DES ORDRES ECCLESIASTIQUES
22. Le Sacrement de r(3rdre est mis en leur rofie au quatrième lieu, mais il est si fertile qu'il enfante de soy sept petits Sacrementaux. Or c'est une chose digne de moquerie, que quand ils ont proposé qu'il y a sept Sacremens, en les voulant nombrer ils en comptent treize, et ne peuvent excuser que les sept Sacremens des Ordres, soyent un seul Sacrement, pourtant qu'ils tendent tous à une Prestrise, et sont
comme degrez pour monter à icelle. Car puis (lu'il appert qu'en chacun d'iceux il y a diverses cérémonies : davantage, puis qu'ils disent (lu'il y a diverses grâces, nul ne doutera (jue selon leur doctrine, on n'y dowc recognoistre sept Sacremens. Et qu'est-ce que nous débattons cela comme une chose douteuse, veu (ju'eux confessent pleinement qu'il y en a sept? Premièrement nous toucherons en passant combien il y a d'absurditez en ce ({u'ils veulent (|u'on tienne leurs ordres pour Sacremens. Puis après nous disputerons, assavoir si la cérémonie par laquelle on introduit un ministre en son estât, se doit ainsi nommer. Ils mettent donc sept ordres ou degrez Ecclésiastiques, ausquels ils inqjosent le filtre de Sacrement, et sont ceux qui s'ensuyvent, Huissiers, Lecteurs, Exorcistes, Acolytlies, Soudiacres, Diacres et Prestres ^*". Et sont sept, comme ils disent, à cause de la grâce du sainet Esprit, contenant sept formes, de laquelle doyvent estre rempliz ceux qui sont promeuz à ces ordres : mais elle leur est augmentée, et plus abondamment eslargie en leur promotion. Premièrement, leur nombre est controuvé par une glose et exposition perverse de l'Escritm'e, pourtant qu'il leur est ad vis qu'ils ont leu en Isaie sept vertuz du sainet Esprit, combien qu'à la vérité le Prophète n'en réfère point plus de six en ce fieu-la (Is. Il, -2), et n'y ait pas voulu raconter toutes les grâces du sainet Esprit. Car en d'autres passages de l'Escriture il est aussi bien nommé Esprit de vie, de sanctification, et adoption des enfans de Dieu (Ezech. 1, 20; Rom. 1, 4: 8, 15), qu'audit lieu d'Isaie Esprit de Sapience, d'intelligence, de conseil, de force, de science et crainte du Seigneur. Toufesfois les autres plus subtils ne font pas seulement sept ordres, mais neuf: à la similitude, comme ils disent, de l'Egfise triomphante. Et encores il y a guerre entre eux, d'autant que les uns font la première ordre de la tonsure cléricale, la dernière d'Evesché -'*. Les autres excluans la tonsure, mettent Archevesché entre les ordres ^*®. Isidore les distingue autrement -** : car il fait les Psalmistes et Lecteurs divers, ordonnant les premiers à la chanterie et les seconds a lire les Escritures pour l'enseignement du peuple : laquelle distinction est observée des Canons. En telle diversité qu'avonsnous à fuir ou à suyvre ? Dirons-nous qu'il y a sept ordres ? Le maistre des Sentences enseigne ainsi : mais les docteurs tresilluminez le déterminent autrement. Derechef iceux Docteurs discordent ensemble : outreplus, les sacrez Canons nous monstrent un autre chemin. Yoyia quel consentement il y a entre les hommes, quand ils disputent des choses divines sans la parofie de Dieu.
23. Mais cecy surmonte toute folie, qu'en chacune de leurs ordres, ils font Christ leur