LIVRE m
C'est à ce point que s'abusent nos Sophistes, qu'ils ne considèrent point ce que dit sainct Jaques: c'est que celuy qui a transgressé un commandement, est coulpable de tous: pource que Dieu qui a défendu de meurtrir, a aussi bien défendu de desrober (Jaq. 2, 10. 11), etc. Pourtant il ne doit point sembler absurde, quand
nous disons que la mort est juste loyer d'un chacun péché: veu qu'ils sont tous dignes de l'ire et vengeance de Dieu. Mais ce seroit mal argué, de tourner cela au rebours : c'est, que l'homme puisse acquérir la grâce de Dieu par une seule bonne œuvre, cependant que par plusieurs fautes il provoquera son ire.