‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 596 sur 703 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

signes ancieiî?;, ausiiuols Dieu s'est voulu monstrer véritable envers les Peies, wnuiieaujourdhuy envers bous au lîaptesme el en la Cène : mais il a voulu rnai^nifier par eoni|taraison ce qui nous est donné, aliu que nul ue s'esbaliisl <ie ce que les cérémonies de la Loy ont esté abolies à l'adveoenient tie Christ.

-23. Au surplus, do ce ([ue les Docteurs de l'escole mettent une .urautle diU'erence entre les Sacremens de la vieille et nouvelle loy, comme si les premiers n'eussent (|ue figuré en l'aii' la grâce de Dieu, les seconds la donuoyent présentement: ceste docihnc est du tout à rejetter. Car l'Apostre ne parle j)oint plus hautement des uns (|ue des autres, enseignant (jue nuz Pères de l'ancien Testament ont mangé une mesme viande spirituelle que nous (1 Cor. 10, .'}) : et expose que ceste viande a esté Christ. Qui estce qui osera dire le signe vuide et sans substance, qui demonstroit aux Juifs la vraye communion de .lesus Christ? Et à cccy aide la circonstance de la cause que demene l'Apostre en ce passage-là. Car alin (lu'aucuns sous ombre de la grâce de Dieu ne contemnent sa justice : il propose les e\enq)les de sa rigueur et sévérité, comme il l'a declairée sur les Juils. Et afin que nul ne se peust préférer, comme s'il avoit quelque privilège davantage, il prévient ceste objection, les rendant du tout pareils à nous. Et notanunent il monstre ceste equalité aux Sacremens, qu'ils sont conuuuns tant aux uns comme aux autres. Et de lait, il n'est pas licite d'attribuer plus au Baptesme, que le mesme Apostre attribue en un autre lieu à la Circoncision, l'appellant Seel de la justice de l'oy (Rom. 4, M). Pourlaul tout ce que nous avons aujourdhuy en noz Sacremens, les Juifs l'avoyent anciennement aux leurs, assavoir Jésus Christ avec ses richesses spirituelles. Et la vertu qu'ont noz Sacremens a esté aux anciens, assavoir d'estre signes et confirmations de la bonne volonté de Dieu pour le salut des bonunes. S'ils eussent bien entendu la dispuie démenée en l'Epistre aux Hebrieux, ils ne se fussent pas ainsi trompez : mais pource qu'ils lisoyent que les péchez n'ont point esté efïacez par les cérémonies légales, mesmes qu'il n'y a point eu vertu aux ombres anciennes pour apporter justice (Hebr. 10, 1), laissans la comparaison qu'ils devoyent bien noter, ils se sont attachez à ce mot, que la Loy n'a de rien profité à ses observateurs. Ainsi ont pensé qu'il u'y eust que des figures vaincs et vuydes de substance. Or l'intention de l'Apostre est simplement d'anéantir la l.oy ceiemoniale, sinon d'autant qu'elle est réduite à Christ, duquel elle prend toute son efficace.

24. Mais on pourra alléguer ce qu'il dit aux Romains, de la Circoncision : assavoir, qu'elle n'est en aucune réputation par soy, et ne profite à rien devant Dieu (Rom. i, iU; 1 Cor. 7, 19:

Cial. 6, lo) : où il semble qu'il la face beaucoup inA'rieure au Raptesme : ce (|ui n'est pas vray. Car toutes les choses qui sont là contenues, se pourroyent aus.<;i à bon droit dire du Raptesme : mesme en sont dites, premiei'ement par saiuct Paul, quand il enseigne que Dieu ne se soucie l)oint de l'ablution externe (1 Cor. 10, 5), sinon que le courage soit purgé par dedans, et persévère en pureté jusques eu la fin. Secondement par sainct Pierre, quand il tesmoigne que la vérité du Rai)l('snu' ne gist pas en la purgation extérieure, mais eu la bonne conscience (1 Pierre 3, :21). Mais on répliquera, qu'il semble bien advis qu'en un autre lieu il mesprise du tout la Circoncision faite de main d'homnu% la comparant à la Circoncision spirituelle de (Christ ((^ol. 2, 11). Je respon que ce passage là ne derogue non plus à sa dignité. Sainct Paul dispute là contre ceux qui coutraignoyenl les fidèles à se circoncir, conmie si c'eust esté chose nécessaire, combien que la Circoncision estoit desja abolie. 11 admonneste donc les fidèles de ne s'amuser ])lus à ces ombres anciennes, mais à la vérité : Ces docteurs, dit-il, vous pressent que vous soyez circonciz en voz corps. Or vous estes circonciz spirituellement tant selon le corps que selon i'ame : vous ave» donc une fermeté qui est beaucoup meilleure que l'ombre. Or quelcun pourroit répliquer a rencontre, qu'il ne falloit point pourtant mespriser la figure, combien qu'on eust la chose : veu que les Pères de l'ancien Testament avoyent esté circonciz d'esprit et de cœur, et toutesl'ois le Sacrement ne leur avoit point esté superflu. Il anticipe donc ceste objection, en disant ([ue nous sommes enseveliz avec Christ par le Raptesme. En quoy il dénote que le Raptesme est aujourdhuy aux Chrestiens, ce qu'estoit aux anciens la Circoncision : et par ainsi qu'on ne peut contraindre les Chrestiens à estre circoncis, sans faire injure au Raptesme.

23. Mais on fera encores un autre argument, que puis après il adjouste que toutes les cérémonies Judaïques ont esté ombres des choses advenir, et que le corps est en Christ mesme. Ce qui est traité depuis le septième chapitre de l'Epistre aux Hebrieux jusques en la fin du dixième, est encores plus apparent à ce propos : veu que là il est dit, (jue le sang des bestes brutes u'attouchoit point à la conscience. Item, que la Loy avoit seulement l'ombre des biens advenir, non pas l'effigie expresse. Item, que les observateurs de la Loy Mosaiciue ne pouvoyent par icelle obtenir perfection (Hebr. 9, 9: 10, 2. 4). Je respon, comme desja ci dessus, que sainct Paul n'appelle point les cérémonies. Ombres, comme si eUes n'eussent rien eu de ferme ne de sofide : mais pource que l'accomplissement d'icelles estoit suspendu jusques en la manifestation de Christ. Je dy davantage, qu'il ne traite point de l'efficace ou vertu des cérémonies, mais

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