CHAPITRE XIII
lilustost il ayde à la conformer. Car comnio ainsi suit que Joreniie auparavant l-usI lostilic tiuf Jésus Christ est le vray Dieu éternel, il aiijouste que l'E^^lise sentira tant au vif cela estre vray, i|u'elle se pourra ^'lorilier du nom mesme. Parquoy au premier passage la source et cause de la justice est mise en la personne de Jésus Christ : ce qui ne peut conq)eter qu'à Dieu : au second l'elTect est adjousté.
10. Si cela ne contente les Juifs, je ne voy jioint par (luelles cavillations ils i»uissent elTacer ce ([ue Umt souvent en lEscritme le Dieu éternel est proposé en la personne d'un Ange. Il est dit (pi'un Ange est apparu aux saincts l'eres (Juges 6 et 7). Cest Ange-la s'attrihue le non» de Dieu éternel. Si quelciu'un réplique (juc c'est au regard de la charge qui luy a esté commise : ce n'est pas soudre la diJliculté: car un serviteui" ne soulfriroit jamais ([u'ou luy otlrist sacrifice, pour ravir à Dieu l'honneur qui luy appartient. Or l'Ange après avoir refusé de manger du pain, commande d'oH'rir sacrifice à l'Eternel (Juges i3, 16) : et puis il prouve de fait que c'est luy-mesmes. Parquoy Manuah et sa femme cognoissent par ce signe, qu'ils n'ont pas seulement veu un Ange, mais Dieu : dont ils s'escrient, Nous mourrons : car nous avons veu Dieu. Et (piand la femme respond, Si l'Eternel nous eust voulu mettre à. mort, il n'eust lias receu l'olferte de nostre main : (Au mesme lieu, ii. 23) en cela certes elle confesse que celuy (jui avoit esté nommé Ange est vray Dieu. (Jui plus est, la response de l'Ange en oste toute question, Pourquoy m'interrogues-tu de mon nom, qui est admirable (Au mesme lieu, 18)? Et d'aut^mt plus est détestable l'impiété de Servet, quand il a osé dire, que jamais Dieu ne s'est manifesté aux saincts Pcres, mais (ju'au lieu de luy ils ont adoré un Ange. Plustost suyvons ce que les saincts docteurs ont interprété, (|ue cest Ange souverain estoit la ParoUe éternelle de Dieu, laquelle commençoit de.sja de faire oûice de Médiateur. Car combien que le Fiis de Dieu ne fust pas encore revestu de chair, toute.sfois il est de tout tenq)s descendu en terre pour approcher plus familièrement des fidèles. Ainsi telle conmmnication luy a donné le nom d'Ange, et cependant il a retenu ce qui estoit sien, assavoir d'estre le Dieu de gloire incompréhensible. Et c'est ce que signifie Osée, leciuel après avoir raconté la luitte de Jacob avec l'Ange, dit, l'Eternel Dieu des armées, l'Eternel est son mémorial et son nom (Osée 12, 3). Servet abbaye icy que c'est d'autant que Dieu avoit pris la personne d'un Ange; voire, comme si le Prophète ne confermoit pas ce qui avoit desja esté dit par Moyse, Parquoy t'enciuiers-tu de mon nom ? Et la confession du sainct Patriarche declaire assez, que ce n'estoit pas un Ange créé, mais le Dieu auquel réside toute perfection de
majesté souveraine. (|uand il dit. J'ay veu Dieu face à face (Gen. ;52, 29. 30). A ijuoy s'accorde le dire de sainct Paul, que le Christ a esté le conducteur du peuple au désert (1 Cor. 10, 4). Car combien ([ue le lenq)s au(|uel il se devoit abaisser et assulijettir, ne fust encores venu : toutesfois il a dés lors proposé ([uchiue figure de l'office auquel il estoit destiné. Davantage si on poise bien et sans contention ce (lui est contenu au second chapitre de Zacharie, l'Ange qui envoyé l'autre Ange est tautost après declairé le Dieu des armées, et tout pouvoir souverain luy est attribué. Je laisse force tcsmoignages ausquels nostre foy se peut seurement reposer, combien que les Juifs n'en soyent point esmeus; car quand il est dit en Isaie, Voici c'est cestuy-cy qui est nostre Dieu, c'est l'Eternel, nous espérerons en luy, et il nous sauvera (Is. 2o, 9) : toutes gens de sens rassis voyent qu'il est notamment parlé du Rédempteur, lequel devoit sorfir pour le salut de son peuple : et ce que par deux fois il est monstre comme au doigt ne se peut rapporter qu'a Chiist. 11 y a un passage en Malachie encores plus clair, quand il promet que le dominateur qu'on attendoit. viendra en son temple (Malach. 3, 1). 11 est tout notoire que le temple de Jérusalem n'a jamais esté dédié qu'au seul et souverain Dieu : et toutesfois le Prophète en donne la maistrise et possession à Jésus Christ; dont il s'ensuit qu'il est le mesme Dieu qui a tou.sjours esté adoré en Judée.
11. Le nouveau Testament est plein de tcsmoignages infinis : et pourtant il me faut plustost mettre peine d'eslire les plus propres, que de les assembler tous. Or combien que les Apo.stres ayent parlé de Jésus Christ depuis qu'il est apparu en chair pour Médiateur : neantmoins tout ce que j'ameneray conviendra tresbien à prouver sa Deité eterneUe. Pour le premier, c'est un poinct bien à noter, que tout ce qui avoit esté prédit du Dieu éternel, les Apostres l'appliquent k Jésus Christ, disans qu'il a esté accompli en luy, ou le sera. Comme quand Isaie dit, que le Dieu des armées sera en pierre de scandale, et en rocher d'achoppement à la maison de Juda et d'Israël (Is. 8, 14) : sainct Paul declairé que cela a esté accompfi en Jésus Christ, enquoy il monstre quant et quant qu'il est le Dieu «les armées (Rom. 9, 32). Pareillement en mi autre passage, 11 nous faut, dit-il, tous comparoistre devant le siège judicial de Christ : car il est escrit, Tout genouil se ployera devant moy, et toute langue jm'era en mon nom (Rom. 14, 10; Is. 43, 23). Puis que Dieu parle ainsi de soy en Isaie, et que Christ monstre par effect que cela luy convient : il s'ensuit bien qu'il est ce Dieu mesme duquel la gloire ne peut estre donnée à autniy. Autant en est-il de ce qu'il aUegue du Pseaume en l'Epistre aux Ephesiens, Dieu montant en haut a mené ses