CHAPITRE II
lovent estre ineillours. suyvoyenl l'exemple de Jéroboam. Quny (ju'il soit, tous ensemble estoyent meschans et ido'atres. En Jiuiée, il y eut boanoonp «le clianiremoiis. Car aucuns des Rois curroiiipiiyeut le seiAife de Dieu par l'aussos superstitions : les autres s'eiïorçoyent de rel(Mmer les abus qui y estoyent survenus. En la fin, les l*restres mesnies ijolluerenl le temple de Dieu d'idolâtrie toute patente.
9. Maintenant que les Papistes nient s'ils peuvent, comment qu'ils tasclient d'excuser leurs vices, que Testât de l'Eglise ne soit aussi corrompu et dépravé entre eux, comme il a esté au royaume d'Israël sous Jéroboam. Oi- leur idolâtrie est plus lourde beaucoup, et ne sont point une seule jj^outte plus purs en doctrine, voire s'ils n'y sont iilus impurs. Dieu m'est tesmoin, cl aussi seront tous ceux (jui auront quelque droit juf^aMncnt, que je n'amplifie rien en cest endroit: et la chose aussi le demonstre. Or quand ils nous veulent contraindre à la communion de leur E^jlise, ils requièrent deux choses de nous. La première est, que nous coumuniquions à toutes leurs prières, sacremens et cérémonies. La seconde, <}ue tout ce que Jésus Christ attribue d'honneur, de puissance et jurisdiction à son Eglise, nous l'attrihuyons à la leur. Quant au premier, je confesse que les Prophètes qui ont esté en Jérusalem du temps que Testât public estoit desja là fort dépravé, n'ont point sacrifié à part, et n'ont point fait des assemblées séparées des autres pour prier. Car ils avoyent le commandement de Dieu, par lequel il leur estoit ordonné de venir au temple de Solomon (Deut. 12, 13. 11). Ils savoyent que les Prestres Levitiques, combien qu'ils fussent indignes d'un tel office, neantmoins pource (pi'ils avoyent esté ordonnez de Dieu, et n'estoyent point encore déposez, devoyent estre recognus pour ministres légitimes, ayans le degré de prestrise (Ex. 29, 9). Davantage, ce qui est le principal poinct de nostre dispute, on ne les contraignoit à nulle façon de faire superstitieuse. Qui plus est, ils ne faisoyent rien qui ne fust institué de Dieu. Entre les Papistes, qu'est-ce qu'il y a de semblable ? Car à grand'peine nous pouvons nous assembler une fois avec eux, qu'il ne nous faille contaminer en idolâtrie manifeste. Certes le principal lien de la communion qu'on peut avoir avec eux, est en la Messe, laquelle nous rejettons comme un sacrilège extrême. Si c'est à tort ou à droit, nous le verrons en un autre lieu. Pour le présent ce m'est assez de monstrer que nous avons en cest endroit une autre cause que n'ont pas eu les Prophètes, lesquels n'estoyent contrains de voir ou faire aucunes cérémonies, sinon instituées de Dieu, ja soit qu'ils sacrifiassent avec les meschans. Si donc nous voulons avoir un exemple du tout semblable, il le faut prendre du royaume d'Is-
raël. Selon l'ordonnance de Jéroboam, la Circoncision y estoit observée, on y faisoit les sacrifices, on y tenoit la Loy pour saincte, on y invoquoit le Dieu qui avoit esté adoré par les Pères : toutesfois à cause des cérémonies controuvées et forgées contre la défense de Dieu, tout ce qui s'y faisoit estoit reprouvé comme damnable (l Hois 12, :U). Qu'on m'allègue un seul Prophète, ou quelque autre fidèle, qui ait jamais adoré ou sacrifié en Bethel. Ils n'avoyent garde: car ils savoyent bien qu'ils ne le pouvoyent faire, sans se souiller en (pieliiue sacrilège. Nous avons donc que la communion de l'Eglise ne se doit point estendre jnsques là, que quand une Eglise declineroit a des façons de servir Dieu vicieuses et profanes, il la faille ensuivre.
10. Mais nous avons encore meilleure cause de leur résister quant à l'autre poinct. Car entant qu'il est dit qu'il nous faut porter révérence à l'Eglise, luy donner authorité, recevoir ses admonitions, estre sujets à son jugement, s'accorder du tout à icelle : selon ceste considération nous ne pouvons point ottroyer le nom d'Eglises aux Papistes, (lu'il ne nous soit nécessaire de leur rendre subjection et obéissance. Toutesfois je leur ottroyeray volontiers ce que les Prophètes ont donné aux Juifs et Israélites de leur temps, «luand les choses y estoyent en semblable estât ou meilleur. Or nous voyons que les Prophètes crient Ipar tout, que les assemblées d'iceux sont conventicules profanes, avec lesquelles il ne seroit non plus licite de consentir que de renoncer Dieu (Is. 1, 14). Et de fait, si telles assemblées eussent esté Eglises, il s'ensuyvroit qu'Elie, Michée et les autres Prophètes semblables d'Israël, eussent esté estranges de l'Eglise: semblablement en Judée, Isaie, Jeremie, Osée et les autres, lesquels estoyent en plus grande exécration, tant aux Prophètes et Prestres de leur temps qu'au commun peuple, que s'ils eussent esté Payens. Semblablement si telles assemblées eussent esté Eglises, il s'ensuyvroit (lue l'Eglise de Dieu ne seroit point colomne de vérité (1 Tim. 3, lo): mais firmament de mensonge : et ne seroit point le sanctuaire de Dieu, mais un réceptacle d'idoles. Il convenoit donc aux Prophètes de n'avoir nul consentement avec telles assemblées, veu que c'eust esté une conspiration meschante contre Dieu. Par mesme raison si quelcun recognois' pour Eglises les assemblées qui sont sous la tyrannie du Pape, les(|uelles sont contaminées d'idolâtrie, de diverses superstitions et de meschante doctrine, pensant qu'il faille persister en leur communion, jusques à consentir à leur doctrine, cestuy-là erre grandement. Car si ce sont Eglises, eUes ont la puissance des clefs. Or les clefs sont conjointes d'un lien perpétuel avec la Parolle, laqueUe en est exterminée.