‹ Institutiones canoniques (volume 2)Chapitre 492 sur 863 · L78 DES DEVOIRS DES SUPÉRIEURS · texte numérisé non relu

L78 DES DEVOIRS DES SUPÉRIEURS

)> vous ferez tout. Vous serez toute à toutes ; mère à » chacune et secourable à toutes. C'est la seule condi- ;» tion qui suffit, et sans laquelle rien ne suffit 16. »

Le premier des bienfaits spirituels que les supérieurs doivent, en vertu de leur charge, accorder à leurs inférieurs est l'instruction et l'éducation religieuses, suffisantes pour que les religieux et religieuses puissent bien remplir les devoirs de leur état. Cette instruction et cette éducation se donnent surtout dans les noviciats, pendant les premières années de la vie religieuse. Un des devoirs les plus importants des supérieurs majeurs est donc d'assurer aux novices la connaissance exacte et complète de toutes les lois générales portées par le Saint- Siège pour la vie religieuse, et des lois plus spéciales de l'institut, de façon à ce que les religieux et religieuses, instruits de tous leurs devoirs, puissent observer fidèlement leurs vœux, progresser dans la vertu et s'adonner ainsi plus aisément aux œuvres de miséricorde, pratiquées dans la congrégation. En effet, le salut de chacun des religieux et religieuses et la prospérité générale de l'institut et de ses œuvres, reposent sur la bonne instruction et éducation, reçues des supérieurs pendant le temps du noviciat.

Enfin, cette formation religieuse ne doit pas être donnée seulement au point de vue théorique par l'instruction ou exposé des lois, mais encore inculquée dans les mœurs journalières par l'éducation, ou pratique de ces mêmes lois.

Ce serait toutefois une erreur de croire que cette formation ne doit être donnée aux religieux et religieuses que pendant le temps du noviciat et dans les années de la jeunesse. Elle doit être continuée durant toute la vie ; et c'est un devoir des supérieurs locaux et provinciaux de renforcer et d'affermir cette formation religieuse de leurs inférieurs, en rappelant sans cesse les lois générales de la perfection religieuse et les règles de l'institut par l'exemple et la correction.

16. S. François de Sales, day, tom. VTIT, pag. 87. Œuvre» complètes, édit. Bri-

a l'égard de leurs inférieurs. 479

Le rappel théorique de la loi par le supérieur est de peu d'efficacité pour les inférieurs, si celui-ci n'ajoute à son enseignement et à ses exhortations la force de l'exemple. Le supérieur doit être dans sa communauté le modèle de toutes les vertus propres à la vie religieuse, et pratiquer le premier toutes les règles et lois de l'institut .

« La conduite de celles, qui sont à la tête d'une » communauté, a, dans le fait, une autorité supérieure » à celle même de la règle ; elle la confirme, elle la )> soutient, ou bien elle la détruit. La règle finit tou- » jours par n'être plus aux yeux d'une communauté )> que ce qu'elle est dans la conduite d'une supérieure. » Quels que soient les prescriptions, les règlements tra- » ces par les fondateurs, quelles que soient les expres- » sions dont ils se sont servis, ils sont toujours pris » dans le sens selon lequel on les voit pratiquer par les » chefs. La règle, en elle-même, bien qu'elle soit une » autorité grave, à laquelle chacun doit obéissance et » soumission, la règle est une autorité morte, passive ; » c'est une loi, il est vrai, mais une loi qui a besoin » d'un secours étranger, pour être exécutée, mais une » loi qui est susceptible d'interprétation, de commen- » taire; or, le secours, l'interprétation, le commen- )> taire, se trouvent tout entiers dans la manière dont » cette loi est observée par les supérieurs ' ' . »

Ces réflexions sont surtout d'une application pratique dans les communautés de religieuses, où le plus grand nombre des sœurs ne sont pas toujours assez instruites pour se composer à elles-mêmes l'idéal de leur vie religieuse par la seule lecture des lois, et qui d'ordinaire ne comprennent la vie religieuse qu'autant qu'elle est réalisée par l'exemple de la supérieure et des sœurs plus Mit ueuses.

Enfin le bon exemple, apporté par le supérieur, est nécessaire pour lui donner à lui-même le courage de reprendre ses inférieurs. Comment oserait-il, en effet,

17. Mgh i>i Chaffot, évê- luelle», ton». III. pag. que (}c Nîmes, Œuvret npiri-

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