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CHAPITRE IX

prins leur jugement que de la parolle de Dieu. Pourtant nous les ensu\ vous avec telle condition que nous avons la i)arolle de Dieu pour nous esclairer : selon laquelle il se sont aussi conduits. Voysent maintenant les Homanisques : et (ju'ils se vantent, conune ils ont aecoustumé, que le sainct Esprit soit lié et attaché à leurs Conciles.

10. ('omliien que mesmes aux anciens Conciles qui sont les plus purs, il y a quelcpie chose à redire : ou à cause que les Evesques qui estoyent pour lors, comhien qu'ils fussent gens savans et prudens, touteslois estans empeschez aux matières pour les(|uelles ils estoyent assemblez, ne regardoyent pas beaucoup d'autres choses : ou qu'estans occupez en grans alTaircs, ils ne prenoyent esgard à ceux qui estoyent île moindre importance : ou qu'ils pouvoyent faillir par ignorance : ou bien (pi'aucune fois ils estoyent trop ardens en leurs aiïections. Ceste dernière raison pourroit sembler la plus dure; touteslois nous en avons un exemple notable au premier Concile de Nice, duquel la dignité a esté prisée par dessus tous autres. Car les E]vesques qui estoyent là venus pour défendre le principal poinct de nostre foy, combien iprils vissent Arrius en leurs présences prest de batailler, et (lue pour le conveincre il leur fust nécessaire de bien accorder ensemble : neantmoins comme s'ils fussent là venus de propos délibéré pour luv faire plaisir, ne se soucians point en ([uel danger estoit l'Eglise, commencèrent à se mordre, accuser et injurier l'un l'autre, à présenter libelles dilfamatoires, ausqucls toute leur vie estoit traduite : bref, ils laissoyent Arrius pour se deffaire eux-mesmes. Et estoyent d'une telle intempérance acharnez ensemble, qu'il n'y eust jamais eu fin à leurs contentions, si Constantin Enqjereur, protestant (^u'il ne vouloit point estre le juge, n'eust reprimé leurs débats. Combien est-il plus vray-semblable, que les autres Conciles qui depuis se sont ensuyvis, ayent peu avoir quelque faute? Cela n'a point mestier de longue probation : car quiconciue lira les actes des (Conciles anciens, y trouvera beaucoup d'infirmité. Je ne dy non plus.

il. Et de fait, Léon Evesque de Rome n'a point ilouté d'arguer le concile de Chalcedoine d'ambition et de témérité inconsidérée, combien qu'il le confesse estre sainct et Chrestien cpiant a la doctrine. Il ne nie pas que ce ne soit un Concile légitime : mais il (Jit plat et court, qu'il a peu eirer. Il semblera advis à quelcun (luc je soye mal advisé, de mettre peine à monstrer tels erreurs, veu ([ue les Papistes mesmes confessent que les Conciles peuvent errer aux choses qui ne sont point nécessaires a salut. Mais ce que je dy n'est point supertlu. Car combien (jue les Papistes, quand on les contreind par vives raisons, confessent cela de bouche : toutesfois

puis qu'ils veulent que nous recevions indifféremment et sans exception, pour révélation du sainct Esprit tout ce ijui aura esté déterminé aux Conciles, en (pielque alîaire <iue ce soit, ils requièrent de lait plus qu'ils ne disent de parolles. En faisant ainsi où tendent-ils, sinon d'obtenir que les (>)nciles ne peuvent errer? ou bien s'ils errent, (pi'il n'est point licite de voir la vérité, ou ne pniiu consentir aux erreurs ? La fin de mon intention est de monstrer que le sainct Esprit a tellement gouverné les bons Conciles et (Chrestiens, qu'il a neantmoins permis qu'il y eust quelque infirmité humaine meslée : afin de nous apprendre qu'il ne nous tant point trop fier aux hommes. Ceste sentence est beaucoup plus douce que le dire de Grégoire Nazianzene ®®, assavoir ([ue jamais il n'a veu bonne issue d'aucun Concile. Car en alîermant que tous sans exception ont eu mauvaise fin, il ne leur laisse gueres d'authorité. Il n'est ja mestier de faire plus mention à part des Conciles provinciaux, d'autant qu'il est aisé de juger par ce qui a esté dit, quelle authorité ils doyvent avoir pour bastir articles de foy, et faire recevoir telle doctrine qu'il semblera bon à quelque nombre d'Evesques, si tosi qu'ils seront assemblez en un lieu. 12. Or nos Romanisques se voyans destituez de toute ayde de raison, recourent finalement à ce dernier et malheureux refuge : c'est qu'encores qu'ils soyent ignorans et pervers, neantmoins la parolle de Dieu demeure, laquelle commande d'obéir à nos supérieurs (Hebr. 13, 17). Mais que sera-ce, si je nie que ceux qui sont tels, soyent nos supérieurs ? Car ils ne doyvent point plus usurper de dignité qu'en a eu Josué, lequel estoit Prophète de Dieu, et excellent Pasteur. Or oyons avec quelles parolles il a esté ordonné en son office de par le Seigneur : Que le livre de laLoy, tiit-il, ne soit jamais esloigné de tes yeux : mais que tu médites en iceluy nuict et jour. Tu ne déclineras ny a dextre ny à senestre, et lors tu chemineras droitement (Josué 1, 7. 8). Nous tiendrons donc pour nos Prélats spirituels ceux qui ne déclineront de la Loy de Dieu ne d'un costé ne d'autre. Que s'il falloit inditîeremment recevoir la doctrine de tous Pasteurs, quel mestier estoit-il que fussions si souvent et tant soigneusement advertis par la parolle de Dieu, de n'escouter la doctrine des faux Prophètes et des faux Pasteurs? N'escoutez point, dit-il par Jeremie, les parolles des Prophètes qui vous proplietisent ; car ils vous enseignent mensonges, et vous annoncent la vision de leur cœur, non pas ce qui est procédé de la bouche de Dieu (Jer. :23, 16). Item, Gardez-vous des faux Prophètes qui viennent à vous en habits de brebis : mais par dedans sont loups ravissans (Matth. 7, lo). Sans propos sainct Jean nous eust admonnestez d'esprouver les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu (1 Jean 4, 1). De laquelle es-

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