mort, ne choses présentes, ne futures (pii nous l)uissent séparer de l'amour ipie Dieu nous porte en Christ (Rom. 8, 29. :{9) : mais plustost fpie tout ce (|ui nous adviendra nous tournera en bien et en salut. Suyvant ceste doctrine, nous ne justifions pas l'homme devant Dieu par ses œuvres, mais nous disons que tous ceux qui sont de Dieu, sont régénérez et faits nouvelles créatures, à ce que du règne de peclié ils viennent au royaume de justice : que par tels tesmoignages ils rendent leur vocation certaine {i Pierre 1, 10) : et comme arbres, sont jugez de leurs fruits.

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