‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 474 sur 703 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De la vraye Eglise : avec laquelle nous devons garder union, pouree

qu'elle est mère de tous les fidèles.

I. Il a esté exposé au li\Te prochain, comment par la foy de l'Evangile Jésus Christ est fait nostre, et comment nous sommes faits participans du salut (ju'il nous a apporté, et de la heatitude éternelle. Mais pouree «lue nostre rudesse et paresse, j'adjouste aussi la vanité de nos esprits, ont besoin d'aides extérieures, par lesquelles la foy soit engendrée en nous, y croisse et s'y avance de degré en degré, Dieu n'a point oublié de nous en prouvoir, pour supporter nostre infirmité. Et afin que la prédication de l'Evangile eust son cours, il a commis comme en liepost ce thresor à son Eglise : il a institué des pasteurs et docteurs par la bouche desquels il nous enseignast (Ephes. 4, il) : bref, il n'a rien laissé derrière de tout ce qui appartenoit à nourrir un sainct consentement de foy, et un bon ordre entre nous. Sur tout il a institué les Sacremens, lesquels nous cognoissons par expérience estre moyens plus qu'utiles à nouriir et confermer nostre foy. Car d'autant qu'estans enclos en nostre chair comme en une cave, nous ne sommes point parvenus en degré Angélique : Dieu se conformant à nostre capacité, selon sa providence admirable a establi ceste conduite pour nous faire venir à soy : combien que nous en soyons fort loin séparez. Ainsi la façon d'enseigner reijuiei't, que maintenant je traite de l'Eglise et de son régime, des offices comprins sous son estât, de sa puissance ; item des Sacremens, et finalement de la police :

et que je tasche de retirer les lecteurs des corruptions et abus dont Satan a tasché en la Papauté d'abastardir tout ce que Dieu avoit destiné à nostre salut. Or je commenceray par l'Eglise, au sein de laquelle Dieu a voulu que ses enfans soyent assemblez : non seulement pour estre nourris par le ministère d'icelle pendant qu'ils sont encore en aage d'enfans, mais à ce qu'elle exerce tousjours un soin maternel à les gouverner, jusques a ce ([u'ils soyent venus en aage d'homme, voire qu'ils attaignent le dernier but de la foy. Car il n'est pas hcite de séparer ces deux choses que Dieu a conjointes (Matth. lu, 9) : c'est ([ue l'Eglise soit mère de tous ceux desquels il est Père. Ce qui n'a pas esté seulement sous la Loy, mais dure encore depuis l'advenement de Jésus Christ : tesmoin sainct Paul, (pu prononce que nous sommes enlims de la nouvelle Jérusalem et céleste (Gai. 4, 26).

2. Quand nous confessons au Symbole que nous croyons l'Eglise, cest article ne se rapporte pas seulement à l'Eglise visible, de laquelle nous avons maintenant à parler, mais aussi à tous les esleus de Dieu, au nondjre desquels sont comprins ceux qui sont desja trespassez. Pourt^ml ce mot de Croire y est mis, pouree que souvent on ne pourroit pas noter à l'œil la diversité qui est entre les enfans de Dieu et les gens profanes, entre son sainct trouppeau et les bestes sauvages. Car quant a ce que plusieurs entrelacent ce mot En, cela n'a nulle rai-

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