‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 669 sur 703 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

ment, pour acicucir la riyneur de la maladie, ou bien pour appoiter queltiue soulageiuenl à l'ame, ils sont fort cruels de n'y remédier jamais en temps. Sainet Jaques entend que le malaiie soit oiugt par les Anciens de l'Eiilise (Ja(i. a, 14): ceux-cy n'y admettent point autre enliuileiu' qu'un Prestre. Car ce qu'eu sainet Jaques par les Anciens ils exposent les Prestres estans Pasteurs ordinaires, et disent (jue le nombre pluriel a esté mis pour plus grande honnesteté, cela est trop fi'ivole : comme si de ce temps-là les Eglises eussent eu telle abondance de Prestres. qu'ils eussent peu porter et conduire leur boiste d'huile avec longues processions. Quand sainet Jaques commande simplement d'oindre les malades, je n'enten pas autre onction que d'huile commune, et ne se fait mention d'autre huile au récit de sainet Marc (Marc 6, V.\). Ceux-cy ne tiennent conte d'huile, si elle n'est consacrée par l'Evesque, c'est k dire fort eschaufl'ée de son haleine, charmée en murnmrant. et neuf fois saluée à genoux, en disant trois fois, Je te salue saincte Huile : et trois fois. Je te salue sainet Chresme : et trois fois, Je te salue sainet Baume. Telle est leur solennité. De qui ont-ils prins telles conjurations ? Sainet Jaques dit que quand le malade aura esté oingt d'huile, et qu'on aura prié sur luy, s'il est en péchez, ils luy seront pardonnez, d'autant qu'estant absoux devant Dieu, il sera aussi soulagé de sa peine: n'entendant pas que les péchez soyent effacez par gresse, mais que les oraisons des fidèles, par lesquelles le frère affligé aura esté recommandé à Dieu, ne seront pas vaines. Ceux-cy mescliamment feignent (jue par leur .sacrée Onction (c'est à dire abominable) les péchez sont remis. Voyla comment ils auront profité, quand on les aura laissé abuser à leur folle fantasie du tesmoignage de sainet Jaques. Et afin de ne nous point travailler en vain pour reprouver leurs mensonges, regardons seulement ce que disent leurs histoires: lesquelles racontent qu'Innocence Pape de Rome, qui estoit du temps de sainet Augustin, institua que non seulement les Prestres, mais aussi tous Chrestiens usassent d'Onction envers leurs malades-'*. Comment accorderont-ils cela avec ce qu'ils veulent faire accroire ?

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