CHAPITRE XVI
veulent coiiclurre que tout ce qui est représenté au Baptesme doit [jioceder iceluy, leur faute est en cela par trop lourJe : veu mcsme que ces choses ont esté escrites aux personnes lesquelles avoyent ja esté bapiizées. Autant. en laul-il (lire de ce qu'cscrit sainct Paul aux (îalatiens: (jue nous tous (pii soninies liaptisez, avons vestu Jésus Christ ((lai. :?, 27). Ce qui est vray. Mais à quelle fin? Pour vivre doresnavant eu luy : non pas pource (ju'auparavant nous y avons vescu. Et condjien que les grans ne doyvcnt recevoir le signe, que premièrement ils n'ayent intolli^ence de la chose, il y a diverse raison aux petits enfants, comme il sera dit en autre lieu. A une niesmc lin teml le dire de sainct Pierre, (jue le Haptesme respondant à la figure de l'arche de Noé, nous est donné à salut (1 Pierre 3, 21). Non point l'ablution extérieure des souillures de la chair, mais responsc de bonne conscience envers Dieu, qui est par la foy en la résurrection de .lesus Christ. Si la vérité du Baptesme est bon tesmoignage de la conscience devant Dieu: (piand cela sera séparé. (pie reste-il plus qu'une chose vaine et de nulle importance? Parquoy si les enfans ne peuvent avoir ceste bonne conscience, leur Baptesme n'est (pie vanité et fumée. En cela ils se trompent tousjours, qu'ils veulent précisément que la vérité sans quelque exception précède le signe. Lequel erreur nous avons abondamment cy devant refuté. Car la Circoncision, pourtant si elle estoit baillée aux petits enfants, ne laissoit point d'estre Sacrement de la justice de la foy, signe de pénitence et régénération. Si ces choses eussent esté incompatibles. Dieu n'eust pas fait telle ordonnance. Mais en nous enseignant que la substance de la Circoncision est telle, et cependant l'assignant aux petits enfans, il nous monstre assez que touchant ces poinctsla, elle leur est baillée pour le temps advenir. Donc la vérité présente qu'il nous faut considérer au Baptesme, quand il est donné aux petits enfans, c'est qu'il est testificalion de leur salut, en seelant et confirmant l'alliance de Dieu sur eux. Pourtant timtes telles raisons ainsi démenées, ne sont que dépravations de l'Escriture, comme cliacun peut voir.
22. Nous traiterons en bref les autres argumens, lesquels se peuvent desmesler sans grande difficulté. Ils allèguent que le Baptesme est un tesmoignage de la remission de noz péchez : ce que nous accordons, et disons (pie par ceste raison il appartient aux petits enfans. Car estans pécheurs, comme ils sont, ils ont besoin de pardon et remission de leurs macules. Or puis que le Seigneur testifie qu'il veut faire miséricorde à cest aage, pourquoy lui refuseronsnous le signe qui est moindre que la chose ? Parquoy nous retournons l'argument contre eux : Le Baptesme est signe de la remission
des péchez: les enfans ont remission de leurs péchez. Le signe donc. (]ui doit suyvre la chose, k bon droit leur est communicpié. Ils produisent ce qui est e :crit au cinquième des Ephesiens, que nostre Seigneur a purgé son Eglise par le lavement d'eau en la parollc de vie (Ephes. o, 2t>). Ce (lui fait encore contre eux: car de cela nous déduisons telle raison : Si nostre Seigneur veut (pie la purgation (pi'il fait de son Eglise, soit testiliée et confermee par le signe du Baptesme, et les petits sont de l'Eglise, puis qu'ils sont contez au peuple de Dieu, et apiiartiemient au royaume des deux: il s'ensuit donc (pi'ils (lovvent recevoir le tesmoignage de leur purgation. comme le reste de l'Eglise. Car sainct Paul sans nulle exception comprend généralement toute l'Eglise, quand il dit (pie noslre Seigneur l'a purgée par le Baptesme. De ce qu'ils allci^uent du douzième de la première au Corinthiens, que par le Baptesme nous sommes incorporez en Christ (1 Cor. 12, 13), on en peut autant déduire. Car si les petits enfans appartiennent au corps de Christ, comme il appert de ce qui a esté dit: il est donc convenable (ju'ils sovent baptisez, pour estre conjoints à leurs membres. Voila comme ils bataillent vivement contre nous avec tant de passages qu'ils accumulent sans sens, sans propos, sans intelligence. 23. Apres, par la practique des Apostres, ils veulent monstrer comment il n'y a que les grans, qui soient capables de recevoir le Baptesme. Car sainct Pierre, disent-ils, estant interrogué de ceux qui se vouloyent convertir a no'stre Seigneur, que c'est qu'ils avoyent a faire : il leur resnond qu'ils facent pénitence et qu'un chacun d'eux soit baptizé en la remission de leurs péchez (Act. 2. 37. 38). Semblablement, quand l'Eunuque demande à sainct Philippe, s'il n'est pas loisible qu'il soit baptizé: il luy respond, Ouv bien, moyennant qu'il croye de tout son cœur (Act. 8. 30. 37). De cela ils concluent que le Baptesme n'est ordonné sinon pour ceux qui ont foy et repentance, et qu'on ne le doit ottroyer à nuls autres. Mais s'il est question d'y aller en ceste sorte, par le premi(M' passage on trouveroit que la repentance suffiroit seule, veu qu'il n'y est fait mention aucune de la foy: et par le second, (pie la foy seule seroit assez, veu que la repentance n'y est point requise. Ils me diront que l'un des passages aide à l'autre: et partant qu'il les faut joindre pour en avoir bonne intelligence. Et send)lablement nous disons que pour bien tout accorder, il faut assembler les autres passages, lesquels nous peuvent despecher de ceste difficulté, d'autant que le droit sens de l'Escriture souventefois dépend de la circonstance. Nous voyons donc que ces personnages, lesquels interroguent de ce qu'ils ont à faire pour se réduire au Seigneur, sont en aage d'intelligence : De tels nous