LIVRE IV
rapprendre, le retenir, jusques à ce que ce grand jour viendra, auquel nostre Seigneur manifestera pleinement la gloire de son Règne : et se monstrera à voir h nous apertement quel il est (1 Jean 3, 2). Et pour ceste raison le temps où nous sommes est designé et signifié aux Escritures, par la dernière heure, par les derniers jours, par les derniers temps (IJean 2,18; 1 Pierre 1, 20) : afin que nul ne se trompe par aucune vaine attente de quelque nouvelle doctrine ou révélation. Car souventesfois et en plusieurs manières le Seigneur ayant auparavant parlé par les Prophètes, en ces derniers jours a parié en son Fils bien aitné (Hebr. 1, 2), lequel seul nous peut maniîester le Père (Iaic lU, 22), et de fait le nous a manifesté entant qu'il nous estoit expédient, nous estant fait le miroir au- (juel nous avons à le contempler (1 Cor. 13, 12). Or comme cela est osté aux hommes, qu'ils ne puissent faire n'ordonner de nouveaux Sacremens en l'Eglise de Dieu, aussi il seroit a désirer qu'en ceux-cy mesme qui sont instituez de Dieu, on ne meslastque le moins qu'il seroit
possible d'invention humaine. Car comme le vin se perd et aifadist par l'eau, et toute la farine s'aigrist par le levain, ainsi la pureté des mystères de Dieu n'est rien (|ue souillée et gastée, quand l'homme y adjouste quelque chose du sien. Et toutesfois nous voyons combien les Sacremens, ainsi qu'on en use aujourdhuy, sont dégénérez de leur nayve pureté. Il y a par tout trop plus qu'il ne faudroit de pompes, de cérémonies, de basteleries : mais cependant on ne fait aucun conte ne mention de la parolle de Dieu, sans laquelle les Sacrcmens mesmes ne sont pas Sacremens. Et les cérémonies mesmes qui y ont esté instituées de Dieu, ne peuvent en si grande multitude d'autres apparoistre, mais sont mises bas comme opprimées. Combien peu voit-on au I^aptesme cela qui seulement y devoit reluire et apparoistre, c'est assavoir le Bajjtesine mesme ? La Cène a esté du tout ensevelie, quand elle a esté transformée et convertie en Messe : sinon qu'une seule fois l'an elle est aucunement veue, mais deschirée, decouppée, départie, brisée, divisée et toute difformée.