‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 572 sur 703 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ifQL'illir, nv on leurs jusnos. ny en tout le reste de leur diseipHue. cninrne s'il y avoit rien digue de louange, veu que tout y est corrompu et perverty.

:2:2. S'ensuit la seeonde partie de ladiseipliue, la(|uelle ajipartient proprement au Clergé : c'est assavoir (jue les gens d'Eglise se gouvernent selon les Canons (jui ont esté anriennement faits pour les entrettMiir en toute lioniiestoté. comme sont ceux qui s'ensuyvent : Qu'un lu mime d'Kglise ne soit point adonné à la chasse, au jeu de dez, à gourmandise ou liaïKjuets : que nul d'eux ne se mesle d'usure ou de marchandise, qu'il ne soit présent à danses et autres dissolutions. Or alin que nul ne transgressast ces ordonnances, les Conciles anciens ont advisé de punir et chastier ceux (jui ne se voudroyeut rendre oheissans en tout ce (|ui appartenoil à i'honnesteté du Clergé. Et pour ceste cause cliacun Evesque avoit la charge et authorité de gouverner son Clergé, pour contreindre chacun à faire son devoir. Pour ceste mesme raison ont esté instituées les visitations elles synodes :afin que si quelcun estoit nonchalant en son offifo. il fust admonnesté : et si (juelcuu avoit failli, (ju'il fust chastié selon sou démérite. Les Evesques aus.si avoyent entre eux tous les ans un Concile en chacune province, et mesme auparavant de six mois en six mois: afin que si quehpie Evesque s'estoit mal porté, il fust la jugé. Car si quehpie Evesque estoit trop rude à son Clergé, et le traitoit trop inhumainement, celuy qm se vouloit pleindre de luy, venoit là, et la cause s'y demenoit. Or on usoit d'une grande sévérité. Car si ontrouvoit (pie quelcun eust abusé de sou authorité, ou mal versé en son estât, on le deposoit : et quelque fois mesmes on l'excommunioit pour certain temps. Davantage, pource que ceste police estoit ordinaire, jamais ils ne se partoyenl d'un Concile provincial, qu'ils n'eussent assigné le lieu et le temps auquel l'autre se dcvoit tenir, (^ar touchant d'un Concile universel, c'estoit à l'Empereur de le commander et publier, et de dénoncer que chacun y comparust, comme les histoires anciennes le monstrent. Cependant que ceste sévérité a duré, les gens d'Eglise n'ont point astreint le peuple, sinon à ce dont ils leur monstroyent re\enq)lc par effect : car ils estoyent beaucoup plus sévères envers eux qu'envers les autres. Et de fait, c'est bien la raison que le peuple ait plus de liberté, et ne soit pas si court tenu que le Clergé. Je n'ay ja mestier de raconter par le menu comment ceste police a esté mise bas, et s'en est allée à val l'eau : tant y a fpie chacim voitipi'il n'y a estât plus dissolu ne plus desiiurde ipie Testât Ecclésiastique, tellement que tout le monde en crie sans que nous en parlions. Je confesse qu'afin -ju'il ne semble que toute l'ancienneté soit ensevelie entre eux,

ils abusent les yeux des simples de quehpies ondn'cs : mais tout ce qu'ils tout n'approche non plus de ce qu'ils font sendjlant d'ensuvvre, (jue les mines d'un singe ressendilent à ce que les hommes font par bonne raison. Il y a un passage bien notable en Xenophon ^"\ Il recite (pie les Perses s'estans desvoyez et abastardis des vertus de leurs ancestres, en ce qu'ayans laissé leur fa- ('011 austei'c de vivre, ils s'eslijyent desbordez en (ielices,ctelîeminez : toutesfois pour couvrir leur honte ne laissoyent jjas île garder les statuts anciens ipiant a la formalité. Car conmie ainsi soit (pie du temps de Cyrus la sobrité et tempérance fust telle, qu'il n'estoit licite de se moucher, et ([ue cela estoit tenu pour vilain et deshonneste, ceste cérémonie a duré hjng temps après, de ne s'oser moucher : mais de retirer l'ordure au dedans, et les humeurs corrompues (pTils avoyent amassées par leur intenq)erance : voire jus(|ucs à s'empunaiser, il estoit licite. Pareillement, selon le précepte ancien ces bons imitateurs eussent fait scrupule comme d'un grand crime, d'apporter sur table des couppes : mais il ne leur challoit d'entonner le vinenleurestomachs, en tel excès qu'il les falloit enq)orter yvres. Il avoit esté jadis ordonné eu leur nation, de ne manger qu'une fois le jour : ces bon successeurs n'avoyent point cassé ceste loy, mais c'estoit pour continuer leurs banquets depuis midy jusqu'à minuit. Pource que la loy ancienne portoit, qu'en guerre une armée ne marchast (pTàjun: ceste coustunie a bien esté permanente : mais les bons successeurs avoyent restreint toute leur journée à deux heures. Toutes fois et quantes que les Papistes prétendront leurs belles reigles, pour faire à croire qu'ils sont aucunement semblables aux saincts Pères, cest exemple suffira pour redarguer leur folle imitation etridicule, autant que si un bon peintre la peignoit.

23. Ils sont tant et plus rigoureux, voire du tout inexorables à ne permettre le mariage aux Prestres. Quelle licence de paillarder ils prennent et donnent : il n'est ja besoin de le dire. Et sous ombre de ceste saincteté infecte et puante de s'abstenir de mariage, ils se sont endurcis à toutes vilenies. Tant y a que ceste défense monstre assez combien les traditions humaines sont nuisibles, veu que non seulement elle a privé et desnué l'Eglise de bons Pasteurs et idoines, et qui se fussent bien ae(piittez de leur charge : mais aussi elle a apporté un horrible amas et bourbier de beaucoup d'enormitez, et a plongé beaucoup d'ames au gouH're de désespoir. Quant est de la défense iqu'on a faite aux Prestres de se marier, je dy (|u'en cela il y a eu une meschante tyrannie, non seulement contre la paroUe de Dieu, mais aussi contre toute équité. Pour le premier, il n'estoit nullement licite aux hommes de défendre ce que Dieu avoit

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