CHAPITRE XXIV
Que l'élection est confermée par la vocation de Dieu : et qit'aucontraire les reprouvez attirent sus eux la perdition juste, à
laquelle ils sont destinez.
1. Toutesfois afin que la chose soit mieux esclarcie il sera expédient de traiter icy tant de la vocation des esleuz, que de l'aveuglement et endurcissement des reprouvez. J'ay touché desja du premier poinct en réfutant l'erreur de ceux qui sous ombre de la généralité des promesses, voudroyent égaler tout le genre humain. Mais Dieu garde son ordre, en declairant finalement par sa vocation la grâce qu'il tenoit au paravant cachée en soy. Et pour ceste cause on peut dire qu'en appellant il testifie de son élection. Car il a preordonné ceux qu'il avoit
precognus, pour estre conformes à l'image de son Fils. Or ceux qu'il apreordonnez,il les a aussi appeliez: et ceux qu'il a appeliez, il les a justifiez pour les glorifier une fois (Rom. 8, 29. 30). Comme ainsi soit que le Seigneur en eslisant les siens, les ait adoptez pour ses enfans, nous voyons toutesfois ([u'ils ne viennent point en possession d'un si grand bien, sinon quand il les appelle. D'autrepart, qu'estans appeliez, ils ont desja quelque jouissance de leur élection. Pour laquelle cause sainct Paul appeUe l'esprit qu'ils reçoyvent, Esprit d'adoption (Rom. 8, 15).