CHAPITRE XV
quenre, mesnies par les osorivains profanes: mais il suftira aux It^-teurs Chrestions d'en ostre siiiiplfiiirnt ailninuiiestoz. l)avaiitaj,a\ si J'aine n'estoii i]uel(|ue essence séparée liii ciiqis. rKsciitiuv ii'ensi'iirneroit jtas qiu' iiou^ hahitoiis en maison de houe, et (pfen mourant nous sortons d'une lojre et ilespouillons ce qui ost eorruptilile pour recevoir loyer au dernier jour, selon ipie chacun se sera ^nuivcrné cnsun (•(iqis. (Icrtcs ces |»assaf.rt's et autres siMohlahlcs qui sont assez conununs, non seulement distin^'ucnt l'ame il'avfc le corps, mais en Iny attrihuant le nom dlii»nune tnut entier, dei'lairenl que c'est la principale partie de nous. Davantaj^e sainct Paul, exhortant les fidèles à se nettoyer de toute immondicité île chair et d'esprit {'2 Cov. 7. il, l'onstitue sans doute deux parties esipielles les souilleures de péché résident. Sainct Pierre, aussi nommant Jésus Christ Pasteur des âmes <1 IMerre i, io), auroit sottement parlé, s'il n'y avoit des âmes envers lesquelles il exerçast tel office. Ce (pi'il dit aussi du salut éternel des âmes seroit mal fondé. Item, (juand il nous commande de purifier noz âmes, et ipiand il dit (lue les mauvaises cupitlitez hataillent contre l'ame <i Pierre 1. 9: i. 11). Autant en est-il de ce que !ious lisons en l'epistre aux Hehrieux, ijue les Pasteurs veillent comme ayans a rendre conte de nos âmes (Hehr. i:{. 17): ce (pii ne conviendroit pas si noz âmes n'avoyent({uelque essence lirojire. A quoy s'accorde ce que sainct Paul invoque Dieu tesmoin sur son ame ("2 On'. 1. "i'X): (/.\r si (die n'estoit point sujecte à punition, elle ne pourroit estre attirée en ju},aMuent devant Dieu. Ce qui est encores plus amplement exprimé en ces mots de Jésus Christ, où il nous commande de craindre celuy (jui, après avoir mis le corps à mort, peut aussi envoyer l'ame en la pehenne du feu (Matth. 10. 2H: Luc li, o). Pareillement l'Apostre.en l'epistre aux Hehrieux, disant (jue les hommes sont noz pères charnels, mais que Dieu est le seul père des esprits, ne pouvoit mieux prouver l'essence des âmes (Hehr. ii, 9). Oui plus est, si les âmes eslans délivrées des liens de leurs corps ne demeuroyent en estre. il n'y auroit nul propos en ce que Jésus Christ introduit l'ame de Lazare jouissant de repos et joye au sein d'Ahraham (Luc IH. ii): et à l'opposite l'ame du riche estant tormentée d'une façon horrihle. Le mesme est confermé par sainct Paul, tjuand il dit que nous sommes pèlerins esloi^'nez de Dieu, cependant fpie nou< hahitons en la chair: mais (|ue nous jouyrons de sa présence est^ms sortis du corps (2 Cor. 5, o. 6. 8). Afin de n'estre point trop loiifren une chose qui n'est point douteuse, j'adjousteray seulement ce mot de .sainct Luc. c'est qu'il raconte entre les erreurs des Sadduoéens, qu'ils ne croyoyent point qu'il y eust esprits ny Ancres (Act. i'.]. S).
3. On peut aussi tirer ferme preuve et certaine de cecy. quand il est dit (|ue l'homme a esté créé à l'imai^a^ de Dieu (tien, l, :27i. Car comhien que la f,doire de Dieu reluise mesme en l'homme exteiieur, toutesfois il n'y a doute, (|ue le sie;,a' d'icelle ne soit l'ame. Je ne nie i)as que la forme corporelle, entant qu'elle nous distin;,^ue et sépare li'avec les hestes hrutes, ne nous conjoijiiie tant plus à Dieu et nous face approcher de luy. Et si quelcun me veut dire (jue cela aussi soit conqirins sous rimaji;e de Dieu, que l'homme a la teste levée en haut, et et les yeux dressez au ciel pour contenqilerson origine, comme ainsi soit (|ue le.s hestes ayent la teste i)anchée en has, je n'y contrediray [loint, moyennant que ce poinct demeure tou.sjours condud. que l'imatxe de Dieu, laquelle se voit en ces maniues ajjparentes, ou hien demonstre quelque petite lueur, est spirituelle. Car aui'uns trop spéculatifs, comme Osiander, la mettant confusément tjmt au coq)s qu'en l'ame, meslent, comme l'on dit. la terre avec le ciel. Ils disent (jue le Père, le Fils et le sainct Esprit ont logé leur image en l'homme pource qu'encores qu'Adam fust demouré en son intégrité, toutesfois Jésus (Christ n'eust point laissé d'estre fait homme: ainsi, selon leur resverie, Jésus (>hrist, en sa nature humaine (ju'il devoit prendre, a esté le patron du corps liuiiiaiii. Mais oùtrou\eront-ils que Jésus Christ soit l'image du sainct Esprit? .le confesse hien (ju'en la personne du Médiateur la gloire de toute la divinité reluit : mais comment la Sagesse éternelle sera-elle nommée image de l'Esprit, veu qu'elle le précède en ordre ? Bref toute la distinction entre le Fils et le sainct Hsprit sera renversée si le sainct Esprit appelle le Fils son image. Je voudroye bien aussi savoir d'eux en (luelle sorte Jésus Christ représente en sa chair le sainct Esprit, et quels sfmt les pourtraicts de telle rememhrance. Et puis que ce propos. Faisons l'homme semblable à nostre image, est commun a la personn(> du Fils, il s'ensuyvra que luy-mesme est son image (Gen. i, :2C): ce (jui est trop hors de raison. Davantage si on reçoit leur fantasie, Adam n'aura pas esté formé i\ Ta semblance de Jésus Christ, sinon entant qu'il devoit estre honune : ainsi le jiatron auquel auroit esté figuré Adam seroit Jésus (Christ, au regard de l'humanité de laquelle il devoit estre vestu. Orl'Escriture monstre cpie c'est bien en un autre sens qu'il a esté créé à l'image de Dieu. La subtilité d'aucuns autres a i)lus de couleur (juand ils exposent (juAdamaesté créé a l'image de Dieu, d'autant qu'il a esté conforme a Jésus f>hrist, qui est ceste im;ige : mais en cela aussi il n'y a nulle fermeté. H y a aussi une dispute non petite touchant l'image et la Semblance, pource que les expositeurs cerchent en ces deux mots une diversité qui est nulle : sinon que le