‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 541 sur 703 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ne prononce rien, sinon de la parolic de Dieu ? S'ils demandent quelque chose davantage, qu'ils entendent Iquo ces itarolles de Christ ne leur favorisout on rien. Et ne faut qu'on m'estime trop contentieux, de ce que j'insiste si fort sur ce poinct, (pi'il n'est licite a l'Eglise de forger aucune doctrine nouvelle: c'est a dire déplus enseigner cpie Dieu n'a révélé par sa paroUe. Car tout homme de sens rassis voit bien quel danger il s'en ensuyvroit. si on donnoit une fois aux hommes tant de puissance. On voit comment la fenestre seroit ouverte à tous blasphémateurs pour se moipier de la Chrostienté. si on disoit ([ue les Chrestiens deussent tenir comme article de foy ce que les hommes auroyent déterminé. Il y a aussi ce poinct à noter, que Jésus Christ selon l'ordre accoustumé en son temps donne ce nom-la au consistoire (jui estoit establi entre les Juifs : voulant par ceste similitude induire ses disciples <à porter révérence aux superiutendens de lEglise. Or si on veut croire noz adversaires, il s'ensuivroit que chacune ville et village auroit pareille authorité à forger des articles de foy.

IG. Les exemples dont ils se veulent servir, ne font rien à leur propos. Ils disent que le Baptesme des petis enfans est fondé plus sur le décret de l'Eglise, que sur quelque commandement exprés de l'Escriture. Mais ce seroit un trespovre et malheureux refuge, si pour défendre le Baptesme des petis enfans, nous estions contrains de recourir à la pure et simple authorité de l'Eglise : mais il apparoistra en un autre lieu qu'il n'est pas ainsi. Semhlablement ce qu'ils allèguent, que l'on ne trouve point aux Escritures la détermination faite au concile de Nice, (jue le Fils de Dieu est d'une mesme substance avec le Père : en cela ils font une grosse injure aux saincts Evesquesdu Concile: comme

s'ils eussent témérairement condamné Arrius de ce qu'il ne vouloit point s'astreindre à leurs mots, combien (pi'il confessast toute la doctrine la(|uelle est cumprinse aux Escritures des Prophètes et Apostres. Je confesse bien que ce mot de Consubstantiel n'est point en l'Escriture : mais puis (jue tant de fois il nous est montré en icelle qu'il n'y a qu'un seul Dieu: et derechef, que Jésus Christ y est appelle vray Dieu et éternel, un avec le Père: qu'ont fait autre chose les saincts Evesques, en declairant tju'il estoit d'une mesme essence, sinon qu'ils ont simplement exposé le sens naturel de l'Escriture ? Et de fait, Theoiiorite historien raconte que Constantin l'Empereur usa de ceste préface au Concile, de première entrée: Il y a la doctrine du sainct Esprit, à laquelle il nous faut tenir en disputant des choses divines: les livres des Apostres et Prophètes nous monstrent pleinement la volonté de Dieu. Pourtant en laissant toutes contentions, prenons des paroUes du sainct Esprit, la décision et vuydange de la question qui est à présent'-"*. Il n'y eut nul qui contredist à ces sainctes admonitions : nul ne répliqua (]ue l'Eglise pouvoit adjouster quelque chose du sien : que le sainct Esprit n'avoit point tout révélé aux Apostres, ou pour le moins (juils n'avoyeut pas tout laissé par escrit. Rien de tout cela. Si ce que nos adversaires prétendent est vray: premièrement l'Empereur Constantin eust mal fait en ostant a l'Eglise sa puissance. Secondement, c'eust esté une dissimulation meschante et desloyale aux Evesques, que nul d'eux ne se leva pour maintenir l'authorité de l'Eglise. ?dais au contraire, Tlieodorite réfère que tous recourent volontiers l'admonition de l'Emperem", et l'approuvèrent. Dont il apport que ce que maintenant disent nos adver.s;iires, est nouveau, et qu'il n'esîoit point encore cogneu adonc.

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