‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 370 sur 703 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

La concordance des promesses de la Loy et de l'Evangile.

1. Maintenant poursuyvons les autres argumens dont Satan s'elïorce de destruire ou diminuer par ses satellites la justification de la foy. Je pense que cela est desja osté aux calonmiateurs, qu'ils ne nous puissent imposer que nous soyons ennemis des bonnes oeuvres. Car nous nions que les œuvres justifient, non pas afin (ju'on ne face nulles bonnes œuvres, ou qu'on ne les ait en nulle estime : mais afin qu'on ne s'y fie, (ju'on ne s'en glorifie, qu'on ne leur attribue salut. Car ceste est nostre fiance, nostre gloire, et port unicjue de nostre salut, que Jésus Christ le Fils de Dieu est nostre, et qu'en luy nous sommes enfans de Dieu, et héritiers du royaume céleste, appeliez en l'espérance de béatitude éternelle : non point par nostre dignité,

mais par la bénignité de Dieu. Toutesfois pource qu'ils nous assaillent encore d'autres bastons, poursuyvons de rabatre leur coups. Premièrement, ils produisent les promesses légales, que Dieu a faites à ceux qui observeront sa Loy. Ils demandent si nous voulons qu'elles soyent vaines, ou de quelque efficace. Pource que ce seroit chose desraisonnable de les dire vaines, ils prennent pour certain, (qu'elles sont de quelque valeur : et de cela infèrent que nous ne sommes pas justifiez par la seule foy : veu que le Seigneur parle en ceste manière. Si tu escoute mes préceptes, et les retiens pour les faire : le Seigneur te gardera sa promesse laquelle il a jurée à tes pères. Il t'aimera, et te multipliera, et te bénira (Deut. 7, 12. 13). Item, Si tu addresses

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