CHAPITRE XXV
que sainct Paul exprime par siniilitmles familières : c'est comme la ciiair de l'iiiiiiiine et îles bestes est d'une mesme sulistance, imn iiointde (|iialité : la matière des estoilles est une, la clarté diverse (1 ('or. l.-J. 'M). W) : aussi combien (|iie nous retenions la sulistance d<) noz corps, (ju'il se fera chan^a^ment pour les rendre de condition plus noble. Pan|uoy ce corps corru|itiiile ne périra point, et ne s'esvanouira. pour nous faire resusciter : mais sera despouillé de sa corruption, pour recevoir est<-it incorruptible. Or pource <|Ut' Dieu a tous les elemens en sa sujection, nulle difliculté ne l'empescliera qu'il ne conimande à la terre, k l'eau et au feu de rendre ce qui semblera avoir esté consumé par eux. f]e (pi'aussi Isaie testitie, Voicy. le Seigneur sortira de son lieu, pour visiter liuMiuité de la terre : et la terre descouvrira son sang, et ne cachera plus ses occis (Is. 26. il). Cependant il faut noter la diversité d'entre ceux qui seront jadis trespassez, et ceux qui seront trouvez survivans en ce jour-là. Car nous ne dormirons pas tous, dit sainct Paul, combien (jue nous soyons tous changez (1 Cor. lo, 31) : c'est à dire qu'il ne sera point nécessaire qu'il y entrevienne distance de tenqts entre la mort et le commencement de la seconde vie: car en une minute de temiis, et moins (ju'on ne mettroit à ciller l'œil, le son de la trom[)ette pénétrera par tout, pour appeler les morts à im estât incorruptible, et pour reformer les vivans en pareille gloire par changement soudain. Et voila comment il console en un autre lieu les tideles (|ui ont a mourir : c'est (pie ceux qui seront survivans au dernier jour, ne préviendront point les morts : mais plustost que ceux (pii dorment en Christ resusciteront les premiers (i Thess. 4, lo|. Si iiuelcun objecte le passage de l'Apostre, qu'il est ordonné à tous hommes de mourir une fois (Hebr. 9, 27) : la solution est facile, que c'est une espèce de mort, quand Testât de nature est changé : et ([u'on en peut ainsi parler proprement. Parquoy ces deux s'accordent tresbien : c'est que ceux qui despouilleront leurs corps mortels, seront l'euouvellez par la mort : toutesfois pu's que le changement se fera soudain, «pTil n'est [point reipis (jue le corps soit séparé de l'ame.
y. Mais il s'esmeut icy une question plus difficile: assavoir de quel droict ou filtre la résurrection doit estre commune aux iniques qui sont maudits de Dieu, veu que c'est un singulier bénéfice de Jésus Christ. Nous savons que tous ont esté asservis a la mort en Adam : .lesus Christ estant la résurrection et la vie (Jean M, 2o), est venu: est-ce pour vivifier indilferernment tout le genre humain ? Mais il ne semble pas estre probable, que les incrédules obtiennent en leur aveuglement obstiné ce que les serviteurs de Dieu recouvrent par la seule foy. Ce poinct toutesfois demeure arresté, que la résur-
rection sera d'un costé à vie, et de l'autre costé à mort: et que Jésus Christ viendra ]ionr séparer les boucs des agneaux (Matth. 2o, 'M). Je respon (pie nous ne devons pas trouver cecy tant estrange. veu (pie nous en avons journellement la similitude. Nous savons (pie tous ont esté pri\ ez en Adam de l'héritage du monde, et (pie nous meiitons d'estre bannis du monde comme île paradis terrestre, et estre privez de toute nourriture aussi bien que de l'arltrc de vie. Dont vient ceci donques que Dieu non seulement fait luyre son soleil sur les bons et sur les mauvais (Matth. o, 45), mais (pie sa libéralité inestimable découle sur les incrédules en toute planté et largesse, quant aux commoditez de la vie présente ? Certes nous voyons de là (jue les biens qui sont propres à Christ et à ses membres, s'espandent aussi bien sur les contempteurs de Dieu : non pas à ce que la possession leur en soit lefilime, mais afin (ju'ils en soyent rendus plus inexcusables. Et de fait, Dieu se inonstrcra souvent si large bien-facteur envers les meschans, que les bénédictions (jue les fidèles re(;oyvent de luy en seront obscurcies : toutesfois le bien qu'il fait à ceux qui en sont indignes les tourne en plus grande condamnation. Si quelcun réplique, que la résurrection ne doit point estre comparée aux biens caduques et terrestres: je respon derechef, que les hommes cstans aliénez de Dieu, qui est la seule fontaine de vie, ont mérité une mesme ruine que le diable, pour estre du tout exterminez : mais que par le conseil admirable de Dieu, ce moyen a esté est^ibli, (lu'ils vesquissenl en la mort et hors de la vie. Parquoy on ne doit point trouver cecy estrange, que la résurrection soit commune aussi aux iniques par accident, pour les traîner maugré leurs dens au siège judicial de Christ, lequel ils refusent maintenant ouyr comme Maistre. Car ce seroit une peine bien légère, d'estre ravis par mort, s'ils ne conqjaroissoyent devant leur Juge, duquel ils ont provoqué sans fin, sans cesse et sans mesure la vengeance, pour recevoir le loyer de leur rébellion. Au reste, combien que nous devons tenir pour conclu ce qui a esté dit, et ce que porte la confession mémorable de sainct Paul, c'est d'attendre la résurrection à venir tant des justes que des meschans (Act. 24, lo), toutesfois l'Escriture met souvent en avant la résurrection, seulement au reganl des enfans de Dieu : et aussi la conjoint avec la gloire céleste, pource qu'à parler proprement, Jésus Christ n'est point venu pour la perdition, mais pour le salut du monde. Parquoy il est simplement fait mention au Symbole de la vie bien-heureuse.
10. r)r pource que la prophétie sera lors accomplie entièrement, où il est prédit que la mort doit estre engloutie en victoire (Osée 13, 14; 1 (^or. lo, 54): que nostre félicité perma-