‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 609 sur 703 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

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excepté un poinct qui n'a pas esté touché : c'est qu'il est aussi bien comme une mai(iue, par iaiiuelie nous avouons devant les hommes le Seij,'neur pour nostre Dieu, et sommes enrôliez au niimhre de son peuple.

;{. l'ourtant que devant l'institution du Baptesme le peuple de Dieu avoit au lieu la Circoncision, laquelle a servy sous le vieil Testament, il nous faut icy regarder quelle similitude et queUe dilïerence il y a entre ces deux signes : afin que de cela nous comprenions semblablement que c'est qu'on peut déduire de l'un à l'autre. Quand nostre Seigneur ordonne la circoncision à Abraham, il use de ceste préface, qu'il veut estre son Dieu, et le Dieu de sa semence (Gen. 17, 7. 10): se declairant estre tout puissant, et avoir toutes choses en sa main, pour luy estre en plénitude et fontaine de tous biens. Sous lesquelles parolles est comprinse la promesse de la vie éternelle : ainsi (pie nostre Seigneur Jésus Christ l'a exposé, tirant un argument de ce que son Père s'estoit appelle le Dieu d'Abraham, pour conveincre les Sadducecns de l'immortalité et résurrection des fidèles : Car il n'est point, dit-il, Dieu des morts, mais des vivans (Matth. 22, :î2 : Luc 20, 38). Parquoy aussi sainct Paul au deuxième des Ephesiens leur monstrant de quelle confusion nostre Seigneur les avoit retirez, il déduit de ce qu'ils n'avoyent point la Circoncision, (pi'ils estoyent sans Christ, estrangers des promesses, sans Dieu et sans espérance (Ephes. 2, 12) : d'autant qu'icelle estoit le tesmoignage de toutes ces choses. Or le premier degré que nous avons pour approcher de Dieu, et entrer en la vie éternelle, c'est la remission de noz péchez. Dont il s'ensuit que ceste promesse est correspondante <à celle du Baptesme, qui est de nostre purgation et ablution. Apres, nostre Seigneur declaire cà Abraham comment il veut qu'il chemine devant soy en intégrité et innocence. Oui n'est autre chose que la mortification, }»our ressusciter à nouveauté de vie. Et afin (pi'il n'y eust nulle doute que la Circoncision ne fust signe et figure lie la mortification, Moyse l'expose plus clairement au dixième de Deuteronomc, quand il exhorte le peuple d'Israël de circoncir son cœur au Seigneur : pource qu'il est le peuple esleu de luy, entre toutes les nations de la terre (Deut. 10, 16; 'M), H). Connue nostre Seigneur en recevant la lignée d'Abraham pour son peuple, ordonne qu'ils soyent circoncis: Moyse declaire qu'ils doyvent estre circoncis de cœur, comme voulant monstrer quelle est la vérité de ceste (circoncision charnelle. Davantage, afin que le peuple n'aspirast à ceste mortification par sa propre puissance, il luy enseigne comment c'est une œuvre de la grâce de Dieu en nous. Toutes ces choses ont esté tant souvent répétées aux Prophètes, qu'il n'est ja besoin en faire long propos.

Nous avons donc que la Circoncision a eu promesse spirituelle envers les Pères, telle mesme que le Baptesme: en leur signifiant la rémission de leurs péchez, et mortification de leur chair, pour vivre à justice. Outre plus, connue nous avons dit ([ue Christ, entant iiu'il est l'accomplissement de ces choses, est le fondement du Baptesme: aussi est-il de la Circoncision. Parquoy il est [)romis à Abraham, et en luy la bénédiction de tous peuples de la terre: c(»mme si nostre Seigneur disoit, que toute la terre estant en soy maudite, recevi'a bénédiction i)ar luy. Et le signe de la (Circoncision est adjousié pour sceller et confermer ceste grâce.

^. Il est à ceste heure bien aisé de juger et discerner en (juoy conviennent ensemble, ou en quoy dilferent ces deux signes, la Circoncision et le Baptesme. La promesse (jue nous avons dite estre la vertu des Sacremens, est une en tous deux : c'est assavoir de la miséricorde de Dieu, de la remission des péchez, et de la vie éternelle. La chose représentée y est tousjours une, c'est nostre purgation et mortification. La cause et le fondement de ces choses, qui est Christ, est tant en l'un comme en l'autre, pour confirmation et accomplissement. 11 s'ensuit qu'il n'y a rien de différence quant au mystère intérieur, où gist toute la .substance des Sacremens, comme dit a esté. Toute la diversité qui s'y trouve, n'est sinon quant à la cérémonie extérieure, qui est la moindre partie des Sacremens, puis que la considération jjrincipalc dépend de la Parolle et de la chose signifiée et représentée. Paniuoy nous pouvons couclurre que tout ce qui appartient à la Circoncision, est aussi commun au Baptesme : excepté de la cérémonie externe et visible. Et à ceste déduction nous meine la reigle de sainct Paul : c'est que toute l'Escriture se doit mesurer selon la proportion et similitude de la foy (Rom. 12, 3. C), laquelle regarde tousjours les promesses. Et de fait, la vérité se laisse en cest endroit quasi toucher à la main. Car comme la Circoncision a esté une marque aux Juifs, en recognoissance que Dieu les recevoit pour son peuple, et qu'ils l'avoyent pour leur Dieu, et ainsi leur estoit comme la première entrée extérieure en l'Eglise de Dieu : aussi par le Baptesme nous sommes premièrement receuz en l'Eghse de nostre Seigneur, pour estre recognus de son peuple : et faisons protestation de le vouloir advouer pour nostre Dieu. Dont appert que le Baptesme a succédé à la Circoncision.

o. Maintenant si (|uelcun demande, si le Baptesme doit estre communiqué aux petits enfau.s, comme leur appartenant selon l'ordonnance de Dieu : qui sera celuy tant despourveu de sens, lequel se vueille arrester, pour en donner bonne resolution, seulement à l'eau et l'observation visible, et non plustost considérer le mystère spi-

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