‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 413 sur 703 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

eslargis de luy, si nous ne sommes aussi continuels à le louer et le remercier. Car (|uand sainct Paul dit tdus li\>i biens de Dieu Udus estre saiictitiez par sa l'arolle et oraison (1 Tini. 't, .")) par ce il demonstre aussi, que sans la Parolle et oraison ils ne nous sont pas sanctifiez. Par la Parolle il entend la foy, laiiuoUi' a correspondance à icelle Parolle, a la(iui'lle il faut avoir foy. Ainsi sans oraison et sans la foy. nuls biens de Dieu ne nous sont saïu'titiez. Pourtant David nous i)aille un btui eiiseiLiiieiHent, (piaiid en ce (|u"il a leceu un inniveau bénéfice de Dieu, il dit (lu'un nou\eau Canticpie luy a esté donne en la bouche (Ps. M), 'i). En ipioy il dénote (|ue nostre silence n'est pas sans ingratitude, si nous passons aucune de ses grâces sans louange : veu que toutes fois et quantes qu'il nous fait du itien, il nous donne matière de le bénir. Comme aussi Isaie publiant une grâce singulière de Dieu, exhorte les fidèles à clianter canti(iue nouveau et non accoustumé (Is. 4:2, 10). En quel sens se doit prendre ce (lue David dit aussi ailleurs: Seigneur, tu ouvriras nR\s lèvres, et ma bouche annoncera ta l(tuange(Ps. ol,17). Scmi)lablement Ezechias et .louas protestent (pie la fin de leur délivrance sera de célébrer la bonté de Dieu au tenqjle (Is. '^H. 20 ; .Ion. 2, 10). Laquelle reigle est généralement donnée à tous fidèles Itar David, Que rendray-je, dit-il, au Seigneur pour tout ce qu'il m'a eslargy ? Je prendray le calice de salut, et invo(iueray le nom de Dieu (Ps. 110, i'2. i;{). Et aussi toute l'Eglise l'asuyvi, comme nous voyons en l'autre Pseaume, Seigneur, sauve nous, afin (\w nous louyons ton nom, et nous glorifions en ta louange (Ps. 106, 47). Item, Il a regardé aux prières du désolé, et n'a point mesprisé leurs requestes. Cecy sera escrit pour la postérité, et le peuple est;mt créé de nouveau, bénira le Seigneur: k ce que son nom soit presché en Sion, et sa louange en .lerusalem (Ps. 102, IS. 19. 22). Mesmes toutes l'ois et (|uanles (jue les fidèles supplient Dieu qu'il leur subvienne à cause de son nom : en prolestant qu'ils sont indignes de rien obtenir en leur nom propre, ils s'obligent à luy en rendre grâces, et promettent d'user purement et droitemcnt des bénéfices de Dieu, en les publiant à haute voix. En ceste façon Osée, parlant de la rédemption advenir de l'Eglise, 0 Dieu, dit-il, este l'iniqiité, et mets le bien audessus, et nous te rendrons les veaux de nos lèvres ((Jsée 14, :}). Et de fait, les bénéfices de Dieu non seulement re(iuierent que nous l'honnorions de bouche, mais naturellement nous induisent à l'aymer. .l'ayme le Seigneur, dit Da\id, pource qu'il a ouy la voix de ma prière (Ps. 116, 1). En un autre lieu racontant les secours qu'il avoit senti. Je t'aymoray. ô Dieu ma force (Ps. 18, 1. 2). (^ai' jamais aussi nulles louanges ne plairont à Dieu, si elles ne sourdent

de ceste fontaine d'amour. Qui plus est, nous avons à observer cette reigle de sainct Paul, que toutes requestes lesquelles ne tii'ent point avec elles action de grâces, sont jterverses et vitieuses. (^ar voicy comme il paile: Que vos désirs soyent manifestez a Dieu en toute oraison et supplication avec action de grâces (Phil. 4, ()). (^ar pource ([ue plusieurs estans poussez et saisis de chagrin, fascherie, impatience, amertume de douleur et crainte, nuu'nuM-ent en priant et se despilent, notanuuent il ad\ertist les fidèles de refréner tellement leurs passions, que de\ant (pi"a\oir obtenu ce cpi'ils demandent, ils ne laissent point de bénir Dieu d'un co'ur alaigre. Or si les prières et actions de grâces doyvent estre ainsi accomplies, combien jjIus y devons-nous estre adonnez, (juaud Dieu nous donne a jouir de nos désirs ? Au reste, connue nous avons enseigné (pie nos prières, qui seroyent autrement pollues, sont consacrées par l'inhM'cession de Jésus Christ, aussi l'Apostie en conuuandant d'olfrir sacrifices de louange par Jésus Christ (Hebr. l'I, 15), nous advertit que nous n'avons point bouche assez nette ne digne pour célébrer le nom de Dieu, que moyennant la .sacrificature de Jésus (Christ. Dont je conclu (pie les hommes ont esté hoiriblement ensorcelez en la Pajiauté, où la plus gi'ande part s'esbahit quand Jésus Christ est nommé advocat. C'est la raison pour(pi()y sainct Paul commande de prier et rendre grâces sans intermission (1 Thess. o, 17. 18). C'est, dy-je, afin que noz desirs soyent eslevez à Dieu en toutes choses et en ti>us alTaires, en tout tenqis et en tous lieux, avec la plus grande assiduité qu'il nous sera possible, pour attendre tout bien de luy, et luy en faire hommage: comme il nous donne argument continuel de le prier et louer.

29. Or de prier ainsi continuellement, combien qu'il s'entende principalement d'un chacun en son particulier, toutesfois il ap|)artient aussi aucunement aux oraisons iiubliipies: combien qu'elles ne puissent estre continuelles, et (pi'elles ne se peuvent ou doyvent faire ipie selon la police ordonnée du commun consentement de l'Eglise, comme on voit (pi'il est bon de s'assembler. Et pourtant il y a heures certaines ('("instituées, qui sont indilîerentes (|uant à Dieu, mais nécessaires (piant à l'usage des hommes: afin qu'on ait esgard à la commodité de tous: et (|ue, comme dit sainct Paul, tout se face en l'Eglise en bon ordre et cttucorde (1 (^or. 14, 40). Toutesfois cela n'empeschepointqu'une chacune Eglise ne se doyve tou.sjours inciter k plus fre(iuent usage de prier, et singulièrement (piand elle se voit pressée de quelque nécessité. Touchant de la persévérance, laquelle est aucunement |)rochaine à la continuation, nous aurons opiiortunité d'en dire en la fin. Or cela ne sert de rien pour maintenir la superstitieuse prolon-

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