‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 63 sur 703 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

el Josus Christ qno ta as envoyé (Jean 17, ;i). Car d'aul;inl qu'il parle eu la personne ilu médiateur, il tient un degré moyen entre Dieu et les lioiuines : et toutesfols par cela sa majesté n'est pas amoindrie. Car condiien ipiil se soit anéanti, toutesl^is il n'a point perdu envers son Pere sa {gloire, qui a esté cachée au monde. En cestt^ manière l'Apostre en l'Kpistre au\ Hehrieux, ayaiU confessé cpie Jésus Christ pmirun petit de temps a esté abaissé par dessous tous les Ancres, nr laisse pas cependant d'alTcrmer qu'il est le Dieu éternel, ipii a fondé la terre (Hebr. 1, 10: i, 9). Tenons donc cela pour conclud, toutes fois et ([uantes que Jésus Christ en la jjersonne du médiateur s'adresse à son Pere, (lue sous ce nom de Dieu il comprend aussi .sa divinité : connue en disant à ses Apostres, Il vous est expédient ([ue Je m'en aille au Pere, irautanl (pi'il est plus grand ([ue nioy (Jean 16, 7: 14, 28): il ne se reserve pas seulement (pieUiue divinité seconde, pour esti'e inférieur au i'ere quant à son esseiu'e divine: mais pource (pi'estant parvenu à la gloire céleste, il accompagne les tideles avec soy, il met le Pere en degré supérieur: assavoir d'autant (juc la perfection de sa majesté (jui apparoit au ciel, diffère de la mesure de gloire, huiuelle a esté manifestée en luy (piaiid il a vestu nostre nature. Par une mesme raison sainct l'aul aussi dit (jue Jésus (Christ rendra finalement l'empire à Dieu son Pere, afin (jue Dieu soit tout en toutes choses (1 Cor. lo, 24). Il n'y a rien plus hors de raison, ijue de vouloir oster à Jésus Christ Testât permanent de sa deité. Or, s'il ne doit jamais cesser d'estre Fils de Dieu, mais demeurera tou.sjours tel connue il a esté dés le conunencement : il s'ensuit (fue sous ce nom de Dieu l'essence uni([ue est comprinse.hupielleest commune tant au Pere (pi'au Fils. Et de lait, c'est |iourquoy Jésus Chiist est descenduà nous, afin qu'en nous eslevant à son Pere, il nous eslevasl aussi bien à soy. d'autant (pi'il estun avec le Pere. Ainsi de restr<'inihe au I*ere exclusivement le nom de Dieu pour le ravir au Fils, il n'y a ne raison ne i)ro|)os. Mesmes notanunent pour ceste cause .sainct Jean le nomme vray Dieu (1 Jean o, 20), afin (pion ne pense (|u'il soit en degré second ou infeiieur de dcIté au dessous du Pere. Panpioyje m'esmerveille (pie \eulent dire ces forgerons de nou\eau\ dieux, (piand après avoir confessé que Jésus Christ est \ray Ditni, ils l'excluent de la deité du Pere. connue s'il y |iouvoit avoir vray Dieu sinon (|u'il soit un et seul: ou bien ([u'une deité inspirée d'ailleurs fust autre chose (pi'une imagination. 27. (Juant a ce (pi'ils amassent plusieurs passages de sainct Irenée, où il dit (pie le Pere de nostre Seigneur Jésus Christ est le vray Dieu d'Israël : c'est une vileine ignorance, ou une grande malice. Il falluit noter que ce sainct

Martyr aAoit combat et dispute contre des phreneti(iues, lesquels nioyent (pie le Dieu d'Israël qui avoit parlé par Moyse et les Prophètes, fust Pere de Jésus Christ : disans (pie c'esloit un pliantosme piuduict de la corruption du monde. Parquoy sainct Irenée insiste du tout là dessus, de monstrer (pie TKscriture ne nous enseigne point d'autre Dieu (\nv le Pere de Jésus (Christ, et que d'en concevoir autre c'est abus et resverie. Il ne se faut donc esbahir, si tant de fois il conclud (pi'il n'y a jamais eu d'autre Dieu d'Israël, ((ue celuy (pie Jésus (Christ et ses Apostres ont presché : comme maintenant pour résister à l'opposite à cest erreur dont nous traitons, nous pourrons vrayment dire (pie le Dieu (pii est jadis aiiparu aux Pères n'estoit autre que Christ. Si on réplique que c'estoit le Pere : la response est aisée, qu'en maintenant la deité du Fils, nous ne rejetions point celle du Pere. Si on regarde à ce but et a l'intention d'Irenée, toute contention sera mise bas : mesmes il décide assez toute ceste dispute au 6" chapitre du '.V livre : où il tient fort et ferme (jue (juand l'Escriture parle absolument de Dieu, et sans (pieue (comme l'on dit) elle entend celuy (pii vrayement est .seul Dieu: et l.àdessus il adjouste (pie Jésus (>hrist est ainsi nommé. Qu'il nous souvienne (pie tout le dift'erent (pi'avitit ce bon docteur (comme il appert par toute la [irocedure ((u'il tient, et surtout par le quarante sixième chapitre du second livre), git en cela : as.savoir ({ue l'Escriture ne |)arle point du Pere par énigme ou iiaiabole, mais qu'elle désigne le vray Dieu.-^ En un autre pa.ssage il déduit que tant le Fils (pie le Pere sont conjointement nommez un seul Dieu par les Proptietes et Apostres : ^- puis il declaire comment Jésus Christ, (|ui est seigneur de tous, et Roy, et Dieu et Juge, a receu l'Empire de celuy qui est Dieu de tous: et respond (pie c'est au regard de la subjection en kupielle il a esté humilié jusques à la mort de la croix. Cependant un [HHi après il alTerme qw le Fils est créateur du ciel et de la terre, le(piel a onloiiné la Loy par la main de Moyse et est anciennement aitparu aux Pères. ^^ Si (juchpi'uii gergoiine. (pie neautmoins Irenée recognoit le seul I'ere pour Dieu d'Israël : je respon (pi'aussi bien il alîerme haut et clair que Jésus Christ est le mesme : comme aussi il appli(iue à sa personne le passage d'Abacuc, Dieu viendra du costé de Midi. A quoy aussi convient ce (ju'il dit au chapitre neufieme du livre quatrième. (Christ est avec le Pere, le Dieu des vivans : et au mesme livre, chapitre douzième, il expose qu'Abraham a creu à Dieu, d'autant que (christ est createui' du ciel et de la terre, et seul Dieu.

28. C'est aussi bien à fausses enseignes qu'ils prennent Tertulien pour leur advocat: car combien qu'il soit dur et enveloppé en son langage, toutesfois sans difliculté aucune il enseigne la

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