CHAPITRE XXXIII
Du Yœu de pauvreté, considéré d'une façon générale.
Art. 1352. — Le vœu de pauvreté est une promesse
entre le nouveau profès, ou la nouvelle professe et le dit institut, présuppose nécessairement, chez ceux-ci l'amour de l'institut qu'ils embrassent.
L'attachement à l'institut ne doit pas se confondre, chez un religieux, ou une religiease, avec l'estime exagérée de ce même institut, encore moins avec le mépris ou la dénigration à L'égard d'autres instituts religieux. Nous citerons à ce sujet les paroles de quelques S -lints Fondateurs. « Les soeurs, » disait saint François de Sa- » les, parleront toujours très » humblement de leur petite » congrégation, et préféreront » toutes les autres à icelle » quant à l'honneur et estime; » et néantmoins la préféreront » aussi à toute autre quant à » l'amour, tesmoignant volon- » tiers, quand il se présent!
» l'occasion, combien aggr » blement elles vivent en cette )> occasion... AiiT-i chacun pré- » fère son paya aux autres en » amour, non en estime, » chaque nocher chérit plus le » vaisseau dans lequel il vo- » gue que les autres, quoyque » plus riches et mieux fournis.
»> Advoiions franchement que » les autres congrégations sont •» meilleures, plus riches et * plus excellentes; mais oon » pas pourtant plus aymables, » ny désirables pour nous.
e puisque Nbstre Seigneur a t> voulu que ce fust Dos!
» patrie et nostre barque, et » que nostre cœur fust maryé » à cet institut. » (S. François de Sales, 1er Entretien aux sœurs de la \isitation, Œuvres complètes, édit. Briday, tome V, pag. 66.)
Saint Vincent de Paul ne parle pas autrement aux missionnaires qu'il venait de fonder: « O que je voudrais qu'il » plût à Dieu de faire la grâce » à cette chétive congrégation » de se bien établir dans l'hu- » milité, de faire fonds et de 5> bâtir sur cette vertu, d'y » demeurer comme dans son » poste et de n'en jamais sor- » tir. Ne nous trompons pas, » si nous n'avons l'humilité, » nous n'avons rien. Je ne » parle pas seulement de l'huis milité extérieure, je parle » principalement de l'humilité » de cœur, et de celle qui nous » porte à croire véritablement » qu'il n'y a personne sur la a terre qui soit plus misérable [ue \ous et moi. que la comw pagnie de la Mission est la » dernière de toutes les com- « pagnies, qu'elle est la plus » pauvre par le nombre et la » condition des sujets, et à » être bien aise que tout le )> inonde en parle ainsi. Il' i) las! vouloir être estimé, » (j ii 'est-ce que cela, sinon » vouloir être traité autre- » ment que le Filfl de Dieu ne l l'a été sur la terre
( i /-moi. nous ne serons