CHAPITRE I
do soy, non plus que ses membres estre descirez par pièces. En outre nous sommes cerUiins (|u"enUint que nous demeurons deilans le sein de l'ELîlise. la vérité demeure avec nous. Finalement, nous entendons que ces promesses nous appartiennent, où il est dit qu'il y aura salut en Sion : Dieu demeurera à tousjours en Jérusalem, et ne bougera jamais .lu milieu d'icellc (Joël :2, 3-2: Abd. 17; Ps. 16, 6). Telle vertu a l'unité de l'Eglise, qu'elle nous peut letenir en la compairnie de Dieu. Pareillement ce mot de (loiiuiuuiion nous peut grandement consoler: c'est que puis que tout ce que nostre Seigneur a conféré île grâces à ses membres et au\ nostres, nous appartient, nostre espérance est confermée par tous les biens qu'ils ont. Au reste pour se tenir en l'unité d'icelle Eglise, il n'est ja mestier que nous voyons une église a I'omI: ou que la touchions a la main: plustost entant ijue nous la devons croire, en cela il nous est signilié qu'il ne nous la faut point moins recognoistre (juand elle nous est invisible, (|ue si nous la voyons évidemment. Et n'en est nostre foy de rien pire, quand elle recognoist l'Eglise que nostre intelligence ne peut comprendre: il'autantipi'icy il ne nous est point commandé de discerner les esleus des reprouvez (ce qui appartient à Dieu seul et non à nous) mais d'avoir ceste certitude en nos cu^urs, (|ue tous ceux qui par la clémence de Dieu le Père et la vertu du sainct Esprit sont venus en la participation de (Christ, sont segregez pour le propre héritage de Dieu: et d'autant que nous sommes en leur nombre, nous sommes héritiers d'une telle grâce.
4. Mais pource que maintenant mon intention est de parler de l'Eglise visible, apprenons du seul filtre de Mère, combien la cognoissance d'icelle nous est utile, voire nécessaire: d'autant qu'il n'y a nulle entrée en la vie permanente, sinon que nous soyons conceus au ventre de ceste mère, qu'elle nous enfante, qu'elle nous allaite de ses mammelles : (inalement (pi'ellc nous tienne et garde sous sa conduite et gouvernement, jusipies à ce qu'estans desponillez de ceste chair mortelle nous soyons semblables aux Anges (Matth. 22, 'M)). Car nostre inlirmité ne souffre pas que nous soyons retirez de l'e.scole, .jusf|ues à ce que nous ayons esté disciples tout le cours de nostre vie. Il est aussi à noter, que hors le giron d'icelle on ne peut espérer remission des péchez, ne salut aucun, tesmoins Isaie et Joël (Is. 37, 32: Joël 2, 32): aus([uels Ezechiel s'accorde, disant que ceux que Dieu veut exterminer de la vie céleste, ne seront point au roUe de son peuple (Ezech. 13,9). Et à {'opposite il est dit que ceux qui se convertiront au service de Dieu et à la vraye religion, se viendront enroller entre les bourgeois de Jérusalem (Ps. 87, 6). Pour laquelle raison il est dit
en l'autre Pseaume. (Ju'il te souvienne de moy, 0 Dieu, en ranu)ur (pie tu portes à ton peuple: visite moy eu ton salut, pour me faire sentir la beneficenco rpie tu gardes à ton peuple : que je m'e.sjouisse en la liesse de ta gent, (pie je m'esjouisse avec ton héritage (Ps. 106, 4. 5). Par ces mots la fav(Hn' paternelle de Dieu et le tesmoignage spécial de la vie spirituelle est restreint au trouppeau de Dieu, afin que nous soyons advertis que c'est une chose pernicieuse et mortelle de se distraire ou séparer de l'Eglise.
5. Maintenant poursuyvons à déduire ce (jui appartient à cest argument. Sainct Paul dit que Jésus (Ihrist pour reuq)lir toutes choses a eslably les uns Apostre, les autres Prophètes, les autres Evangelistes, les autres Pasteurs et Docteurs, pour l'accomplissement des Saincts, pour l'ouvrage d'administration, alin d'édifier le corps de Christ, jusipies à ce (|ue nous soyons tous parvenus en l'unité de la foy et de la cognoissance du Fils de Dieu, en homme parfait et en la mesure d'aage accomplie en (Christ ( Eplies.4,li— 13). Nous voyons que Dieu, combien qu'il peut eslever en un moment les siens en perfection, les V eut neantmoins faire croistre petit a petit sous la nourriture de l'Eglise. Nous voyons que la manière est exprimée : assavoir entant que la prédication est commise aux Pasteurs. Nous voyons comment tous sont rengez à cela, de se laisser avec un esprit docile et débonnaire gou- \erner par les Pasteurs créez à cest usage. Et aussi long temps au paravant le Prophète Isaie avoit descrit le règne de Jésus Christ sous ces marques : Mon esprit qui est en toy, et les parolles que j'ay mises en ta bouche ne départiront I)oinl jamais ne de ta bouche, ne de la bouche de tes enfans, ne de leurs successeurs (Is. o9, 21) ; dont il s'ensuit que ceux ([ui refusent d'estre empastelez par l'Eglise, ou rejettent la viande spirituelle qu'elle leur otîre, sont dignes de mourir de faim. C'est bien Dieu qui nous inspire la foy, mais par l'organe de son Evangile : comme sainct Paul admonneste que lafoy vientdel'ouye (Rom. 10, 17), comme la puissance de sauver réside en Dieu (Rom. 1, 16) : mais il la desploye en la prédication de l'Evangile, selon (jue le mesme Apostre tesmoigne ailleurs. Voila pourquoy il a voulu sous la Loy que le jieuple ancien s'assemblast au Sanctuaire, afin que la doctrine enseignée par la bouche du Sacrificateur, entretinsl l'unité de foy. Et de fait, ces filtres tant excellens et magnifiques, que le temple est le repos de Dieu, son sanctuaire et domicile, qu'il repose entre les Chérubins (Ps. 132, 14; 80, 2; 84), ne tendent à autre fin (|ue pour faire priser et aimer avec toute révérence la prédication de la doctrine céleste, et qu'elle ait sa dignité, laquelle poun'oit estre amoindrie quand on s'amuseroit à regarder les hommes mortels qui la portent. Parquoy afin que nous sachions qu'un