‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 411 sur 703 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

vid (Ps. 13:2, 1. lO) : lant son faut quil ayde à l'intercession des Sainets, qu'il n'y a rion plus propre à la mettre bas. (]ar si nous cunsidiMons ([uel de,i,'ré a tenu David, nous verrons (|u'en cest endroit il est séparé de toute la conipaiinie des Sainets, a tin (jue l)ieu ratifie lapaction l'aiete avec luy. Païquoy le sainct Esprit a rei^^ard a la promesse, plustost (|u'a la jtersonne de l'homme: et quant et (juant insinue sous ceste ligure l'intercession île Jésus CJirist. ('ar ce (jui a este sinjiulier a David, entant (ju'il estuil image de Jésus Christ, il est certain qu'il ne peut competer aux antres.

ib. Mais aucuns sont meuz de ceste raison, que les oraisons des .sainets ont esté souvent exaucées. Pourquoy? Certes pourtant qu'ils ont prié. Ils ont espéré en toy. dit le Prophète, et ils ont esté conservez : ils ont crié, et n'ont point esté confus (Ps. 22, 5. U). Prions donc aussi à leur exemple, afin que nous soyons, comme eux. exaucez. Mais c'est arguer contre tout ordre rais(»nnable, de dire (comme font noz adversaires) qu'il n'y en aura nul exaucé, sinon ceux qui l'ont desja esté. Combien est meilleur l'argument de sainct Jaques ? Elle, dit-il, estoit homme semblable à nous : et pria qu'il nepleust point, et par trois ans et demy n'y eust nulle pluye sur la terre : derechef il pria, et le ciel donna sa pluye, et la terre rendit son fruit (Jaq. o, 17. 18). (juoy donc ? infere-il qu'Elie ait quelque singulière preroirative. à laquelle nous devions recourir ? >'on : mais aucontraire, il demonstre la vertu perpétuelle de pure et saincte oraison pour nous exhorter à semblablement prier. Car nous recognoissons trop maigrement la promptitude et bénignité de Dieu à exaucer les siens, sinon que par l'expérience des Sainets, qui ont esté exaucez, nous soyons confermez en l)lus certaine fiance de ses promesses : esquelles il ne dit pas que ses aureilles seront enclines a en ou>t un ou deux, ou petit nombre : mais tous ceux qui invo(iueront son nom. Leur ignorance est d'autant moins excusable, en ce qu'il semble que de propos délibéré ils mesprisent tiint d'avertissemons de l'Hlscriture. David a esté souvent délivré parla puissance de Dieu: a c'esté pour l'attirer à soy, ou que nous soyons aujourdhuy secourus par ses suiïrages? 11 en parle bien autrement : Les justes, dit-il, ont l'œil sur moy pour voir ([uand tu m'exauceras (Ps. 142. 8). Item, les justes le verront et se resjouiront, et espéreront au Seigneur (Ps. o2, 8: iO, 4). Voicy, le povre a crié a Dieu, et il luy a respondu (Ps. 34, 7). 11 y a beaucoup de pareilles sentences, où il induit Dieu à l'exaucer par ceste raison. Que les lideles ne seront point confus : mais que par tel exemple ils prendront courage à bien espérer. 11 nous suffira d'un pour ceste heure. Pour ceste cause, dit-il, tout sainct te priera en temps opportun

(Ps. 32, <V)- Lequel lieu j'allègue tant plus volontiers, pource que ces caffars, qui ont leur langue à loaiie pour maintenir parleur babil elïi-onté la tyrannie du Pape, n'ont point eu honte d'en faire bouclier pour])rouver l'intercession des Sainets. Or David n'a voulu autre chose, sinon monstrer le fruict qui devoit provenir de la cltMnence et humanité de Dieu, quand il luy aurait ottroyé sa demande. Nous avons à noter en gênerai, que rex]ierience de la grâce de Dieu, tant envers nous qu'envers les autres, est une ayde non petite pour confermer la fidélité de sa paroUe. Je ne reciteray point plusieurs passages, esquels David se propose les bénéfices de Dieu (]u'il avoit ja receuz, pour matière de fiance a l'advenir:car en lisant les Pseaumes. on les rencontrera par tout. Et il tenoit cela 'lu Patriarche Jacob, qui en avoit jadis donné l'exenqjle : Seigneur, je suis bien par dessous tes miséricordes, et la Aerité que tu as accomjjlie envers ton serviteur (tien. 32, 10), etc. Il allègue bien la promesse, mais non pas seule : car il conjoinet l'effet (juant et quant, afin d'estre mieux encouragé, pour se fier que Dieu sera tousjours tel envers luy, comme il avoit senty desja : \eu qu'il n'est point semblable aux hommes mortels, qui se faschent d'avoir esté trop larges, ou qui voyent leurs facultez s'espuiser : mais il veut estre estimé selon sa propre nature : comme David le sait bien faire. Tu m'as racheté, dit-il, ô Dieu de vérité (Ps. 31, 6). Apres avoir attribué a Dieu la louange de son salut, il adjouste (|u'il est véritable : pource que s'il n'estoit tousjours semblable à soy, on ne iiourroit i)as recueillir de ses bénéfices argument assez ferme pour le prier en fiance. !Mais quand nous savons que toutes fois et quantes qu'il nous ayde et nous subvient, il donne approbal on de sa clémence et fidélité, il ne tant jias craindre qu'il nous veuille frustrer, ou (pie nostre attente soit confuse, quand nous viendrons k luy.

27. La somme totalle revient la : Puis que l'Escriture nous enseigne, que c'est une principalle partie du service de Dieu (|ne de l'invoquer, connue aussi il prise plus cest hommage ! que nous luy faisons (pie tous .sacrifices: que ! c'est un sacrilège tout manifeste d'adresser oraison a mil autre. Parquoy il est dit au Pseaume, Si nous avons espandu noz mains a nuls dieux estranges, le Seigneur ne s'enquestera-il point d'un tel forfait (Ps. 44, 21. 22) ? Davantage, imis que Dieu ne veut estre invoque qu'avec foy, et que notamment il nous commande de former nos oraisons à la reigle de sa iiarolle : finalement, puis que la foy estant fondée en icelle, est la vraye mère d'oraison, si tost qu'on se destourne de la Parolle, l'oraison est quant et quant abastardie. Or il a esté monstre que par toute l'Escriture cest honneur est reser\é à un seul Dieu. Quant est de l'intercession, nous

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