CHAPITRE XX
science est comme mille tesmoins. Par une mesme raison, sainct Pierre met la rosponse de bonne conscience pour un repos et lran(iuillité d'esprit: quand riiomme fidèle s'ap|(uyanl en la grâce de Christ, se présente hardiment devant la face de Dieu (l Pici're :\. 21). Kl l'Aitostre en l'Epistre au\ llelirieu\, disant (\nv les lidelcs n'ont plus de conscience de peclié, signifie qu'il en sont délivrez et absous, ponr n'avoir plus de remors (|ui les redargue (Hebr. 10, 2).
16. Par(iuo\. comme les œuvres ont leur regard aux hommes, aussi la conscience a Dieu pour son but : tellement f|ue bonne conscience n'est sinon une intégrité intérieure du cu'ur. Et c'est ta ce propos que sainct Paul dit, (pie l'accomplissement de la Loy est charité, de conscience pure, et de tby non teinte (1 Tim. 1, 5). En un autre lieu il monstre en quoy elle dilîere du simple savoir, disant qu'aucuns sont decheus de la foy, poiu'ce qu'ils s'estoyent destournez de bonne conscience (1 Tim. l, 19). Car jiar ces mots il signifie que c'est une affection vive d'honnorer Dieu, et un droit zèle de vivre purement et sainctement. Quelquefois le nom de Conscience s'approprie à ce qui concerne les liommes : comme quand sainct Paul dit aux Actes, qu'il a mis peine de cheminer tant envers Dieu (lu'envers les hommes en bonne conscience (Act. 24, 16) : mais cela s'entend, d'aut;mt que les fruits extérieurs qui en procèdent parviennent jusques aux hommes. Mais à parler proprement, la conscience, comme j'ay dit, a son but et adresse à Dieu. Panjuoy nous disons
qu'une loy lie les consciences, quand elle oblige simplement et du tout l'homme, sans avoir regard aux prochains, mais comme s'il n'avoit affaire (jua Dieu. Exenqde: Dieu nous commande non seulement d'avoir le cœur pur de toute inqiudicité, mais aussi de nous garder de toutes parolles ^ ilaines, et dissolutions tendantes à incontinence. Quand il n'y auroit homme vivant sur la terre, je suis tenu en ma conscience de garder telle loy. Parquoy si je me desborde à quehiue inq)udicité, je ne pèche pas seulement en ce que je donne scandale à mes frères, mais je suis coulpable devant Dieu comme ayant transgressé ce qu'il m'avoit défendu entre luy et moy. II y a une autre considération quant aux choses indifférentes, car il nous en faut abstenir entant que nous pourrions offenser nos frères, mais c'est avec conscience franche et libre. Comme sainct Paul le monstre parlant de la chair consacrée aux idoles. Si quelcun, dit-il, en fait scrupule, n'en mange point à cause de la conscience : non pas de la tienne, mais de celle de ton prochain ( 1 Cor. 10, 28. 29). I/homme fidèle qui seroit adverty, pecheroit scandalizant son prochain par son manger : mais comijien que Dieu luy commande de s'abstenir pour l'amour de son prochain de manger de telle viande, et qu'il luy soit nécessaire de s'y assujetir, toutesfois sa conscience ne laisse pas d'estre tousjom's en liberté. Nous voyons donques comme ceste loy n'impose subjection sinon à l'œuvre extérieure, et cependant laisse la conscience libre.