‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 660 sur 703 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Des cinq autres cérémonies, qu'on a faussement appelle Sacremens

où il est monstre quels ils sont.

1. La disputatiou précédente des Sacremens pouvoit contenter toutes personnes sobres et dociles pour ne passer outre curieusement, et ne recevoir sans la parolle de Dieu autres Sacremens que les deux qu'ils eussent cogneu estre instituez par le Seigneur : mais pourtant (jue l'opinion de sept Sacremens a esté tousjours tant commune entre les hommes, et tant démenée en disputes et sermons, que d'ancienneté elle est enracinée aux coeurs de tous, et y est encore maintenant fichée : il m'a semblé advis estre profitaJjle de considérer à part et de plus près les cin<j autres, qui sont communément nombrez entre les Sacremens du Seigneur: et ayant descouvert toute fausseté, de donner à cognoistre aux simples quelles choses ce sont, et comment jusques icy il ont esté prins sans propos pour Sacremens. Premièrement, je proteste que je n'entre point en ceste dispute du mot, pour désir que j'aye de combattre : mais pource que l'abus du mot emporte une mauvaise (jueue, je suis contraint de le reprouver, si je veux que la vérité de la chose soit cogneue. .le

say bien que les Chrestiens ne doyvent estre superstitieux aiix mots, moyennant que le sens soit bon et sain. Je confesse donc que pour un mot il ne faudroit point esmouvoir noise, encore qu'il fust mal usurpé, moyennant que la doctrine demeurast en sou entier. Mais il y a autre raison en ce nom de Sacrement. Car ceux qui en mettent sept, leur attribuent à tous ceste definition, que ce sont signes visibles de la grâce de Dieu invisible : et les font vaisseaux du sainct Esprit, instrumens pour conférer justice, et causes de la remission des péchez. Mesme le Maistre des Sentences dit que les Sacremens du vieil Testament ont esté improprement ainsi appeliez, d'autant ((u'ils ne conferoyent point ce qu'ils figuroyent. Je vous prie, cela est-il tolerable, que les signes que le Seigneur a consacré de sa bouche, et ornez de si belles promesses, ne soyent point recogneuz pour Sacremens, et que cependant cest honneur soit transféré à des cérémonies, lesquelles ont esté inventées de la teste des hommes ? Parquoy ou que les Papistes changent leur delinition, ou qu'ils s'abstiennent

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