‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 651 sur 703 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

De la Messe Papale , qui est un sacrilège par lecjuel la Cène de Jesits Christ non seulement a esté profanée, mais du tout abolie.

1. Par ces inventions et autres semblables, Satan s'est efforcé d'espandre et mesler ses ténèbres en la sacrée Cène de Jésus Christ, pour la corrompre, dépraver et obscurcir : à tout le moins, afin que la pureté d'icelle ne fust retenue et gardée en l'Eglise. Mais le chef de l'horrible abomination a esté, quand il a dressé un signe par lequel ceste sacrée Çene non seulement fut obscurcie et pervertie, mais du tout effacée et abolie s'esvanouist et decheust de la mémoire des hommes : c'est assavoir, quand il a aveuglé quasi tout le monde de cest erreur pestilentieux, qu'on creust la Messe estre sacrifice et oblation pour impetrer la remission des péchez. Il ne me chaut en quel sens ceste opinion a esté prinse du commencement, et comment elle a esté traitée des docteurs Scolasti-

ques, qui ont parlé un petit plus passablement que leurs successeurs qui sont venus depuis. Pourtant je laisse toutes les solutions qu'ils en baillent, veu (jue ce ne sont que subtilités frivoles, qui ne servent que d'obscurcir la vérité de la Cène. Que les lecteurs soyent advertis que mon intention est de combattre contre ceste maudite opinion, de laquelle l'Antéchrist de Rome avec tous ses supposts a en\Tré le monde, en faisant accroire que la Messe est une œuvre méritoire, tant pour le Prestre qui offre Jésus Christ, que pour ceux qui sont assistans à l'oblation qu'il fait : ou bien que c'est une hostie de satisfaction pour avoir Dieu propice. Ceste opinion n'est pas seulement receue du commun populaire, mais aussi l'acte qu'ils font est tellement composé, que c'est une espèce

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