‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 478 sur 703 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

tellement rnon;stré anciennement aux Pères au mii'oir île sa duetiine, (iu"il a tousjoius voulu estre cojîneu spirituellement: dont le temple non seulenuMit est apiiellé Sa lare: mais aussi Son mairhepied d's. i;{-2, 7 : IH», o; 1 Cliron. "IH, i). afin deviter toute superstition. Et c'est l'heureuse rencontre dont parle sainct Paul, (pie nous apporte la jierfection en unité de foy, (piand tous depuis le plus i,q'and jus(|ues au plus petit aspirent au chef. Quant aux temples que les Payens ont édifiez à Dieu a autre fin ou intention, ils n'ont servy cpi'a profaner son service. Auipiel vice les Juifs sont aussi hien tomhez, encore que ce ne fust pas du tout si lourdement : mais si estce qu'ils n'ont pas laissé d'estre coulpahles, comme sainct Estienne leur reproche par la bouche d'isaie : c'est (jue Dieu n'habite point en bastiment fait de main d'Iionunes (Act. 7, 48): mais luy seul se dédie par sa parolle et sanctifie des temples en usage légitime. Et si tost que nous attentons inconsidérément cecy ou cela, sans qu'il le nous ail commandé, incontinent un mal ensuit l'autre; c'est d'adjouster beaucoup de resveries au principe qui est desja mauvais de soy en sorte que la corruption se nuiltiplic sans mesure. Toutesfois Xerxes roi de Perse procéda follement et à l'estourdie, en brusiant par le conseil des Philosophes iJe son pays tous les temples de Grèce, sous ombre (|ue les dieux qui ont toute liberté, ne doyvent point estre enclos en murailles et sous des tuylles: comme s'il n'estoit point en la puissance de Dieu de descendre aucunement a nous, afin de se monstrer plus prochain : neantmoins sans bouger ne changer de lieu, et aussi sans nous attacher à nuls moyens terrestres, mais plustost nous faire monter en haut à sa gloire céleste, laquelle renqilit tout de .sa grandeur infinie, mesme surmonte les cieux en sa hautesse (.1er. i'.i^i'i).

t). Or pource qu'il y a eu de nostre temps de grans combats touchant l'efficace du ministère : c'est qu'aucuns voulans amplifier la dignité d'iceluy, ont excédé mesure : les autres ont maintenu que c'estoit tout pervertir, de transporter à l'honmie mortel, ce qui est propre au sainct Esprit, en disant (pie les ministres et docteurs entrent jusques aux entendemens et aux cœurs, pour corriger tant l'aveuglement que la dureté (pii y est : nous avons à décider ces disputes. Ce qu'ils allèguent d'un costé et d'autre sera facile a transiger, en observant distinctement les passages auxquels Dieu, selon (lu'il est autheur de la prédication, conjoignant son Esprit avec icelle, promet qu'elle ne passera pas sans fruit : ou bien d'autre part, en se séparant de toutes aydes externes, s'attribue à luy seul tant le commencement de la foy que l'accomplissement. L'office du second Elias, tesmoin le prophète Malachie, a esté d'illuminer les esprits, convertir les cœurs des pères aux

enfans, et les incrédules à la sagesse des justes (Mal. 4, 6: Luc 1, 17). Jésus Christ prononce qu'il envoyé ses Apostres, à ce qu'ils rapportent h'uict de leur labeur (Jean lo, 1»)). Or sainct Pierre définit brie\ement (juel est ce fruict-la, ilisant que nous sonunes régénérez par la parolle qui nous est preschée, qui est la semence incorruptible de vie (1 Pierre 1, "2'.)). Pourtant sainct Paul se glorifie d'avoir engendré les Corinthiens au Seigneur par l'Evangile, et iju'ils sont le seau de son Apostolat : et mesmes (pi'il n'est pas un ministre lileral, ijui ail seulement battu les oreilles par le son de sa voix, mais que l'efficace de l'Esprit luy a esté donnée, afin que sa doctrine ne fust pas inutile (l Cor. 4, lo: 9, 2; i Cor. 3, 6) : selon lequel sens il dit ailleurs, (pie son Evangile n'a pas esté seulement en parolles, mais en vertu de l'Esprit (l Cor. 2, 4). Il dit' aussi que les (ialatiens ont receu le sainct Esprit par l'ouye de la foy (Gai. :{, 2) : bref en plusieurs passages non seulement il se fait cooperateur de Dieu, mais aussi s'attribue l'office d'administrer salut (1 Cor. 3, 9). Il est certain que jamais il n'a proféré telles choses pour usurper une seule goutte de louange à |)art, en se séparant d'avec Dieu , comme il l'exiiose ailleurs, Xostre labeur n'a pas esté inutile en Dieu, selon sa vertu, qui a besdiuné puissamment en moy (1 Thes.s, 3, oj. Item derechef, Celuy qui a desployé sa vertu en Pierre envers les Juifs, il l'a aussi desployée en moy envers les Gentils (Gai. "2, 8). Davantage, il appert par d'autres passages, qu'il ne laisse rien (pii soit aux ministres, quand ils seront regardez en eux: Celuy, dit-il, fpii plante n'est rien, et celuyqui arrouse n'est rien : mais Dieu qui donne accroissement fait tout (1 Cor. 3, 7). Item, J'ay travaillé par dessus tous les autres : non pas moy, mais la grâce de Dieu qui m'assistoit (i Cor. lo, 10). Il est requis de noter diligemment et retenir ces sentences, ausquelles Dieu s'attribuant l'illumination de nos esprits et renouvellement de nos cieurs, declaire (jue celuy qui se vante dy avoir quelque part ou portion, est sacrilège. Cependant selon que chacun se rendra docile aux ministres (pie Dieu ordonne, il sentira en etïect à son grand profit, que ceste manière d'enseigner n'a pas pieu à Dieu en vain : et que non sans cause il a imjiosé ce joug île modestie a tous ses fidèles.

7. J'estime qu'il e.st assez notoire par ce que nous avons dit comment on doit juger de l'Eglise visible, laquelle nous pouvons cognoistre. Car nous avons dit que l'Escriture saincte parle de l'Eglise en deux sortes : car (pielque fois en usant de ce nom, elle entend l'Eglise (lui est telle à la vérité, et en laquelle nuls ne sont comprins sinon ceux qui par la grâce d'adoption sont enfans de Dieu, et par la sanctification de son Esprit sont vrays membres de

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