CHAPITRE IV
Je craignoyo qu'il n'y eust plus d'ornemens au temple: Dieu rospondra, Les Sacremens ne demandent point d"ûr : et comme on ne lesachette point à l'or, aussi ne sont-ils point ayreaUles par or. L'ornement des Sacremens, est la rédemption des prisonniers -^ En somme, nous voyons avoir esté vray en ce temps-là. ce (jue luy-mesme dit en un autre passage : assavoir (jue tout ce que rE,i,Mise possedoit, estoit pour entretenir les povres -^ Item, que tout ce qu'un Evesque avoit, estoit aux povres"".
9. Voila les ministères ou offices qui ont esté en l'Eglise ancienne ; car les autres estais du Clergé, dont il est l'ait mention souvent aux livres des Docteurs et aux Conciles, estoyent plustost exercices et préparations, que certains offices. Car afin qu'il y demourast tousjours semence en l'Eglise, à ce qu'elle ne fust point despourveue de ministres : les jeunes gens, qui par le consentement et autliorilé de leurs parens se presentoyent pour servir au temps advenir, estoyent receus au Clergé, et avoyent le nom de Clercs. Cependant on les instruisoit, et les accoustumoit-on à toutes bonnes clioses: afin qu'ils ne fussent point nouveaux et ignorans quand il seroit question de les employer en quehjue office. .Je voudroyc ;certes qu'on leur eust impose un autre nom plus propre, veu que sainct Pierre appelle toute l'Eglise, Le Clergé du Seigneur, c'est a dire l'héritage (1 Pierre o, 3). Ainsi, ce nom ne convenoit point à im seul ordre : toutesfois la façon de faire estoit saincte et utile : assavoir que ceux ([ui se vouloyent dédier à l'EgUse, fussent nourris sous la discipline de l'Evesque, afin que nul n'entrast en office devant qu'avoir esté bien formé : c'est à dire instruit en bonne et saine doctrine, exercé à porter le joug, et estre humble et obéissant; item, occupé en choses sainctes, pour oubfier toutes occupations profanes et. mondaines. Or tout ainsi qu'on accoustume nouveaux gendarmes par joustes et autres semblables exercices, afin qu'ils sachent comment ils se devront porter quand ce viendra à combatre à bon escient contre leurs ennemis : aussi il y avoit certains exercices au Clergé ancien, pour préparer ceux qui n'estoyent point encore en office. Premièrement, on leur donnoil la charge d'ouvrir et fermer les temples : lors on les nommoit Huissiers. Apres, on les ordonnoit pour demeurer avec l'Evesque, pour le conduire tant pour honnesleté que pour éviter souspeçon, afin qu'il n'allast nulle part sans compagnie et sans tesmoin. Puis, afin qu'ils commençassent petit a petit à estre cogneus du peuple, et qu'ils acquissent quelque authorité: semblablement afin qu'ils apprinsent d'avoir contenance devant le peuple, et qu'ils eussent audace de parler, afin qu'estans promeus en l'ordre de Prestrise ils ne fussent point confus ne troublez, quand il seroit
question de prescher: on leur ordonnoit de faire la lecture des Pseaumes au pulpitre. En ceste manière ils estoyent promeus de degrez en degrez, afin qu'on les approuvast en chacun exercice devant que les faire Sousdiacres. Mon propos tend là, qu'on cognoisse que ces choses ont esté préparation et rudimens ou apprentissage, plustost que certains offices, comme j'ay dit cy dessus.
10. Suyvant ce que nous avons dit, que le liremier poinct en l'élection des ministres est, (juels doyvent estre ceux qu'on eslist : et le second, avec combien meure délibération on y doit procéder : en l'un et en l'autre l'Eglise ancienne a suyvi diligemment ce que sainct Paul en ordonne. Car la coustume estoit de s'assembler avec grande révérence et invocation du nom de Dieu, pour e.slire les Evesques. Davantage, ils avoyent un formulaire d'examen, qui estoit pour enquérir sur la vie et la doctrine de ceux qu'on esli.soit, selon la mesme reigle de sainct Paul. 11 y a seulement eu une faute en cest endroit, qu'ils ont usé avec le temps d'une trop grande sévérité, vouians requérir en un Evesque plus que sainct Paul n'y requiert (1 Tim. 3, i) : et principalement quand on a ordonné par succession de temps, qu'il s'abtinst de mariage. En tout le reste ils ont bien esté conformes à la description de sainct Paul, que nous avons dite. Touchant du troisième poinct, assavoir à qui c'est qu'il appartient d'eslire ou instituer les ministres, en cela les Anciens n'ont tousjours tenu un mesme ordre. Du premier commencement nul n'estoit receu mesme du Clergé sans le consentement de tout le peuple : tellement que sainct Cyprien s'excuse soigneusement de ce ([u'il avoit constitué un Lecteur .sans en communiquer avec l'Eglise, d'autant que cela, comme il dit, avoit esté fait contre la coustume, ja soit qu'il y eust raison. Il use donc de ce proeme : Mes chers frères, en ordonnant les Clercs nous avons coustume de vous en demander vostre ad vis : et après avoir prins conseil de toute l'Eghse, de priser les mérites d'un chacun^®. Voila ses paroUes. Mais d'autant qu'en ces petis exercices, comme de Lecteurs et Acolytes, il n'y avoit pas grand danger, veu qu'on ne les recevoit qu'en charge de bien peu d'importance, et devoyent estre en une charge de longue esprœuve, par succession de temps on laissa d'en parler au peuple. Depuis mesme aux autres estais et ordres, excepté des Evesques, le peuple permit l'élection à l'Evesque et aux Prestres, à ce qu'ils cogneussent lesquels estoyent idoines ou non: fors que quand on vouloit ordonner un Prestre en mie parroisse. Car lors il falloit que le commun peuple y consenUst. Or ce n'est point de merveilles qu'il n'a pas beaucoup challu au peuple de maintenir son droit en ses élections : car nul n'estoit fait