DE LA DIRECTION SPIRITUELLE
véniel, si cette confession ne contient que l'accusation de fautes légères.
La religieuse, qui aurait trouvé cette confession écrite, serait même tenue non seulement au secret naturel, mais au secret sacramentel, si cette confession écrite était trouvée au confessionnal et qu'elle eût déjà servi pour la confession sacramentelle 8G.
Art. 1240. — La direction des âmes au for interne appartient en propre au confesseur. Elle consiste dans les conseils à donner pour le progrès des âmes dans la vertu, au for interne. Le confesseur, en raison du caractère d'ordre qu'il a reçu immédiatement du Chrish, et en raison de la juridiction au for interne qu'il reçoit immédiatement de l'Église, a une mission divine et ecclésiastique, directe par rapport au péché, et indirecte par rapport à la vertu. Le confesseur est directement institué par Dieu et l'Église pour juger du péché et le remettre au nom de Dieu 87. Le confesseur est par rapport au péché docteur, juge, médecin et père ; docteur pour savoir ce qui est péché et ce qui ne l'est pas, ce qui est péché grave et péché véniel ; juge pour connaître les dispositions d'âme du pénitent prérequises à la rémission du péché ; médecin pour indiquer au pénitent les moyens à prendre pour sortir victorieux de la lutte contre la mort du péché ; père enfin pour accomplir sa mission de docteur, de juge, de médecin, selon toutes les règles de la prudence et de la charité.
Mais le péché et la vertu ont entre eux, dans l'âme humaine, par la nature même des choses, une liaison étroite et une connexion absolue, puisque le péché n'est rien autre chose que la négation de la vertu. Celui qui est de droit divin, c'est-à-dire en vertu de l'institution du Christ, juge, médecin et père, dans le for interne, en regard du péché, se trouve par là même, et en vertu de son office, docteur, juge, médecin et père en regard de la vertu. Le confesseur est donc, en vertu de son